Monsieur le Président,
1. Une fois de plus, la violation des droits de l'homme a conduit à l'insécurité
et au conflit au Liban et dans la région du Moyen-Orient, prise dans un cercle
vicieux qui continue de miner la coexistence pacifique. Le Saint-Siège est
convaincu que ce cercle vicieux peut être brisé si l'on permet à la raison, à la
bonne volonté, à la confiance dans les autres, à la réalisation des engagements
et à la coopération entre des partenaires responsables de prévaloir.
Un premier pas immédiat dans le cadre d'une telle approche éthique, en
conformité avec les normes du droit international, exige un cessez-le-feu
immédiat, avant tout pour aider et protéger les populations civiles et leurs
droits humains fondamentaux.
2. La violence de ces dernières semaines est en train de détruire un modèle
prometteur de coexistence nationale, bâti au cours des siècles, selon lequel une
pluralité de communautés, même de différentes convictions religieuses, ont
appris que la seule façon de vivre dans la paix et dans la sécurité et
d'utiliser leurs ressources humaines et leur diversité de façon créative,
consiste dans le dialogue et la coopération étroite. Toute la région pourrait
tirer profit de l'application appropriée de ce modèle et ouvrir ainsi la
perspective d'un avenir d'espérance.
3. Le Saint-Père Benoît XVI, tout en réaffirmant que la paix est un don de Dieu,
a appelé à plusieurs reprises à un cessez-le-feu immédiat, en vue de l'ouverture
de couloirs humanitaires pour apporter de l'aide aux populations qui souffrent,
dont les droits humains à la vie, à la nourriture, à la santé, à l'eau et à un
logement, sont devenus une priorité, ainsi qu'à la mise en place sans délai de
négociations raisonnables et responsables en vue de mettre enfin un terme à des
situations objectives d'injustices existant dans la région.
4. La Déclaration universelle des Droits de l'Homme nous rappelle que la paix
est la condition essentielle pour le respect et la jouissance de tous les droits
humains. A cet égard, le peuple libanais a le droit à l'intégrité et à la
souveraineté de son pays, le peuple israélien a le droit de vivre en paix dans
son Etat; et le peuple palestinien à le droit d'avoir une patrie libre et
souveraine.
5. Face au drame actuel au Moyen-Orient, la Communauté internationale ne peut
demeurer indifférente ou neutre. Toutefois, les solutions ne peuvent être
improvisées au gré des conquêtes, de quelque côté que ce soit. Puisse le droit
ne jamais en arriver à approuver des résultats obtenus par la seule force. Cela
représenterait la fin de la civilisation, l'échec du droit international, et un
exemple fatal pour d'autres lieux de la région, et, en fait, pour le monde.
En conclusion, Monsieur le Président, le Saint-Siège est profondément convaincu
qu'aucune solution juste et durable ne peut être atteinte en ayant recours au
terrorisme ou au conflit armé, et que seul le dialogue représente le chemin de
la paix et de la protection des droits de l'homme.