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CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PROMOTION DE L'UNITÉ DES CHRÉTIENS Textes
pour Ils seront unis dans ta main (Ez 37, 17) Conjointement préparés et publiés par
A tous ceux qui organisent Rechercher l'unité durant toute l'année Traditionnellement, la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens est célébrée du 18 au 25 janvier. Ces dates furent proposées en 1908 par Paul Wattson de manière à couvrir la période entre la fête de saint Pierre et celle de saint Paul. Ce choix a donc une signification symbolique. Dans l'hémisphère Sud, où le mois de janvier est une période de vacances d'été, on préfère adopter une autre date, par exemple aux environs de la Pentecôte (ce qui fut suggéré par le mouvement Foi et Constitution en 1926) qui représente aussi une autre date symbolique pour l’unité de l’Eglise.
En gardant cette flexibilité à l’esprit, nous vous encourageons à considérer ces textes comme une invitation à trouver d'autres occasions, au cours de l'année, pour exprimer le degré de communion que les églises ont déjà atteint et pour prier ensemble en vue de parvenir à la pleine unité voulue par le Christ.
Adapter les textes Ces textes sont proposés étant bien entendu que, chaque fois que cela sera possible, on essayera de les adapter aux réalités des différents lieux et pays. Ce faisant, on devra tenir compte des pratiques liturgiques et dévotionnelles locales ainsi que du contexte socio-culturel. Une telle adaptation devrait normalement être le fruit d’une collaboration œcuménique. Dans plusieurs pays, des structures œcuméniques sont déjà en place et elles permettent ce genre de collaboration. Nous espérons que la nécessité d'adapter la Semaine de prière à la réalité locale puisse encourager la création de ces mêmes structures là où elles n'existent pas encore.
Utiliser les textes de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens
Texte biblique Ezéchiel 37, 15-28
Il y eut une parole du Seigneur pour moi : « Toi, fils d’homme, prends un morceau de bois, écris dessus : Juda et les fils d’Israël qui lui sont associés. Puis prends un autre morceau de bois, écris dessus Joseph – ce sera le bois d’Ephraïm – et toute la maison d’Israël qui lui est associée. Rapproche ces morceaux l’un contre l’autre pour en former un seul ; ils seront unis dans ta main. Lorsque les gens de ton peuple te diront : "Ne veux-tu pas nous expliquer ce que tu fais ? ", dis-leur : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais prendre le morceau de bois de Joseph – qui est dans la main d’Ephraïm – et des tribus d’Israël qui lui sont associées ; je les placerai contre lui, c’est-à-dire contre le morceau de bois de Juda ; j’en ferai un seul morceau et ils seront un dans ma main. Et les morceaux de bois sur lesquels tu auras écrit seront dans ta main, sous leurs yeux. Dis-leur : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais prendre les fils d’Israël d’entre les nations où ils sont allés ; je les rassemblerai de partout et je les ramènerai sur leur sol. Je ferai d’eux une nation unique, dans le pays, dans les montagnes d’Israël : un roi unique sera leur roi à tous ; ils ne formeront plus deux nations et ne seront plus divisés en deux royaumes. Ils ne se souilleront plus avec leurs idoles et leurs horreurs, ni par toutes leurs révoltes ; je les délivrerai de tous les lieux où ils habitent, les lieux où ils ont péché. Je les purifierai, ils seront mon peuple et je serai leur Dieu. Mon serviteur David régnera sur eux, berger unique pour eux tous ; ils marcheront selon mes coutumes, ils garderont mes lois et les mettront en pratique. Ils habiteront le pays que j’ai donné à mon serviteur Jacob, le pays où vos pères ont habité, ils y habiteront eux, leur fils, les fils de leurs fils, pour toujours ; mon serviteur David sera leur prince pour toujours. Je conclurai avec eux une alliance de paix ; ce sera une alliance perpétuelle avec eux. Je les établirai, je les multiplierai. Je mettrai mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours. Ma demeure sera auprès d’eux ; je serai leur Dieu et eux seront mon peuple. Alors les nations connaîtront que je suis le Seigneur qui consacre Israël, lorsque je mettrai mon sanctuaire au milieux d’eux, pour toujours ».
Traduction œcuménique de la Bible (TOB)
Le thème biblique Les textes pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2009 nous viennent de l’expérience des Eglises de Corée. Face à la division de leur pays, les Eglises ont cherché l’inspiration chez le prophète Ezéchiel qui vécut également dans un pays tragiquement divisé et aspirait à l’unité pour son peuple. Prophète et prêtre, Ezéchiel fut appelé par Dieu à l’âge de 30 ans. Son activité couvrant la période allant de 594 à 571 av. J.-C., il fut largement influencé par les réformes politiques et religieuses qu’entreprit le roi Josias en 621 av. J.-C. En se lançant dans des réformes visant le rétablissement de la loi et du véritable culte du Dieu d’Israël, le roi Josias entendait éliminer l’héritage néfaste laissé par la précédente conquête de Juda par les Assyriens. Cependant, après la mort de Josias durant une bataille, son fils le roi Yoyaqîm rendit hommage à l’Egypte et le culte de nombreux dieux se répandit. Les prophètes osant critiquer Yoyaqîm furent brutalement supprimés : Ouriya fut exécuté et Jérémie banni. Après l’invasion babylonienne et la destruction du temple en 587 av. J.-C., les responsables politiques et les artisans du pays – parmi eux se trouvait le jeune Ezéchiel – furent capturés et déportés à Babylone. Là, Ezéchiel, comme Jérémie, critiqua les « prophètes » qui suscitaient des espoirs peu réalistes et de ce fait endura l’hostilité et le mépris de ses frères israélites en exil. Malgré de telles souffrances, l’amour d’Ezéchiel pour son peuple ne fit que grandir. Il critiquait les chefs qui agissaient contre les commandements de Dieu et chercha à ramener son peuple à Dieu, mettant en relief que Dieu reste fidèle à l’alliance qu’il a conclue avec son peuple duquel il est solidaire. Mais surtout, dans cette situation apparemment sans issue, Ezéchiel ne désespérait pas et proclamait au contraire un message d’espérance : le renouveau et l’unité du peuple de Dieu que Dieu désire par-dessus tout pourrait enfin être réalisée. Deux visions encouragèrent Ezéchiel dans ses efforts, la première étant celle bien connue de la vallée où des ossements desséchés, par l’action de l’Esprit de Dieu, reprennent vie (Ez 37, 1-14). Les textes de la Semaine de prière de cette année ont pour thème la seconde vision d’Ezéchiel où deux morceaux de bois symbolisent les deux royaumes en lesquels Israël a été divisé. Les noms des tribus de chacun des deux royaumes (deux des douze tribus au Nord et dix au Sud) sont inscrits sur ces morceaux de bois qui sont ensuite rapprochés pour n’en former qu’un seul (Ez 37, 15-23). Pour Ezéchiel, la division de son peuple était le reflet et la conséquence du péché et de l’éloignement de Dieu. Former à nouveau un seul peuple était possible à condition de renoncer au péché, de se convertir et de revenir vers Dieu. Mais en définitive, c’est Dieu qui unit son peuple en le purifiant, le renouvelant et le libérant de ses divisions. Pour Ezéchiel, cette unité n’est pas une simple réunification de groupes auparavant séparés ; il s’agit bien plus d’une création nouvelle, de la naissance d’un peuple nouveau qui devrait être un signe d’espérance pour les autres peuples et pour l’humanité tout entière. On retrouve le thème de l’espérance dans un autre texte cher aux Églises de Corée. Apocalypse 21, 3-4 mentionne la purification du peuple de Dieu qui est appelé à incarner la paix véritable, la réconciliation et l’unité qui est là où Dieu demeure : « Il demeurera avec eux. Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux. La mort ne sera plus. Il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance… » Ce sont ces thèmes bibliques – l’unité comme volonté de Dieu pour son peuple, l’unité comme don de Dieu mais nécessitant la conversion et le renouveau, l’unité comme création nouvelle, et l’espérance que le peuple de Dieu puisse enfin être un – qui ont inspiré les Églises de Corée dans la préparation de ce livret pour la Semaine de prière 2009. Le thème théologique En 2009, les chrétiens du monde entier prieront pour l’unité « afin qu’ils soient unis dans ta main » (cf. Ez 37, 17). Ezéchiel – dont le nom signifie « Dieu le rend fort » – fut appelé à redonner espoir à son peuple dans la situation politique et religieuse désespérée qui suivit la chute et l’occupation d’Israël et l’exil d’une grande partie de son peuple. Les membres du groupe local de Corée ont trouvé que le texte d’Ezéchiel présentait des similitudes frappantes avec la situation qu’ils connaissent dans leur pays divisé et celle des chrétiens désunis. Les paroles d’Ezéchiel leur donnent l’espérance que Dieu rassemblera de nouveau son peuple pour n’en faire qu’un, qu’ils lui appartiendront et qu’il les bénira pour faire d’eux un peuple puissant. Une nouvelle et suprême espérance s’est fait jour : Dieu créera un monde nouveau. Tout comme dans le texte d’Ezéchiel où le péché est considéré sous ses formes les plus diverses, le peuple se souillant à travers les idoles et la transgression, il en est de même avec le péché de la division des chrétiens qui est cause de scandale dans le monde d’aujourd’hui. En lisant ce texte de l’Ancien Testament, les chrétiens peuvent réfléchir à la manière dont il peut s’appliquer à notre situation de division. En particulier, nous comprenons que Dieu seul peut rétablir l’unité, réconcilier les hommes et faire naître une situation nouvelle. Israël uni, pardonné et purifié devient un symbole d’espérance pour le monde entier. Comme nous l’avons souligné plus haut, la prophétie des deux morceaux de bois unis pour en former un seul est la seconde que l’on trouve en Ezéchiel 37. La première, qui est probablement plus familière aux Églises, est celle des ossements desséchés qui reprennent vie par l’action de l’Esprit de Dieu. Dans l’une comme dans l’autre, Dieu est celui qui donne la vie, qui est la source d’un commencement nouveau. Dans la première prophétie, l’Esprit de Dieu est l’esprit de vie. Dans la seconde, c’est Dieu lui-même qui apporte l’unité, la réconciliation et la paix dans une nation divisée. En d’autres termes, c’est l’union des deux parties divisées qui donne la vie nouvelle. Les chrétiens peuvent y voir la préfiguration de la vie nouvelle que le Christ nous offre et à laquelle nous accédons par la victoire sur la mort conformément à la volonté de salut de Dieu. A travers les deux morceaux de bois qui forment sa croix, Jésus nous réconcilie avec Dieu ; l’humanité est ainsi remplie d’une espérance nouvelle. Malgré nos péchés, malgré la violence et les guerres, malgré la disparité entre riches et pauvres, malgré notre manque de respect envers la création, malgré la maladie et les souffrances, malgré les discriminations et malgré notre désunion et nos divisions, Jésus Christ – les bras ouverts sur la croix – embrasse toute la création et nous donne le shalom de Dieu. Dans ses mains, nous sommes un et sommes attirés vers lui qui est mis en croix. Prenant comme point de départ la situation de leur pays divisé mais qui entend surmonter les fractures dont il souffre non seulement au plan politique mais aussi au niveau des Eglises chrétiennes désunies, les Eglises coréennes proposent le thème suivant pour la Semaine de prière 2009 : « Ils seront unis dans ta main ». Ils sentent qu’une espérance nouvelle est née de cette réflexion sur l’action de Dieu qui réconcilie et apporte le shalom au peuple de Dieu. Les huit jours A partir du texte central d’Ezéchiel, notre réflexion tout au long des « huit jours » de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens nous fait prendre davantage conscience que l’unité de l’Eglise contribue également au renouvellement de la communauté humaine tout entière. Ce constat entraîne pour nous une importante responsabilité : tous ceux qui confessent le Christ comme Seigneur devraient s’efforcer d’accomplir sa prière « que tous soient un… afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 21). C’est pourquoi les huit jours commencent par une réflexion sur l’unité des chrétiens. Face à nos divisions doctrinales et à notre passé scandaleux fait de divisions – et parfois même de haine – entre chrétiens, nous prions pour que Dieu qui fait venir l’Esprit de vie dans des ossements desséchés et qui modèle entre ses mains notre unité dans la diversité, fasse souffler un vent de vie et de réconciliation sur l’aridité de nos cœurs et sur nos divisions actuelles. En ce premier jour et durant toute l’Octave, nous sommes invités à prier pour les situations du monde où la réconciliation est nécessaire, et à être attentifs en particulier au rôle que l’unité des chrétiens peut jouer en sa faveur. Le deuxième jour, les Eglises prieront pour que la paix triomphe des guerres et de la violence, afin qu’en tant que disciples du Prince de la Paix, les chrétiens puissent apporter, en dépit des conflits, cette réconciliation qui est enracinée dans l’espérance. Le troisième jour nous offre une méditation sur la forte disparité entre riches et pauvres. Notre relation à l’argent, notre attitude envers les pauvres sont un lieu de vérification de notre vie de disciples à la suite du Christ qui est venu parmi nous pour nous libérer et annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, la liberté aux esclaves et la justice pour tous. L’intention du quatrième jour est de prier afin que les chrétiens comprennent que ce n’est qu’ensemble qu’ils pourront protéger les merveilles de la création que Dieu nous a confiées, l’air que nous respirons, la terre qui nous offre ses fruits et la création qui glorifie son auteur. Le cinquième jour, nous prierons pour que cessent les préjugés et les discriminations dans nos sociétés d’aujourd’hui. En reconnaissant que notre dignité nous vient de Dieu, notre unité en tant que chrétiens témoigne de l’unité de celui qui, par son amour, fait de chacun de nous un être unique. Nous sommes appelés à bâtir un royaume de justice et d’amour dans lequel les différences sont respectées car en Christ nous sommes un. Le sixième jour, nous nous souviendrons dans la prière de tous ceux qui souffrent et de tous ceux qui les assistent. Les Psaumes nous aident à comprendre que les cris de souffrance ou de colère que nous lançons vers Dieu peuvent être l’expression d’un lien profond et fidèle avec lui. La compassion des chrétiens face au désespoir de ceux qui souffrent est un signe du Royaume. Unies, les Eglises chrétiennes peuvent faire changer les choses en s’employant à obtenir pour les malades l’aide matérielle et spirituelle dont ils ont besoin. Le septième jour traite des chrétiens confrontés au pluralisme et priant pour leur unité en Dieu. Sans cette unité, il nous sera difficile de construire un royaume de paix avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté. Avec les intentions de prières prévues pour le huitième jour, nous revenons à notre point de départ car nous prions afin que l’esprit des Béatitudes l’emporte sur l’esprit de ce monde. Les chrétiens portent en eux l’espérance que toute chose est renouvelée dans l’ordre nouveau que le Christ a établi. C’est ainsi qu’ils peuvent être porteurs d’espoir et artisans de la réconciliation face aux guerres, à la pauvreté, aux discriminations et dans toutes les autres situations où des être humains souffrent et où la création gémit. Préparation de la Semaine de prière Origine des textes Le projet de base a été préparé par un groupe de représentants de la Conférence des évêques catholiques de Corée (CBCK) et du Conseil national des Eglises en Corée (NCCK) composé des personnes suivantes : Rév. Dr Chai Soo-il, professeur à la Han Shin University (PROK/NCCK); Rév. Dr Kim Woong-Tae, président de la Dong-Sung High School (CBCK) ; Rév. Dr Shim Kwang-Sup, professeur au Séminaire théologique méthodiste, KMC (NCCK) ; Mme Jung Hae-Sun, secrétaire générale du NCCK ; Rév. Père Kang Diego, missionnaire de la Consolata en Corée (CBCK) ; Mme Han Mi-Sook, membre du Mouvement des Focolari de Corée (CBCK). Nous les remercions très chaleureusement pour le sérieux et la sagacité avec lesquels ils ont accompli cette tâche. La rencontre préparatoire internationale à Marseille (France) Depuis quelques années déjà, l’un des membres du groupe préparatoire international de la Semaine de prière proposait d’organiser une réunion à Marseille. En effet, un mouvement social très intéressant est né dans cette ville: des chefs religieux de diverses confessions, religions et cultures se sont regroupés autour du maire afin d’assurer la communication entre les groupes religieux, d’améliorer leurs relations mutuelles et de prévenir toute polarisation entre diverses parties de la population de cette ville. Cette organisation s’appelle Marseille Espérance. Ensemble, ses membres se sont élevés contre certains faits au niveau local et international (profanation de tombes, attaques terroristes du 11 septembre 2001 à New York, etc.) qui manifestaient l’intolérance religieuse et la haine et ils estiment que leur engagement commun en faveur de la tolérance a contribué à éviter certains troubles à caractère interreligieux ou interculturel qui ont marqué d’autres villes européennes. Indépendants de tout parti politique, ils observent un silence total durant les périodes électorales. (La laïcité est un principe fondamental de la vie publique française.) Leur préoccupation principale étant le maintien de la paix dans la ville, ils laissent volontiers d’autres groupes s’occuper du dialogue théologique. Le groupe préparatoire international qui comprenait des membres protestants, orthodoxe et catholiques, ainsi que deux membres du groupe coréen ayant travaillé sur le projet de départ (et leurs deux conseillers) se sont réunis du 24 au 29 septembre 2007, au Centre Notre-Dame du Roucas qui est confié au Chemin Neuf, une accueillante communauté catholique à vocation œcuménique : cette maison ensoleillée dominant la mer est située non loin de la Basilique Notre-Dame de la Garde. Le travail d’adaptation du texte tout d’abord rédigé en coréen puis traduit en anglais et qui devait être révisé dans le but de sa diffusion internationale, s’est déroulé dans une atmosphère joyeuse et confiante, fruit d’un respect mutuel entre tous les membres du groupe. A la fin de la rencontre, les représentants du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens ont chaleureusement remercié Tom Best et Carolyn McComish avant leur prochain départ en retraite, pour leurs nombreuses années de collaboration au sein du groupe préparatoire international. Durant cette semaine, le groupe a été reçu par les membres de Marseille Espérance (ME) qui lui ont présenté leurs activités et il a visité divers endroits de Marseille particulièrement significatifs pour ME – entre autres l’église de l’Abbaye Saint-Victor et la mosquée de la ville. Nous remercions Marseille Espérance pour l’accueil et l’hospitalité qui nous ont été offerts, pour toutes les informations fournies sur ses activités ainsi que pour l’intérêt manifesté à l’égard du travail du groupe préparatoire international. Le groupe international prie afin que l’œuvre de Marseille Espérance continue non seulement à garantir la paix dans la ville mais aussi, à être un enrichissement dans la vie des habitants de Marseille, par l’exemple de tolérance religieuse qu’elle offre à tous. Célébration œcuménique « Ils seront unis dans ta main » (Ezéchiel 37, 17) Présentation de la célébration En Ezéchiel 37, 15-19 ; 22-24a nous découvrons l’ardent désir de l’unité que Dieu veut pour les tribus d’Israël divisées. Le geste prophétique inspiré à Ezéchiel, de joindre deux morceaux de bois, est l’image de la réunification des royaumes du Nord et du Sud d’Israël : « Rassemble ces morceaux l’un contre l’autre pour en former un seul, ils seront unis dans ta main » (Ez 37, 17). Dieu compte sur son prophète pour réaliser cette œuvre de renouvellement dans l’unité. Ezéchiel reçoit la mission d’annoncer à Israël que cette restauration est une initiative et une œuvre de Dieu. Rapprocher les tribus les unes des autres et « les tenir unies dans sa main », telle est la volonté de Dieu. Ezéchiel doit aussi appeler le peuple à la conversion pour préparer les chemins de cet avenir nouveau de réconciliation. Cet avenir meilleur d’unité et de paix pour Israël passe en effet par une conversion sincère de sa part. C’est la tâche des prophètes d’en proclamer l’urgence au nom du Seigneur. Qui veut l’unité selon l’Alliance doit s’engager à se détourner des idoles et à se laisser purifier par Dieu : « Je les délivrerai de toutes les iniquités dont ils se sont rendus coupables, je les purifierai. Ils seront mon peuple et je serai leur Dieu ». Le renouvellement de l’espérance passe par le renouveau de la fidélité envers Dieu. Israël au temps d’Ezéchiel aspirait à son unité nationale. Nous espérons, nous chrétiens envoyés à toutes les « nations », la pleine communion en Christ pour laquelle nous prions. Cette célébration élaborée à partir d’Ezéchiel (Ez 37) nous appelle par conséquent à interpréter dans la lumière du Christ, l’appel du prophète à l’unité du peuple de Dieu. En voici le déroulement. Déroulement de la célébration [1] La célébration commence au son du gong, évocation de notre communion de prière avec les chrétiens de Corée. Dans l’esprit d’Ezéchiel appelant à la conversion de son peuple l’acte pénitentiel nous pousse, en bons serviteurs de Dieu et de l’unité chrétienne, à emprunter nous aussi le chemin des conversions personnelles et ecclésiales nécessaires pour parvenir à la pleine communion. La liturgie de la Parole commence par susciter l’élan de notre foi en l’initiative du Père voulant l’unité de ses enfants (Ez 37, 15-19 ; 22-24a). L’épître aux Romains (Ro 8, 18-25) nous assure qu’avec la création elle-même, nous sommes dans la main de Dieu et que l’Esprit-Saint intercède et œuvre en notre faveur. L’Evangile (Jn 17, 8-11) atteste que le don de notre communion nous est acquis en Jésus Christ par sa mort et sa résurrection. Par les intercessions nous nous unissons à la prière de Jésus pour notre unité, à son espérance de notre unité parfaite, à son impatience de nous voir agir pour le renouvellement du monde dans l’unité de l’amour, dans la justice et la paix. Au terme de la célébration nous proclamons avec Ro 8, 38 que rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ, parce que Dieu notre Père a fait en lui toutes choses nouvelles. Il nous envoie comme témoin de cette création nouvelle. C’est un encouragement pour tous les chrétiens qui participent aussi à travers leur engagement œcuménique à cet ordre nouveau de la Communion en Christ ressuscité. Célébration O Officiant/e Ouverture On fait résonner le gong par trois fois pour signaler aux participants le début de la célébration. Salutation O : Que la grâce et la paix de Dieu notre Père et de notre Seigneur
Jésus Christ et le Saint-Esprit soient toujours avec vous. Chant d’ouverture, Psaume 146 (145) Procession des officiants, des personnes portant la bible et de celles munies des bâtons/bâtonnets à rassembler comme symbole d’unité inspiré du texte d’Ezéchiel. Les porteurs des bâtonnets restent devant la croix ou dans l’espace liturgique dans le chœur de l’église. Silence O : Approchez-vous de Dieu. Approchons-nous de Dieu, lui qui est plein de miséricorde envers nous, lui que nous espérons et que nous cherchons. Cette invitation peut être prononcée en langue coréenne pour souligner que ce sont les chrétiens de ce Pays qui nous aident cette année à prier pour l’unité chrétienne : Kadja Heemang-e dju-nim-kke. Rite pénitentiel O : La prière de cette année nous est proposée par des chrétiens de Corée, par un peuple séparé en deux pays. Nous allons écouter le prophète Ezéchiel qui nous raconte sa vision de deux morceaux de bois que Dieu réunit. Chrétiens de communautés divisées, nous voici rassemblés pour prier afin que nous soit pardonné le scandale de notre désunion et notre incapacité à être des ambassadeurs de réconciliation dans le monde. Quels chemins de conversion personnelle et ecclésiale devons-nous parcourir pour parvenir à la pleine communion en Christ ? Silence Pendant ce silence les personnes qui portent les bâtons et qui se sont assises dans les premiers rangs de l’assemblée ou avec les officiants, vont se disperser dans l’assemblée en signe de nos divisions et de notre péché contre l’unité en Christ. O : Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur ; Seigneur, écoute mon appel !
Célébration de la Parole de Dieu Première lecture : Ezéchiel 37, 15-19 ; 22-24a Hymne « Let us be One » (Corée) Deuxième lecture : Romains 8,18-25 Alléluia ! Evangile Jean 17, 8-11 Prédication Silence Intercessions O : Avec foi, prions Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
L1 :
Prions pour nos communautés chrétiennes locales, nos Eglises et nos groupes
œcuméniques, pour ceux qui sont présents et ceux qui sont absents de notre
assemblée aujourd’hui. Seigneur, pardonne-nous quand nous sommes indifférents
aux autres et guéris les blessures et les divisions qui nous séparent encore.
Notre Père Le signe de paix est accompagné du chant Come Now, O God of Peace [O-So-So]. Geste symbolique Les porteurs des bâtons de bois les lient maintenant deux par deux en signe de notre réconciliation comme initiative et œuvre de Dieu qui nous tient unis dans sa main. Pendant la proclamation de la confession de foi, on peut présenter la croix en la rapprochant symboliquement des bâtons liés deux par deux. Le baptistère sera dans certains cas le lieu le plus signifiant pour accomplir ce geste symbolique en mémoire du baptême qui nous tient déjà « unis dans la main de Dieu ». Symbole de Nicée-Constantinople L : Ensemble professons
notre foi avec le Symbole de Nicée-Constantinople. Hymne O : Chrétiens
de cette assemblée, frères et sœurs dans la foi, vous qui souhaitez/nous qui
souhaitons être un signe de réconciliation par la puissance de la croix : Textes bibliques, méditations 1er Jour Les communautés chrétiennes face à leurs divisions anciennes et nouvelles Ils seront unis dans ta main
Commentaire Les chrétiens sont appelés à être les instruments de l’amour fidèle et réconciliateur de Dieu dans un monde marqué par tant de séparations et d’aliénations. Baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et professant notre foi dans le Christ crucifié et ressuscité, nous sommes un peuple qui appartient au Christ, un peuple appelé à être le corps du Christ dans et pour le monde. C’est ce pour quoi le Christ a prié pour ses disciples : qu’ils soient un, afin que le monde croie. Les divisions entre les chrétiens sur des questions fondamentales de la foi et de la vie de disciples du Christ portent gravement atteinte à notre capacité de témoigner devant le monde. En Corée, comme dans de nombreux autres pays, l’Evangile du Christ a été annoncé par des voix contradictoires proclamant la Bonne Nouvelle de manières discordantes. On est parfois tenté de considérer les divisions actuelles, et tous les conflits sous-jacents qu’elles impliquent, comme l’héritage naturel de notre histoire chrétienne plutôt que d’y voir une contradiction interne à l’annonce que Dieu a réconcilié le monde en Christ. La vision d’Ezéchiel des deux morceaux de bois sur lesquels sont inscrits les noms des royaumes divisés de l’ancien Israël et qui deviennent un dans la main de Dieu, est une image très forte de la puissance réconciliante de Dieu qui accomplit pour un peuple retranché dans ses divisions ce que ce dernier ne peut faire pour lui-même. Cette métaphore évoque très bien la division des chrétiens et préfigure la source de toute réconciliation qui est au cœur de la proclamation chrétienne. Sur les deux morceaux de bois qui forment sa croix, le Seigneur de l’histoire rachète les blessures et les divisions de l’humanité. Dans le don total de lui-même sur la croix, Jésus unit le péché de l’homme à l’amour fidèle et rédempteur de Dieu. Etre chrétiens signifie être baptisés dans cette mort par laquelle le Seigneur, dans son infinie miséricorde, grave les noms d’une humanité blessée dans le bois de sa croix, nous unissant à lui et rétablissant ainsi notre relation avec Dieu et avec notre prochain. L’unité chrétienne est une communion qui se fonde dans notre appartenance au Christ et à Dieu. En nous convertissant toujours davantage au Christ, nous nous découvrons réconciliés par la puissance de l’Esprit-Saint. Prier pour l’unité chrétienne, c’est reconnaître notre confiance en Dieu, c’est nous ouvrir entièrement à l’Esprit. Unie aux autres efforts que nous accomplissons pour promouvoir l’unité des chrétiens – le dialogue, le témoignage commun et la mission –, la prière pour l’unité est un instrument privilégié par lequel l’Esprit-Saint manifeste au monde notre réconciliation en Christ, ce monde qu’il est venu sauver. Prière Dieu de compassion, tu nous as aimés et pardonnés en Christ, tu as cherché à réconcilier tout le genre humain dans ton amour rédempteur. Regarde avec bonté tous ceux qui travaillent et prient pour l’unité des communautés chrétiennes divisées. Donne-nous d’être frères et sœurs dans ton amour. Puissions-nous être un, un dans ta main. Amen. * * * 2e Jour Ils seront unis dans ta main
Commentaire La guerre et la violence demeurent des obstacles majeurs à l’unité de l’humanité donnée par Dieu. La guerre et la violence proviennent en dernière analyse de la division qui existe à l’intérieur de nous-mêmes et qui n’est pas guérie, et de l’arrogance humaine qui est incapable de revenir au fondement véritable de notre existence. Les chrétiens en Corée aspirent à mettre fin à plus de cinquante ans de séparation entre la Corée du sud et la Corée du nord, et à voir s'établir la paix ailleurs dans le monde. L'instabilité qui règne dans la péninsule coréenne ne représente pas seulement la douleur de la seule nation du monde encore divisée, mais elle symbolise les mécanismes de division, de paradoxe, d'hostilité et de vengeance que vit l'humanité. Qui mettra un terme à ce cycle de guerre et de violence? Jésus nous montre, dans les situations de violence et d’injustice les plus brutales, le pouvoir qui peut mettre fin au cercle vicieux de la guerre et de la violence. A ses disciples, qui réagissent à la violence et à la fureur selon la logique du monde, il enseigne de façon paradoxale le renoncement à toute violence (Matthieu 26, 51-52). Jésus révèle la vérité de la violence humaine. Fidèle au Père, il est mort sur la croix pour nous sauver du péché et de la mort. La croix révèle le paradoxe et le conflit inhérents à la nature humaine. La mort violente de Jésus marque l’instauration d'une nouvelle création qui cloue à cette croix les péchés des humains, la violence et la guerre. Jésus Christ n'enseigne pas une non-violence fondée sur le seul humanisme. Il enseigne la restauration de la création de Dieu et l'espérance et la foi en la venue, à la fin, de cieux nouveaux et d'une terre nouvelle. L'espérance fondée sur la victoire ultime de Jésus Christ sur la croix nous permet de persévérer dans la quête de l’unité des chrétiens et dans la lutte contre toute forme de guerre et de violence. Prière Seigneur, toi qui t'es sacrifié sur la croix pour l'unité de l'humanité, nous t'offrons notre humanité blessée par l'égoïsme, l'arrogance, la vanité et la colère. Seigneur, n'abandonne par ton peuple opprimé qui souffre toutes les formes de violence, de colère et de haine, victime de croyances erronées et de divergences idéologiques. Seigneur, tends vers nous tes mains compatissantes et prends soin de ton peuple, afin que nous jouissions de la paix et de la joie qui font partie de l'ordre de ta création. Seigneur, fais que nous, chrétiens, travaillions ensemble pour que s'accomplisse ta justice, plutôt que la nôtre. Accorde-nous le courage d'aider les autres à porter leur croix, au lieu de mettre la nôtre sur leurs épaules. Seigneur, enseigne-nous la sagesse de traiter nos ennemis avec amour au lieu de les haïr. Amen. * * * 3e Jour Les chrétiens face Ils seront unis dans ta main
Commentaire Nous prions que le règne de Dieu vienne. Nous aspirons à un monde où les gens, en particulier les plus pauvres, ne meurent pas avant l’heure. Toutefois, l'ordre économique du monde actuel aggrave la situation des pauvres et accentue les inégalités sociales. La communauté mondiale est confrontée aujourd’hui à la précarisation croissante du travail humain et à ses conséquences. L’idolâtrie du marché, comme l’amour de l’argent selon l’auteur de l’épître à Timothée, apparaît donc comme « la racine de tous les maux ». Que peuvent et doivent faire les églises chrétiennes dans ce contexte ? Tournons-nous ensemble vers le thème biblique du jubilé, que Jésus a évoqué pour définir son ministère. Selon le texte de Lévitique, lors du jubilé, on annonçait la libération ; les émigrés économiques pouvaient retourner dans leur propriété et auprès de leur famille ; si quelqu'un avait perdu tous ses biens, il pouvait aussi vivre avec le peuple comme résident étranger ; on ne prêtait pas d'argent en exigeant un intérêt et on ne fournissait pas de nourriture pour en tirer profit. Le jubilé impliquait une éthique communautaire, la libération des esclaves et leur retour chez eux, la restauration des droits fonciers, et l'abolition des dettes. Cela signifie, pour les victimes de structures sociales injustes, le rétablissement du droit et la restitution de leurs moyens d'existence. La fin du monde actuel qui considère « davantage d'argent » comme la valeur et le but absolus de la vie ne peut être que la mort. En tant qu'Eglises, au contraire, nous sommes appelés à vivre ensemble dans l’esprit du jubilé et, à la suite du Christ, à répandre ensemble cette bonne nouvelle. En faisant l’expérience de la guérison de leur division, les chrétiens deviennent plus sensibles aux autres divisions qui blessent l’humanité et la création. Prière Dieu de justice, Dieu de paix, Dieu de compassion, * * * 4e jour Les chrétiens face à la crise écologique Ils seront unis dans ta main
Commentaire Dieu a créé notre monde avec sagesse et amour. Quand il eut achevé l’œuvre de la création, Dieu vit que cela était bon. Mais aujourd’hui, le monde est confronté à une grave crise écologique. Notre terre souffre du réchauffement climatique dû à notre consommation excessive d'énergie. La surface des forêts sur notre planète a diminué de 50% au cours des quarante dernières années tandis que les déserts ne cessent de s’étendre. Les Coréens qui aiment tant le poisson s’inquiètent : ce sont les trois quarts des habitants de la mer qui ont aujourd’hui disparu. Chaque jour, ce sont plus de cent espèces vivantes qui s’éteignent et cette perte de la biodiversité est une menace sérieuse pour l’humanité elle-même. Avec l’apôtre Paul, nous pouvons l’affirmer : la création a été livrée au pouvoir du néant, elle gémit, comme dans les douleurs de l’enfantement. Ne nous voilons pas la face, les êtres humains portent une lourde responsabilité dans cette destruction de l’environnement. Leur avidité incontrôlée jette l'ombre de la mort sur l'ensemble de la création. Ensemble les chrétiens doivent tout mettre en œuvre pour la sauvegarde de la création. Devant l’immensité de la tâche, les baptisés ne peuvent agir isolément. Il leur faut conjuguer leurs efforts: c’est ensemble qu’ils pourront protéger l’œuvre du créateur. On ne peut que remarquer la place centrale qu’occupent les éléments de la nature dans les paraboles et l’enseignement de Jésus. Même pour la plus petite de toutes les graines, le Christ manifeste un grand respect. A l’appui de la vision biblique de la création, les chrétiens peuvent contribuer d’une même voix à la réflexion actuelle sur l’avenir de notre planète. Prière Dieu créateur, tu as créé le monde par ta Parole et tu vis que cela était bon. Mais aujourd’hui nous faisons œuvre de mort et nous détruisons irrémédiablement notre environnement. Donne-nous de nous repentir de nos avidités, aide-nous à prendre soin de tes créatures. Ensemble, nous voulons sauvegarder la création. Amen. * * * 5e jour
Commentaire Au commencement du monde, les êtres humains créés à l’image de Dieu ne faisaient qu’un dans Sa main. Et pourtant le péché s’est immiscé dans le cœur de l’homme et nous n’avons cessé de construire des catégories discriminantes : ici c’est sur la race ou l’ethnie qu’on fait le tri ; ailleurs, c’est l’idendité sexuelle ou le simple fait d’être homme ou femme qui alimente les préjugés ; ailleurs encore, c’est le handicap ou la religion qui est facteur d’exclusion. Toutes ces discriminations sont déshumanisantes. Elles sont sources de conflits et de grandes souffrances. Dans son ministère terrestre, Jésus s’est montré particulièrement sensible à l’humanité commune à tous les hommes et femmes. Il n’a cessé de dénoncer les discriminations de toutes sortes et l’orgueil que certains de ses contemporains pouvaient en tirer. Les justes ne sont pas toujours ceux qu’on croit, et le mépris n’a pas sa place dans le cœur des croyants. Comme les bienfaits de l’huile précieuse ou de la rosée de l’Hermon, le psaume 133 chante le bonheur de la vie fraternelle partagée. C’est bien cette joie de vivre ensemble comme des frères et sœurs qu’il nous est donné de goûter au cœur des rencontres œcuméniques, chaque fois que nous renonçons aux discriminations confessionnelles. L’unité retrouvée de la famille humaine, c’est la mission commune de tous les chrétiens : ensemble, il leur faut œuvrer contre toute discrimination. C’est aussi leur espérance partagée : parce que tous ne font qu’un dans le Christ, il n’y a plus ni juif, ni grec, ni esclave, ni homme libre, ni homme, ni femme. Prière Seigneur, fais-nous discerner les discriminations et les exclusions qui marquent nos sociétés. Dirige notre regard et aide-nous à reconnaître les préjugés qui nous habitent. Apprends-nous à bannir tout mépris et à goûter la joie de vivre ensemble dans l’unité. Amen. * * * 6e jour Les chrétiens face à
Commentaire Combien de fois Jésus ne rencontre-t-il pas de malades et ne désire-t-il pas les guérir ! Nos Eglises, bien qu’encore séparées, ont toutes conscience de la compassion du Seigneur envers ceux qui souffrent. Les chrétiens ont toujours suivi son exemple en soignant les malades, en construisant des hôpitaux, des dispensaires, en organisant des missions médicales et en se souciant non seulement de l’âme mais aussi du corps des enfants de Dieu. Pourtant, cela n’est pas si évident. Les personnes en bonne santé ont tendance à considérer que la santé va de soi et à oublier ceux qui ne peuvent pleinement prendre part à la vie de la communauté en raison de leur maladie ou de leur handicap. Quant aux malades, ils se sentent souvent coupés de Dieu, de sa présence, de sa grâce et de sa puissance de salut. La foi profonde d’Ezékias le soutient dans sa maladie. En ce moment de douleur, il trouve les mots pour rappeler à Dieu sa promesse miséricordieuse. Oui, ceux qui souffrent reprennent parfois les mots de la Bible pour crier leur douleur et lutter avec Dieu : Pourquoi m’as-tu abandonné ? Si notre relation à Dieu est sincère et profonde et s’exprime à travers des paroles de foi et de reconnaissance, elle pourra également dire dans la prière notre peine, notre douleur ou notre colère quand cela est nécessaire. Les malades ne sauraient être que l’objet de soins ; ils sont au contraire des sujets vivants de la foi comme le découvrent les disciples dans l’histoire que nous raconte l’Evangile de Marc. Les disciples veulent poursuivre leur chemin avec Jésus, en ignorant l’homme malade au bord de la foule. Lorsqu’il les appelle, cela les détourne de leur but. Nous sommes habitués à prendre soin des malades mais pas à ce qu’ils se plaignent ouvertement et nous dérangent. Aujourd’hui ce sont souvent les malades des pays pauvres qui crient vers nous pour demander des médicaments, ce qui nous amène à réfléchir à la question des brevets et du profit. Les disciples qui voulaient empêcher l’aveugle de s’approcher de Jésus sont appelés à lui porter le message du Seigneur, un message d’amour qui a un son nouveau : Lève-toi, il t’appelle. C’est seulement quand les disciples conduisent le malade à Jésus qu’ils comprennent enfin ce que veut le Seigneur : prendre le temps de rencontrer le malade et de lui parler, de lui demander ce qu’il désire et ce dont il a besoin. Une communauté de réconciliation ne peut naître que lorsque les malades font l’expérience de la présence de Dieu dans leurs relations avec leurs sœurs et frères en Christ. Prière Seigneur, écoute ton peuple quand il crie vers toi, affligé par la maladie et la douleur. Que ceux qui sont en bonne santé te rendent grâce de leur bien-être, Puissent-ils servir ceux qui souffrent avec un cœur aimant et des mains ouvertes. Seigneur, donne-nous de vivre tous dans ta grâce et ta providence et de devenir une communauté de réconciliation où tous ensemble te louent. Amen. * * * 7e jour Les chrétiens face Ils seront unis dans ta main
Commentaire Chaque jour ou presque, nous entendons parler des violences qui, dans plusieurs régions du monde, opposent des fidèles de diverses religions. En revanche, la Corée se présente comme un pays où des religions différentes - bouddhistes, chrétiens, confucéens - réussissent la plupart du temps à coexister dans la paix. Dans un grand hymne de louange, le prophète Esaïe annonce que Dieu essuiera toute larme et préparera un riche festin pour tous les peuples et toutes les nations ! Un jour – dit le prophète – tous les peuples de la terre glorifieront Dieu et exulteront puisqu’il les aura sauvés. Le Seigneur en qui nous avons espéré est l’hôte du festin éternel dont parle Esaïe dans son action de grâce. Lorsque Jésus rencontre une femme non-juive qui lui demande de guérir sa fille, il lui répond de manière surprenante et refuse d’abord de l’aider. La femme insiste sur le même ton que lui : « Mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des enfants ». Jésus reconnaît la sagacité de cette femme qui a compris que la mission du Christ s’adresse aux juifs et aux non-juifs, et l’invite à retourner chez elle en lui promettant de guérir sa fille. Les Eglises se sont engagées à dialoguer pour promouvoir l’unité des chrétiens. Au cours des dernières années, le dialogue s’est affirmé aussi parmi les fidèles d’autres religions, en particulier les religions du « Livre » (judaïsme, islam). Il s’agit de rencontres qui ne sont pas seulement enrichissantes mais qui contribuent à promouvoir le respect et de bonnes relations avec les uns et les autres et à construire la paix dans les zones de conflits. Si nous, chrétiens, sommes unis dans notre témoignage contre les préjugés et la violence, il n’en sera que plus efficace. Et si nous écoutons attentivement nos frères des autres religions, ne pourrons-nous pas en apprendre davantage sur l’universalité de l’amour de Dieu et de son royaume ? Le dialogue avec les autres chrétiens ne devrait pas signifier une perte au niveau de notre identité chrétienne respective ; nous devrions au contraire nous réjouir d’obéir à la prière de Jésus, que tous soient un, comme Lui est un avec le Père. L’unité ne se fera pas du jour au lendemain. Il s’agit plutôt d’un pèlerinage que nous effectuons avec les autres fidèles et qui nous conduit vers un destin commun d’amour et de salut. Prière Seigneur Dieu, nous te remercions pour la sagesse que nous transmettent tes écritures. Donne-nous le courage d’ouvrir notre cœur et notre esprit à notre prochain, soit-il d’une autre confession chrétienne ou d’une autre religion. Accorde-nous la grâce de surmonter les barrières de l’indifférence, des préjugés et de la haine. Renforce notre vision des derniers jours, lorsque tous les chrétiens marcheront ensemble vers le festin final et quand toute larme et tout désaccord seront vaincus par l’amour. Amen. * * * 8e jour Les chrétiens proclament Ils seront unis dans ta main
Commentaire Je vais faire venir en vous un souffle pour que vous viviez. La foi biblique se fonde sur l’espérance fondamentale que le dernier mot de l’histoire appartient à Dieu, et que le dernier mot de Dieu n’est pas un jugement mais une parole de vie qui établit une création nouvelle. Comme nous l’avons vu au cours des méditations des jours précédents, les chrétiens vivent dans un monde marqué par différentes formes de division et de séparation. Cependant, l’Eglise conserve une attitude d’espérance, ancrée non pas dans ce que l’être humain peut faire, mais dans la puissance et le désir fidèle de Dieu de transformer la division et le morcellement en unité, la haine mortifère en amour générateur de vie. Les coréens doivent supporter encore les conséquences tragiques de la division de leur pays, mais même dans cette situation, l’espérance chrétienne reste très forte. L’espérance chrétienne réussit à survivre même au milieu de grandes souffrances, car elle naît de l’amour fidèle de Dieu qui nous est révélé par la croix du Christ. L’espérance ressuscite du tombeau avec Jésus, tandis que la mort et les puissances de la mort sont vaincues ; elle se répand le jour de la Pentecôte par l’envoi du Saint-Esprit qui renouvelle la face de la terre. Le Christ ressuscité est le commencement d’une vie nouvelle et authentique. Sa résurrection annonce la fin de l’ordre ancien et jette les semences d’une nouvelle création qui sera éternelle, où tous seront réconciliés en Lui et Dieu sera tout en tous. Voici, je fais toutes choses nouvelles. L’espérance chrétienne commence avec le renouvellement de la création, qui porte le dessein original de Dieu à son accomplissement. En Apocalypse 21, Dieu ne dit pas « je fais de nouvelles choses » mais « je fais toutes choses nouvelles ». L’espérance chrétienne ne signifie pas une longue attente passive de la fin du monde, mais le désir de ce renouvellement qui s’est fait jour dans la résurrection et la Pentecôte. Il ne s’agit pas de l’espérance en un achèvement apocalyptique de l’histoire entraînant l’effondrement de notre monde, mais de l’espérance en un changement fondamental et radical du monde que nous connaissons. Le nouveau commencement instauré par Dieu met fin au péché, aux divisions et à la finitude du monde, et transforme la création pour qu’elle puisse prendre part à la gloire éternelle de Dieu. Lorsque les chrétiens se réunissent pour prier pour l’unité, c’est cette espérance qui les motive et les soutient. La prière pour l’unité a une force : celle qui jaillit du renouvellement de la création engendré par Dieu ; sa sagesse est celle de l’Esprit-Saint qui souffle une vie nouvelle sur les ossements desséchés et leur redonne vie ; son authenticité, c’est notre disponibilité à nous ouvrir totalement à la volonté de Dieu en nous laissant transformer en instruments de l’unité voulue par le Christ pour ses disciples. Prière Dieu miséricordieux, tu es toujours près de nous, au milieu de nos souffrances et de nos tourments, et tu le seras jusqu’à la fin des temps. Aide-nous à être un peuple profondément rempli d’espérance, un peuple qui vit les béatitudes et se met au service de l’unité que tu désires. Amen. Prières supplémentaires et hymnes de Corée Woo-Ri Gi-Do (Ecoute notre prière – Chant coréen) Seigneur, écoute notre
prière, Prière pour la paix et la réunification de la Péninsule coréenne (2006) Nous espérons en une réunification forte et harmonieuse. Prière de Pâques des Églises de Corée du Sud et du Nord (Avril 2007) Ô Seigneur, toi qui as vaincu la mort et qui es ressuscité ! (« J’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33) Louange au Seigneur ressuscité Seigneur ressuscité, Nous qui sommes las de l’obscurité de la division, Seigneur Dieu, Alors, Enfin, Nous prions au nom du Christ ressuscité qui guide notre pays vers l’unité, afin qu’il devienne une création nouvelle. Cette prière a été composée par le Conseil national des Églises de Corée et la Fédération chrétienne coréenne. La Croix Les rayons du soleil, Je me demande comment ils ont pu Si jamais une croix m’était donnée, Soyons un On trouvera sur notre site internet, dans la version anglaise des textes pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2009, d’autres références de prières proposées par le groupe préparatoire coréen et leurs partenaires œcuméniques. Ces prières sont exclusivement en langue anglaise. Par manque d’espace et pour des questions de droits d’auteur, nous ne sommes pas en mesure de les reproduire ici intégralement. La situation œcuménique en Corée [2]1. Le peuple coréen : une nation unie pendant 5000 ans Pour comprendre l’actuelle situation œcuménique de la Corée, il est nécessaire de connaître l’histoire très particulière de la nation et du peuple coréens. D’un point de vue racial, la Corée, fondée en 2333 av. J.-C. par Dankun, est restée pendant 5000 ans une nation homogène. Bien qu’elle fût gravement menacée par la Chine au cours des 2000 premières années de son existence, la Corée conserva sa dignité et demeura une nation libre (Période Chosŏn). Du Ier siècle av. J.-C. au VIIe siècle ap. J.-C., la Corée vécut sous diverses dynasties. De 57 av. J.-C. à 935 ap. J.-C., les Dynasties Kokuryeo (37 av. J.-C. - 668 ap. J.-C.), Paikje (18 av. J.-C. - 660 ap. J.-C.) et Shilla (57 av. J.-C. - 935 ap. J.-C.) régnèrent durant la période aujourd’hui communément appelée des Trois Royaumes de Corée (Samkuk). Dans le nord du pays, au cours du Xe siècle succéda à la dynastie Balhae (698 - 926 ap. J.-C.) la dynastie Koryo (918 - 1392). A la suite de cette période fut fondée au XIVe siècle la dynastie Chosun (1392-1910). Tout au long de ces siècles, la Corée non seulement demeura une nation homogène mais connut également d’importants développements culturels. En 1897 fut fondée la Corée Impériale (Daehan Jeguk) qui devait marquer le début de l’ère moderne dans l’histoire de la Corée. De 1910 à 1945, la Corée fut occupée par les troupes japonaises mais les coréens ne perdirent jamais espoir et ne cessèrent jamais de lutter pour reconquérir leur liberté. Leurs efforts et leur combat conduisirent finalement à la fin de l’occupation japonaise en 1945 avec la fin de la Seconde guerre mondiale. L’histoire reflète bien le sort de la Corée : de par sa position extrêmement intéressante du point de vue géopolitique, elle a souffert de nombreuses invasions et occupations de la part des grandes puissances mondiales. La Corée a également dû affronter ses propres conflits internes, fruits de l’opposition de diverses idéologies. Ces nombreuses années de lutte idéologique ont pris fin avec la fondation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) en Corée du Nord, basée sur des idéaux communistes, et de la République de Corée (RC) dans le Sud de la Corée qui a choisi la démocratie et la liberté. Le conflit et l’affrontement de ces deux idéologies conduisirent à la dramatique Guerre de Corée (1950-1953) qui coûta la vie à de nombreuses personnes. En 1953, l’armistice fut signé et la frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, avec sa zone démilitarisée (ZDM), devint le symbole le plus évident de l’histoire tragique de la Corée. On parle de 10 millions de familles divisées par la guerre et ses conséquences. Récemment, ces familles ont eu quelques possibilités de se rencontrer ; mais la plupart d’entre elles ne savent même pas si les membres de leur famille habitant de l’autre côté de la ligne divisant Nord et Sud sont encore en vie. Tous les Coréens ressentent la douleur de ces familles ; la fierté et l’identité même du pays en sont profondément atteints. 2. Nord et Sud : réconciliation et collaboration Le 4 juillet 1972 est considéré comme une date décisive dans l’histoire de la Péninsule coréenne. La Déclaration conjointe signée ce jour-là a contribué à modifier sensiblement l’atmosphère conflictuelle et hostile qui régnait auparavant, à réduire les injustices réciproques et à permettre un échange et des efforts concrets afin de parvenir ensemble à la réunification du pays. Le Conseil œcuménique des Eglises et l’Eglise catholique ont par ailleurs manifesté leur profond désir de contribuer à la paix et à un assouplissement des relations jusqu’ici tendues. En 1988, l’Assemblée générale du Conseil national des Eglises de Corée (CNE-Corée) annonçait la publication de la « Déclaration des Eglises de Corée sur la réunification et la paix » et la Conférence des Evêques catholiques de Corée (CECC) créait un Comité pour la réconciliation nationale. Par la suite, diverses églises (telles que l’église catholique de Changchungdang et l’église de Chilkok) ont été édifiées en Corée du Nord et le culte y est désormais célébré. C’est dans ce contexte que le Prix Nobel de la Paix Kim Dae-Jung – ancien Président de la RC – rencontra lors d’une conférence au sommet le leader nord-coréen Kim Jong-Il. Suite à cette rencontre, le 15 juin 2000 fut publiée une Déclaration commune, qui renforçait la « politique du rayon de soleil » de la Corée du Sud vis-à-vis de la Corée du Nord. Toutefois, dans la ZDM les vives tensions entre Nord et Sud restaient manifestes. Les efforts en faveur de la paix en Corée réalisés par les pourparlers diplomatiques qui sont en cours entre six états ont donné des résultats dans le domaine de la collaboration et de la coopération dans divers secteurs : citons, par exemple, le soutien matériel offert aux deux gouvernements et, concernant la société civile, les échanges dans les domaines de la culture, du sport, de la religion et de l’art ainsi que de l’éducation et de l’économie. 3. Surmonter les conflits et la division faisant obstacle à l’unité et à l’unification Malgré les nombreux efforts réalisés pour parvenir à la paix et à la réconciliation en Corée, les désaccords, la division et les affrontements restent difficiles à éradiquer. Pour parvenir à une réunification pacifique, le Nord et le Sud doivent affronter des sujets communs : l’antagonisme entre libéralisme et socialisme, le fossé divisant riches et pauvres et la répression de la foi et de la religion. Le mur séparant les populations du Nord et du Sud semble difficile à abattre. Mais des deux côtés, on espère et on désire la réunification comme en témoigne le chant célèbre au Nord comme au Sud de la Corée exprimant cet espoir (Uri Ui Sowon Eun Tongil). Malgré les différences et en dépit des conflits, tous les coréens espèrent en une réunification pacifique et en une réconciliation de la péninsule coréenne. En tant que chrétiens, nous attendons que vienne le jour où Dieu réunira les parties divisées ; alors nous louerons et rendrons grâce à Dieu pour son acte de réconciliation et de création nouvelle. 4. La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2009 dans le contexte du mouvement œcuménique coréen La communauté catholique fut fondée en Corée en 1784 par le premier catholique baptisé, LEE Sung-Hun, qui répandit la doctrine catholique parmi ses compatriotes. Le protestantisme fut introduit en Corée dans les années 1880. En 1919, avec leurs proches d’autres religions, entre autres des responsables du Bouddhisme, du Taoïsme Chon et d’autres traditions religieuses, les chrétiens coréens organisèrent la résistance contre la puissance japonaise pour maintenir l’indépendance de la Corée. La naissance du mouvement œcuménique en Corée remonte aux recommandations et à l’esprit du Concile Vatican II (1962-1965) et en particulier au Décret sur l’œcuménisme qui soulignait l’importance des efforts de tous les chrétiens en vue de l’unité chrétienne. Les Eglises engagées dans le dialogue interconfessionnel en Corée sont la Métropolie orthodoxe de Corée, la Conférence des évêques catholiques de Corée, le Conseil national des Eglises de Corée (et ses Eglises membres : l’Eglise presbytérienne en Corée, l’Eglise méthodiste coréenne, l’Eglise presbytérienne en République de Corée, l’Armée du salut sur le Territoire coréen, l’Eglise anglicane de Corée, l’Eglise évangélique de Corée, les Assemblées de Dieu du Plein Evangile en Corée), enfin l’Eglise luthérienne en Corée. Les Eglises membres du Conseil national des Eglises de Corée, qui représente donc le protestantisme et l’Eglise catholique en Corée, organisent en alternance depuis le début des années 1970 une célébration commune pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Cette prière commune offre aux chrétiens un espace pour prier et contribuer ensemble au mouvement œcuménique en Corée. En 1977, des biblistes des Eglises protestantes et catholique ont terminé une traduction commune de la Bible si bien que, pour la première fois, toutes les Eglises de Corée ont pu utiliser la même version de la Bible en coréen. L’activité du mouvement œcuménique coréen repose aujourd’hui sur des programmes conjoints proposés à des groupes de personnes tels que le personnel au service des diverses confessions, les théologiens, les étudiants des séminaires et les modérateurs de différentes confessions. Depuis 2000, un groupe d’étude formé de théologiens organise régulièrement un Forum œcuménique au cours duquel sont abordés divers sujets théologiques afin d’encourager la compréhension mutuelle entre les Eglises protestantes et l’Eglise catholique. Par ailleurs, un groupe né de l’initiative de séminaristes propose diverses activités telles que des visites de séminaires et l’organisation de compétitions sportives afin d’encourager l’amitié entre les membres des différentes Eglises. Les Modérateurs de diverses confessions se rencontrent et prennent le repas ensemble régulièrement, ce qui est pour eux l’occasion de mieux se connaître, de s’apprécier et d’échanger leurs points de vue. Un séminaire sur l’unité des chrétiens en Asie s’est tenu du 24 au 28 juillet 2006 à la Aaron’s House ; il a constitué un événement mémorable dans l’histoire du mouvement œcuménique coréen. Cette initiative a eu pour principal intervenant le Cardinal Walter Kasper, Président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, et a rassemblé des responsables œcuméniques de divers pays asiatiques venus pour débattre et échanger leurs idées et points de vue sur l’unité chrétienne. Le 23 juillet 2006, lors de la XIX e Conférence méthodiste mondiale qui s’est déroulée à Séoul, en Corée, l’Eglise méthodiste a « adhéré » à la Déclaration commune sur la doctrine de la justification signée en 1999 par l’Eglise catholique et la Fédération luthérienne mondiale. C’est donc en Asie qu’a eu lieu cet important événement international pour l’unité des chrétiens. Forts de l’expérience et de la confiance mutuelle acquises dans le cadre de leurs programmes communs d’activités, des responsables des Eglises protestantes et catholique en Corée ont organisé un pèlerinage œcuménique qui s’est tenu du 8 au 16 décembre 2006. Le groupe a rendu visite au Pape Benoît XVI au Vatican, au Secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises à Genève en Suisse, et à Sa Sainteté le Patriarche œcuménique à Istanbul, en Turquie. A Rome, ils ont également été reçus par le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et à Genève par l’équipe de la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Eglises. C’est au cours de ces visites que le groupe a suggéré de confier la réalisation du projet de textes pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2009 aux chrétiens de Corée. Les deux organismes œcuméniques ont accueilli positivement cette proposition et acquiescé à l’idée des Eglises de Corée de préparer un projet de textes. Le 23 janvier 2007, les Eglises de Corée ont organisé des services de prière pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens dans l’église anglicane Chongju ainsi qu’une rencontre à laquelle étaient conviés des théologiens protestants et catholiques. En cette occasion, deux membres protestants et trois catholiques ont été nommés pour constituer le groupe préparatoire chargé d’élaborer ensemble les textes destinés à la célébration de la Semaine pour l’unité 2009. Ce comité s’est réuni pour la première fois le 8 février 2007 et a choisi comme thème le passage d’Ezéchiel 37, 15-23 où se trouve la prophétie du royaume réunifié d’Israël. Pour les Eglises en Corée, ce passage d’Ezéchiel est particulièrement évocateur de la situation vécue dans la péninsule coréenne qui demeure le seul pays divisé au monde. Il a été décidé que chaque confession serait chargée de la rédaction d’une méditation biblique et d’une prière pour l’un des « huit jours ». Ainsi a débuté la tâche qui a finalement conduit à la rédaction finale des textes distribués dans le monde entier pour la Semaine de prière 2009. Conclusion La situation actuelle de la Corée – où les coréens d’une partie de la péninsule sont dans l’impossibilité de communiquer avec leurs parents, enfants, frères et sœurs, famille et amis vivant dans l’autre partie – reste inacceptable et doit absolument s’achever. Le système politique nord-coréen qui interdit à ses habitants d’appartenir à la tradition religieuse de leur choix est un régime autoritaire limitant la liberté de conscience. Certes de tels antagonismes, conflits, violences et guerres qui naissent d’hostilités religieuse, raciale et ethnique n’existent pas uniquement dans la Péninsule coréenne mais sévissent aujourd’hui dans de nombreuses régions du monde. C’est pourquoi la situation de division et les souffrances que vivent les coréens interpellent très certainement les chrétiens et les sociétés du monde entier. Les chrétiens de Corée (catholiques, protestants et orthodoxes) œuvrent ensemble pour le bien commun – pour apporter une paix authentique dans la Péninsule coréenne – avec leurs frères des autres religions (Bouddhisme, Confucianisme et autres religions traditionnelles y compris le Bouddhisme Won et le Taoïsme Chon - Chon Do Gyo). Pendant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2009, les chrétiens sont invités à prier pour la promotion de l’unité et pour la construction de la paix, qui sont d’importantes responsabilités dans lesquelles les chrétiens du monde entier doivent s’engager. L’espérance sur laquelle se fonde cette prière est que tous les habitants de la terre deviennent le peuple de Dieu ; que Dieu soit leur Dieu ; et que soit donnée à l’humanité la grâce de connaître la joie et la prospérité une fois les affrontements, les conflits et les divisions surmontés et l’unité accomplie. Les chrétiens doivent prier avec patience jusqu’à la venue « d’un ciel nouveau et d’une terre nouvelle » : « Ils seront mon peuple et je serai leur Dieu » (Ez 37, 23).
Semaine de prière pour l’unité des chrétiens Thèmes 1968 – 2008 C’est en 1968 que débuta officiellement la collaboration entre la Commission Foi et Constitution du COE et le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens pour la préparation de ces textes. 1968 Pour la louange de sa
gloire (Ep 1, 14) 1969 Appelés à la liberté» (Ga
5, 13) 1970 Nous sommes les
coopérateurs de Dieu (1 Co 3, 9) 1971 ... et la communion du
Saint-Esprit (2 Co 13, 13) 1972 Je vous donne un
commandement nouveau (Jn 13, 34) 1973 Seigneur, apprends-nous à
prier (Lc 11, 1) 1974 Que tous confessent :
Jésus Christ est Seigneur (Ph 2, 1-13) 1975 La volonté du Père : tout
réunir sous un seul Chef, le Christ (Ep 1, 3-10) 1976 Appelés à devenir ce que
nous sommes (1 Jn 3, 2) 1977 L'espérance ne déçoit
pas (Rm 5, 1-5) 1978 Vous n'êtes plus des
étrangers (Ep 2, 13-22) 1979 Soyez au service les uns des autres pour la
gloire de Dieu (1 P 4, 7.11) 1980 Que ton Règne vienne !
(Mt 6, 10) 1981 Un seul Esprit - des dons divers - Un seul
corps (1 Co 12, 3b-13) 1982 Que tous trouvent leur
demeure en toi, Seigneur (Ps 84) 1983 Jésus Christ - Vie du
monde (1 Jn 1, 1-4) 1984 Appelés à l'unité par la Croix de notre
Seigneur (1 Co 2, 2 et Col 1, 20) 1985 De la mort à la Vie avec
le Christ (Ep 2, 4.7) 1986 Vous serez mes témoins (Ac
1, 6.8) 1987 Unis dans le Christ, une
nouvelle création (2 Co 5, 17-6,4a) 1988 L'Amour de Dieu bannit la
crainte (1 Jn 4, 18) 1989 Bâtir la communauté : un
seul corps en Christ (Rm 12, 5-6a) 1990 Que tous soient un... afin
que le monde croie (Jn 17) 1991 Nations, louez toutes le
Seigneur (Ps 117 et Rm 15, 5-13) 1992 Je suis avec vous... allez
donc (Mt 28, 16-20) 1993 Porter le fruit de
l'Esprit pour l'unité des chrétiens (Ga 5, 22-23) 1994 La maison de Dieu : appelés à n'avoir ‘qu'un cœur et qu’une
âme’ (Ac 4, 32) 1995 Koinônia :
communion en Dieu et entre nous (Jn 15, 1-7) 1996 Voici, je me tiens à la
porte et je frappe (Ap 3, 14-22) 1997 Au nom du Christ...
laissez-vous réconcilier avec Dieu (2 Co 5, 20) 1998 L’Esprit aussi vient en
aide à notre faiblesse (Rm 8, 14-27) 1999 Ils seront ses peuples et
lui sera le Dieu qui est avec eux (Ap 21, 3) 2000 Béni soit Dieu... qui
nous a bénis en Christ (Ep 1, 3-14) 2001 Je suis le chemin et la
vérité et la vie (Jn 14, 1-6) 2002 Car chez toi est la
fontaine de la vie (Ps 36 [35], 10) 2003 Ce trésor, nous le
portons dans des vases d’argile (2 Co 4, 7) 2004 Je vous donne ma paix (Jn
14, 27) 2005 Le Christ, unique
fondement de l’Eglise (1 Co 3, 1-23) 2006 Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon
nom, je suis au milieu d’eux (Mt 18, 20) 2007 Il fait entendre les sourds et parler les
muets (Mc 7, 37) 2008 Priez sans cesse (1 Th 5,17) 2009 Ils seront unis dans ta main (Ez 37, 17) That
they may become one in your hand (Ez 37:17)
Quelques dates importantes dans l’histoire environ 1740 En Ecosse, naissance d'un mouvement pentecôtiste avec des liens en Amérique du Nord, dont le message pour le renouveau de la foi appelle à prier pour toutes les églises et avec elles. 1820 Le Révérend James Haldane Stewart publie : « Conseils pour l'union générale des chrétiens, en vue d'une effusion de l'Esprit » (Hints for the outpouring of the Spirit). 1840 Le Révérend Ignatius Spencer, un converti au catholicisme romain, suggère une « Union de prière pour l'unité ». 1867 La première assemblée des évêques anglicans à Lambeth insiste sur la prière pour l'unité, dans l'introduction à ses résolutions. 1894 Le Pape Léon XIII encourage la pratique de l'Octave de la Prière pour l'unité dans le contexte de la Pentecôte. 1908 Célébration de « L'Octave pour l'unité de l’Eglise » à l'initiative du Révérend Père Paul Wattson. 1926 Le Mouvement « Foi et Constitution » commence la publication de « Suggestions pour une Octave de prière pour l'unité des chrétiens ». 1935 En France, l'abbé Paul Couturier se fait l'avocat de la « Semaine universelle de prière pour l'unité des chrétiens sur la base d'une prière conçue pour l'unité que veut le Christ, par les moyens qu'Il veut ». 1958 Le Centre « Unité chrétienne » de Lyon (France) commence à préparer le thème pour la Semaine de prière en collaboration avec la Commission « Foi et Constitution » du Conseil œcuménique des églises. 1964 A Jérusalem, le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras Ier récitent ensemble la prière du Christ « que tous soient un » (Jn 17). 1965 Le Décret sur l’œcuménisme du Deuxième Concile du Vatican souligne que la prière est l'âme du mouvement œcuménique, et encourage la pratique de la Semaine de Prière. 1966 La Commission « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens) de l'Eglise catholique décident de préparer ensemble le texte pour la Semaine de Prière de chaque année. 1968 Pour la première fois, la Semaine de prière est célébrée sur la base des textes élaborés en collaboration par « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens). 1975 Première célébration de la Semaine de prière à partir de textes préparés sur la base d’un projet proposé par un groupe œcuménique local. Ce nouveau mode d’élaboration des textes est inauguré par un groupe œcuménique d’Australie. 1988 Les textes de la Semaine de prière sont utilisés pour la célébration inaugurale de la Fédération chrétienne de Malaysie rassemblant les principaux groupes chrétiens de ce pays. 1994 Textes pour 1996 préparés en collaboration avec l’YMCA et l’YWCA. 2004 Accord entre Foi et Constitution (Conseil œcuménique des églises) et le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (église catholique) pour que le livret de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens soit officiellement conjointement publié et présenté sous un même format.
2008 Célébration du centenaire de la Semaine de prière pour l’unité des
chrétiens (l’Octave pour l’unité de l’Eglise, son prédécesseur, fut célébrée
pour la première fois en 1908).
[1] Matériel : gong, bible, une dizaine ou plus de bâtons de bois et de quoi les lier ensemble pour le geste symbolique. [2] Ce texte est publié sous l’entière responsabilité du groupe œcuménique de Corée spécialement constitué pour la rédaction du projet de textes pour la Semaine de prière pour l’unité 2009.
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