INTERVENTO DELL’OSSERVATORE PERMANENTE DELLA SANTA SEDE PRESSO GLI UFFICI DELLE
NAZIONI UNITE ED ISTITUZIONI SPECIALIZZATE A GINEVRA, NEL CORSO DELLA 56° SESSIONE DELLA COMMISSIONE DEI DIRITTI DELL'UOMO
Sabato, 8 Aprile 2000
Monsieur le Président,
La visite que le Prof. Abdelfattah Amor a faite au Saint-Siège
au début du mois de septembre dernier occupe une place importante dans le
Rapport qu'il vient de soumettre a la Commission des droits de l'homme
(E/CN.4/2000/65).
Le Saint-Siège a vivement apprécié l'initiative du Rapporteur
spécial, qui, à côté de ses visites traditionnelles aux pays, a pensé à
entreprendre un dialogue direct avec les représentants des principales
religions "afin de mieux comprendre et de faire connaître l'approche des
religions à l'égard de la liberté de religion et de conviction". Il lui
est reconnaissant d'avoir bien voulu commencer par une visite de travail au
Vatican et le félicite pour son objectivité dans la présentation des nombreux
et différents thèmes, qui ont été discutés en profondeur avec les hauts
responsables de la Curie Romaine.
1. Ma délégation voudrait souligner brièvement quelques
aspects qui apparaissent à la lecture du Rapport de M. Amor. Avant tout,
l'engagement du Saint-Siège pour la garantie de la liberté légitime des
croyants, chrétiens et non chrétiens, afin qu'ils puissent suivre la voix de
leur conscience, adhérer à la religion de leur choix et professer publiquement
leur foi, sans discrimination ou ségrégation, dans la libre appartenance à
une communauté religieuse organisée.
A plusieurs reprises le Pape Jean-Paul II a rappelé que la
liberté religieuse est le droit le plus intime et le coeur même des droits
humains, qui rend possibles les autres libertés personnelles et collectives (Osservatore
Romano, éd. fr. 14.9.1999, pag.3-4). D'un point de vue communautaire et
social, elle est une condition indispensable à l'édification d'une nation
ainsi qu'à la collaboration et à l'amitié entre les peuples (Cfr. Documentation
Catholique, 1999, N. 2211, pag.825).
Pour sa part, l'Eglise catholique ne demande pas de privilèges,
mais elle revendique la liberté nécessaire, dont tout citoyen devrait jouir,
pour vivre sa vie religieuse et contribuer au développement de la société
(Cfr, Card. Sodano, Osservatore Romano, 23.9.1999).
Si une préoccupation existe, c'est de voir le décalage entre
l'acceptation théorique de ces principes, presque toujours reconnus dans les
instruments nationaux et internationaux, et leur respect dans la pratique. Les
cas de violations, qui ont été portés à la connaissance du Rapporteur sont
un échantillon des graves discriminations -et parfois des persécutions que les
croyants subissent pour rester fidèles à leur conscience et à leur foi.
2. Le Rapporteur spécial insiste à juste titre sur les
multiples activités que le Saint-Siège entreprend dans le domaine du dialogue
inter-religieux. Ce dialogue - disait le Pape Jean-Paul II il y a quelques jours
à Jérusalem - n'est pas une tentative d'imposer aux autres la vision d'une
confession religieuse. "Il exige plutôt que tous, fidèles à ce en quoi
nous croyons, nous écoutions l'autre avec respect, nous cherchions à discerner
ce qu'il y a de bon et de saint dans son enseignement et nous coopérions dans
le soutien de tout ce qui favorise la paix et la compréhension
réciproque" (APIC, 24.3.2000, pag.3).
Le respect des convictions de chacun est une valeur
irremplaçable pour favoriser la rencontre entre personnes de différentes
croyances, s'accepter avec ses spécificités et travailler ensemble, au service
de la collectivité, pour résoudre les problèmes qui pèsent aujourd'hui sur
la famille humaine tels que la défense de valeurs morales communes, la
promotion de la justice, l'édification de la paix.
Au cours de la réunion inter-religieuse du 23 mars dernier à
Jérusalem, à laquelle ont participé des représentants juifs, chrétiens et
musulmans, le Pape a souligné avec force que: "La religion est ennemie de
l'exclusion et de la discrimination, de la haine et de la rivalité, de la
violence et du conflit. La religion n'est pas et ne doit pas être une excuse
pour la violence, en particulier quand l'identité religieuse coïncide avec
l'identité culturelle et ethnique. Religion et paix vont ensemble ! La croyance
et la pratique religieuse ne peuvent être séparées de la défense de l'image
de Dieu en chaque être humain".
3. Enfin, le Rapporteur spécial, pendant sa visite au
Saint-Siège, a pu se rendre compte de l'importance que l'Eglise catholique
attribue aux programmes et aux institutions dans le domaine de l'éducation pour
l'épanouissement d'une culture de l'accueil, du dialogue et du respect de
l'autre. Par le réseau de ses structures éducatives, où souvent des élèves
appartenant à différentes religions siègent côte à côte, l'Eglise, avec
son projet éducatif, est toujours désireuse de contribuer au développement de
la société par la formation technique et intellectuelle des jeunes
générations ainsi que par la promotion intégrale de la personnalité de ses
élèves, y compris l'éducation au respect de la vérité à laquelle ils
croient, comme au respect de la religion et de la foi des autres.
"L'Eglise est convaincue - disait le Pape en Inde - que la
formation complète des jeunes, qui représentent l'avenir de la nation, est
d'une importance cruciale. L'éducation doit les aider à découvrir la
dimension spirituelle de la vie et à appendre les valeurs suprêmes qui
soutiendront le tissu social du pays à l'avenir" (Osservatore Romano,
éd. fr, 14.9.1999, pag.7). A cet égard, ma délégation considère comme une
étape importante dans la mise en oeuvre de la Déclaration de 1981,
l'initiative de convoquer en Espagne, l'année prochaine, une conférence
internationale consultative.
Monsieur le Président,
accueillant volontiers le Rapporteur spécial, le Saint-Siège,
conformément à son statut juridique et fidèle à sa mission, a voulu montrer
une fois de plus sa disponibilité à une collaboration amicale avec les
instances de la communauté internationale et, d'une manière particulière,
avec celles qui s'occupent de la protection et de la promotion des droits de
l'homme.
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