Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux
Chrétiens et Bouddhistes: une nouvelle solidarité
pour le bien de l'humanité
Message pour le Vesakh 1999
Chers amis bouddistes,
1. En tant que Président du Conseil Pontifical pour le Dialogue
Interreligieux, le bureau du Saint Siège pour les relations avec
les personnes d'autres traditions religieuses, je vous offre mes meilleurs
voeux pour la fête de Vesakh. Comme les années précédentes,
je saisis cette occasion pour partager avec vous quelques réflexions,
surtout en ce temps où les chrétiens se préparent à
célébrer le Grand Jubilé de l'An 2000. En cette
occasion, le 2000ème anniversaire de la naissance de Jésus
Christ, le Fils de Dieu fait homme, notre Seigneur et Sauveur, nous vous
invitons à vous réjouir avec nous. L'Eglise Catholique y
voit aussi une occasion pour renouveller son amitié et son
engagement au dialogue avec les diverses traditions religieuses du monde,
afin qu'en collaborant pour le bien de l'humanité, nous puissions
faire l'expérience d'une purification plus profonde et d'une vraie
conversion du coeur. Pour nous, chrétiens, cette conversion du
coeur veut dire ouverture à l'action de Dieu en nous. Malgré
les différences entre le dharma du bouddhisme et la foi chrétienne,
il existe bien des possibilités et un grand potentiel pour le
dialogue dont les résultats déjà acquis sont
d'ailleurs considérables.
2. Notre monde peut se vanter très légitimement de bien
des succès: des progrès scientifiques, technologiques, et
surtout dans le domaine de la médecine, au service de la vie
humaine; une conscience accrue de notre responsabilité pour
l'environnement; des efforts pour rétablir la justice et la paix
partout où elles sont compromises; le désir de réconciliation
et de solidarité entre les peuples, surtout dans les complexes
rapports Nord-Sud (cf. Jean Paul II, Tertio Millennio Adveniente,
46).
3. Mais en même temps notre monde fait preuve de nombreuses
situations pénibles et même alarmantes, résultat
souvent de l'égoïsme et de l'avidité des humains. Le
refus de normes morales objectives à déterminer le bien et
le mal, la décadence morale, l'érosion des valeurs de la
famille, diverses formes d'injustice et d'exclusion; l'intolérance,
la violence et la haine; la discrimination sur la base du sexe, de la
race, de la religion, etc.; - voilà autant de manifestations,
visibles dans nos sociétés, qui sont contraires aux
enseignements de nos traditions respectives. Elles tendent à ternir
l'image même de la religion. Bouddhistes et chrétiens, ne
nous est-il pas possible, en s'appuyant sur les relations amicales qui
existent déjà entre nos deux traditions religieuses, au
niveau global comme au niveau local, de collaborer plus étroitement
et d'oeuvrer en solidarité afin d'apporter des solutions à
ces problèmes ? Jai la ferme conviction que cela est réellement
possible.
4. Je vous adresse ce message tout en reconnaissant que, chrétiens
et bouddhistes, nous ne nous sommes pas toujours aimés ni respectés
en conformité avec les exigences de nos traditions respectives.
Bien que j'attache beaucoup d'importance à faire connaître
les nombreuses situations où chrétiens et bouddhistes vivent
ensemble d'une manière paisible et fructueuse, pour en tirer
courage, jestime également nécessaire de devenir de
plus en plus conscients des responsabilités que nous partageons
dans ce monde, afin qu'ensemble nous puissions nous engager dans le
nouveau Millénaire de manière à offrir des espérances
meilleures pour les générations à venir.
5. En vous souhaitant une abondance de bénédictions
divines, je vous prie de croire, chers Amis, à l'expression de mon
amitié et de mon profond respect.
Cardinal Francis Arinze Président
Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux
00120 Cité du Vatican Tél: (06) 698.84.321 / 698.836.48 fax: 698.844.94 E-mail: pcid-office@interelg.va
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