Monsieur le Président de la Conférence générale,
Madame la Présidente du Conseil exécutif,
Monsieur le Directeur général de l'UNESCO,
Excellences, Mesdames, Messieurs,
La XXXIème Session de la Conférence générale de
l'UNESCO est la première du Troisième Millénaire, comme la XXXème
Session a été la dernière du Deuxième Millénaire.
Sous-jacente à cette lapalissade, faut-il trouver une référence
au principe du changement dans la continuité parce que l'UNESCO a reçu en héritage
les problèmes, les défis, les taches à elle confiés depuis la fin de la
deuxième guerre mondiale d' "élever dans l'esprit des hommes les défenses
de la paix", de la paix établie sur le fondement de la solidarité
intellectuelle et morale de l'humanité.
L'UNESCO tend à réaliser cet objectif en trois domaines précis:
l'éducation, la culture, la science. Elle vise à assurer pour tous l'accès
plein et égal à l'éducation, qui est formation de chaque individu en vue
d'atteindre un développement harmonieux et total, pour apprendre a vivre
ensemble et se préparer a exercer un travail ou une profession d'utilité
individuelle et sociale. L'UNESCO attache une grande importance à la culture,
parce qu’elle y voit le mode spécifique de "l'exister" et de
"l'être" de l'homme, lequel vit toujours selon une culture qui lui
est propre, qu'il doit constamment nourrir tout en étant nourri par la culture
qui crée un tien entre les hommes, déterminant le caractère inter-humain et
social de l'existence humaine. Enfin, l'UNESCO voit dans la science que Socrate
définissait comme "vertu" la "marche vers la connaissance de la
vérité au service de l'homme.
L'UNESCO se propose d'être "conscience du monde",
"carrefour des idées", "rencontre des cultures", "haut
lieu de dialogue". Elle a été appelée "l'Aréopage du monde",
par le Pape Jean-Paul II, lors de sa visite au siège de l'Organisation, il y a
presque vingt et un ans.
Au cours des 26 ans passés comme Observateur permanent du
Saint-Siège auprès de l'UNESCO, j'ai eu le privilège de rencontrer ici des
personnalités marquantes qui m'ont beaucoup apporté et m'ont montré la
richesse de l'âme humaine lorsqu'elle se dépense au service des autres. J'ai
eu le privilège d'observer et de suivre la continuité et l'évolution de notre
Organisation, tout en essayant d'approfondir la réflexion, de garder la fidélité
au Préambule de l'Acte constitutif, où prime l’homme parce qu'il est
"homme", dans sa complexité harmonieuse, mais aussi dans ses limites
et ses faiblesses, l'homme qui doit apprendre à aimer l’autre comme soi-même.
Ce faisant, l'UNESCO peut gêner, au sein du système onusien et
davantage au sein de la société politique et civile lorsqu'elle reste une
Organisation "pensante" pour après devenir une Organisation
"agissante ", ou jouant le rôle de catalyseur, par
l'approfondissement de la réflexion éthique sur des sujets précis : vie, éducation
pour tous, pauvreté, humanisation de la ville, de l'économie, des nouvelles
technologies et, surtout, de la mondialisation. L'éthique occupe une grande
place dans les documents préparatoires de cette Conférence générale. Nous
savons que l'éthique est par essence interrogation: "Que faut-il faire
pour bien faire?", tout en ayant le regard fixé sur l'homme, la dignité
de toute personne humaine et le rapport entre vérité et liberté, afin de
donner une réponse convaincante aux questions fondamentales "Quel est le
sens de la liberté humaine ? Quels sont son pouvoir créateur et son ampleur
?"
Pour terminer, je voudrais faire référence aux tragiques événements
d'Outre-Atlantique. Permettez-moi de citer une phrase qui est particulièrement
appropriée pour l'UNESCO: "S'il est du devoir des Etats de lutter pour éliminer
le terrorisme, notre devoir à nous, société civile et surtout UNESCO,
consiste à tout faire pour que l'avenir soit celui du dialogue des
cultures", et ainsi bâtir "la paix sur la terre", titre d'une
Encyclique du bienheureux Pape Jean XXIII, qui a été le premier des
Observateurs du Saint-Siège auprès de l'UNESCO.
*L'Osservatore Romano 22-23.10.2001 p.2.
L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.44 p.2.
La Documentation catholique, n.2258 pp. 978-979.