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PONTIFICIUM CONSILIUM AD CHRISTIANORUM UNITATEM FOVENDAM

DIRECTOIRE POUR L'APPLICATION DES PRINCIPES 
ET DES NORMES SUR L'OECUMÉNISME

PRÉFACE

1. La recherche de l'unité des chrétiens a été l'un des principaux objectifs du Deuxième Concile du Vatican. Le Directoire œcuménique, demandé pendant le Concile et publié en deux parties, l'une en 1967 et l'autre en 1970,(1) « a rendu de précieux services pour orienter, coordonner et développer l'effort œcuménique ».(2)

Raisons de cette révision

2. Outre la publication du Directoire, de nombreux autres documents ayant trait à l'œcuménisme ont été publiés par les autorités compétentes.(3)

La promulgation du nouveau Code de Droit Canonique pour l'Eglise latine (1983) et celle du Code des Canons des Eglises Orientales (1990), ont créé en matière œcuménique une situation disciplinaire en partie nouvelle pour les fidèles de l'Eglise catholique.

De même la publication du Catéchisme de l'Eglise catholique (1992) a assumé la dimension œcuménique dans l'enseignement de base de tous les fidèles de l'Eglise.

3. De plus, à partir du Concile se sont intensifiés des rapports fraternels avec les Eglises et Communautés ecclésiales qui ne sont pas en pleine communion avec l'Eglise catholique; des dialogues théologiques ont été instaurés et multipliés. Dans son discours à l'occasion d'une assemblée plénière du Secrétariat (1988) qui s'occupait de la révision du Directoire, le Saint-Père fit remarquer que « l'ampleur du mouvement œcuménique, la multiplication des documents de dialogue, l'urgence ressentie d'une plus grande participation de tout le Peuple de Dieu à ce mouvement, et par conséquent la nécessité d'une information doctrinale exacte en vue d'un engagement juste, tout cela demande que l'on donne, sans tarder, des orientations mises à jour ».(4) C'est dans cet esprit et à la lumière de ces développements que la révision de ce Directoire a été faite.

Destinataires du Directoire

4. Le Directoire s'adresse aux Pasteurs de l'Eglise catholique, mais il concerne aussi tous les fidèles appelés à prier et à travailler pour l'unité des chrétiens sous la direction de leurs Evêques. Ceux-ci, individuellement pour leur propre diocèse et collégialement pour toute l'Eglise, sont responsables sous l'autorité du Saint-Siège de l'orientation et de la pratique concernant l'œcuménisme.(5)

5. Mais il est souhaité, en outre, que le Directoire soit utile aux membres des Eglises et des Communautés ecclésiales qui ne sont pas en pleine communion avec l'Eglise catholique. Avec les catholiques, ils partagent le souci de la qualité de l'engagement œcuménique. Il leur sera avantageux de savoir la direction dans laquelle ceux qui, dans l'Eglise catholique, guident le mouvement œcuménique, désirent mener l'action œcuménique, et les critères qui sont officiellement approuvés dans l'Eglise. Cela leur permettra d'évaluer les initiatives prises, à tous les niveaux, par les catholiques pour y répondre adéquatement et de mieux comprendre les réponses des catholiques à leurs propres initiatives. Il est à noter que le Directoire n'entend pas traiter des rapports de l'Eglise catholique avec les sectes ou avec les nouveaux mouvements religieux.(6)

But du Directoire

6. La nouvelle édition du Directoire est destinée à être un instrument mis au service de toute l'Eglise et spécialement de ceux qui sont directement engagés dans une activité œcuménique dans l'Eglise catholique. Le Directoire entend la motiver, l'éclairer, la guider et, en certains cas particuliers, donner aussi des directives obligatoires selon la compétence propre au Conseil Pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens.(7) A la lumière de l'expérience de l'Eglise depuis le Concile et en tenant compte de la situation œcuménique actuelle, le Directoire rassemble toutes les normes déjà fixées pour appliquer et développer les décisions du Concile et, au besoin, les adapte à la réalité actuelle. Il renforce les structures qui ont été mises en place pour soutenir et guider l'activité œcuménique à chaque niveau de l'Eglise. En respectant pleinement la compétence des autorités à ces divers niveaux, le Directoire donne des orientations et des normes d'application universelles, pour guider la participation catholique à l'action œcuménique. Leur application donnera consistance et cohérence aux façons variées de pratiquer l'œcuménisme par lesquelles des Eglises particulières (8) et des groupes d'Eglises particulières répondent aux différentes situations locales. Il garantira que l'activité œcuménique dans l'Eglise catholique est conforme à l'unité de foi et de discipline qui unit les catholiques entre eux. A notre époque, il existe, ici ou là, une certaine tendance à la confusion doctrinale. Aussi est-il très important d'éviter, dans le domaine de l'œcuménisme comme dans d'autres, des abus qui pourraient y contribuer ou entraîner l'indifférentisme doctrinal. La non observation des directives de l'Eglise sur ce sujet crée un obstacle au progrès de la recherche authentique de la pleine unité entre chrétiens. Il appartient à l'Ordinaire du lieu, aux Conférences épiscopales ou aux Synodes des Eglises orientales catholiques de faire en sorte que les principes et les normes contenus dans le Directoire œcuménique soient appliqués avec fidélité et de veiller avec un souci pastoral à ce que soient évitées toutes les déviations possibles.

Plan du Directoire

7. Le Directoire commence par un développement sur l'engagement œcuménique de l'Eglise catholique (chapitre I). Suit un exposé des moyens pris par l'Eglise catholique pour mettre en pratique cet engagement. Elle le fait par l'organisation (chapitre II) et la formation de ses membres (chapitre III). C'est à eux, ainsi organisés et formés, que s'adressent les dispositions des chapitres IV et V sur l'activité œcuménique.

I. La recherche de l'unité des chrétiens

L'engagement œcuménique de l'Eglise catholique fondé sur les principes doctrinaux énoncés par le deuxième Concile du Vatican.

II. L'organisation dans l'Eglise catholique du service de l'unité des chrétiens

Les personnes et les structures destinées à promouvoir l'œcuménisme à tous les niveaux, et les normes qui règlent leur activité.

III. La formation à l'œcuménisme dans l'Eglise catholique

Les catégories de personnes à former; but, cadre et méthodes de la formation en ses aspects doctrinaux et pratiques.

IV. La communion de vie et d'activité spirituelle entre les baptisés

La communion qui existe avec les autres chrétiens sur la base du lien sacramentel du baptême, et les normes pour le partage de la prière et d'autres activités spirituelles, y compris, dans des cas particuliers, des biens sacramentels.

V. La collaboration œcuménique, dialogue et témoignage commun

Les principes, les différentes formes et les normes de la coopération entre chrétiens en vue du dialogue et du témoignage commun dans le monde.

8. Ainsi, à une époque marquée par une sécularisation croissante, qui appelle les chrétiens à une action commune dans l'espérance du Royaume de Dieu, les normes qui règlent les relations entre catholiques et autres chrétiens et les différentes formes de collaboration qu'ils pratiquent sont établies de telle façon que la promotion de l'unité désirée par le Christ puisse être poursuivie d'une manière équilibrée et cohérente, dans la ligne et selon les principes établis par le deuxième Concile du Vatican.

I

LA RECHERCHE DE L'UNITÉ DES CHRÉTIENS

9. Le mouvement œcuménique veut être une réponse au don de la grâce de Dieu, appelant tous les chrétiens à la foi au mystère de l'Eglise, dans le dessein de Dieu qui désire mener l'humanité au salut et à l'unité dans le Christ par l'Esprit Saint. Ce mouvement les appelle à l'espérance que se réalise pleinement la prière de Jésus pour « qu'ils soient un ».(9) Il les appelle à cette charité qui est le commandement nouveau du Christ et le don par lequel l'Esprit Saint unit tous les fidèles. Le deuxième Concile du Vatican a clairement demandé aux catholiques d'étendre leur amour à tous les chrétiens avec une charité qui désire surmonter dans la vérité ce qui les divise et qui s'emploie activement à le faire; ils doivent agir avec espérance et dans la prière pour la promotion de l'unité des chrétiens, et leur foi dans le mystère de l'Eglise les stimule et les éclaire de telle façon que leur action œcuménique puisse être inspirée et guidée par une vraie compréhension de l'Eglise qui est « le sacrement, c'est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain ».(10)

10. L'enseignement de l'Eglise sur l'œcuménisme, tout autant que l'encouragement à espérer et l'invitation à aimer, trouvent une expression officielle dans les documents du deuxième Concile du Vatican et spécialement dans Lumen Gentium et Unitatis Redintegratio. Les documents postérieurs concernant l'activité œcuménique dans l'Eglise, y compris le Directoire œcuménique (1967 et 1970), sont basés sur les principes doctrinaux, spirituels et pastoraux énoncés dans les documents conciliaires. Ils ont approfondi quelques sujets suggérés dans les documents conciliaires, développé une terminologie théologique et fourni des normes d'action plus détaillées, toutes cependant basées sur l'enseignement du Concile lui-même. Tout cela fournit un ensemble d'enseignements dont les grandes lignes seront présentées dans ce chapitre. Ces enseignements constituent le fondement de ce Directoire.

L'Eglise et son unité dans le plan de Dieu

11. Le Concile situe le mystère de l'Eglise dans le mystère de la sagesse et de la bonté de Dieu qui attire toute la famille humaine et même la création tout entière à l'unité en lui-même.(11) A cette fin, Dieu a envoyé dans le monde son Fils unique qui, élevé sur la croix, puis entré dans la gloire, répandit l'Esprit Saint, par lequel il appelle et réunit dans l'unité de la foi, de l'espérance et de la charité, le peuple de la Nouvelle Alliance qui est l'Eglise. Pour établir en tout lieu cette Eglise sainte jusqu'à la consommation des siècles, le Christ confia au collège des Douze, auquel il a donné Pierre comme chef, l'office d'enseigner, de régir et de sanctifier. Jésus Christ, au moyen de la fidèle prédication de l'Evangile, par l'administration des sacrements et par le gouvernement dans l'amour, exercé par les Apôtres et par leurs successeurs, sous l'action du Saint-Esprit, veut que ce peuple s'accroisse et que sa communion soit rendue toujours plus parfaite.(12) Le Concile présente l'Eglise comme le nouveau Peuple de Dieu, unissant en lui, avec toutes les richesses de leur diversité, hommes et femmes de toutes les nations et de toutes les cultures, dotés des dons variés de la nature et de la grâce, mis au service les uns des autres et conscients d'être envoyés dans le monde pour son salut.(13) Ils acceptent dans la foi la Parole de Dieu, sont baptisés dans le Christ, confirmés dans l'Esprit de la Pentecôte, et célèbrent ensemble le sacrement de son corps et de son sang dans l'eucharistie:

« L'Esprit Saint qui habite dans les croyants, qui remplit et régit toute l'Eglise, réalise cette admirable communion des fidèles et les unit tous si intimement dans le Christ, qu'il est le principe de l'unité de l'Eglise. C'est lui qui réalise la diversité des grâces et des ministères, enrichissant de fonctions diverses l'Eglise de Jésus Christ, "organisant ainsi les saints pour l'œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ" ».(14)

12. Le Peuple de Dieu, en sa commune vie de foi et de sacrements, est servi par les ministres ordonnés: évêques, prêtres et diacres.(15) Ainsi uni par le triple lien de la foi, de la vie sacramentelle et du ministère hiérarchique, tout le Peuple de Dieu réalise ce que la tradition de foi depuis le Nouveau Testament (16) a toujours appelé la koinoniacommunion. C'est ce concept clé qui a inspiré l'ecclésiologie du deuxième Concile du Vatican (17) et auquel l'enseignement magistériel récent a donné une grande importance.

L'Eglise en tant que communion

13. La communion en laquelle les chrétiens croient et espèrent est, en sa réalité la plus profonde, leur unité avec le Père par le Christ et dans le Saint-Esprit. Depuis la Pentecôte, elle est donnée et reçue dans l'Eglise, communion des saints. Elle s'accomplit pleinement dans la gloire du ciel, mais elle se réalise déjà dans l'Eglise sur terre tandis qu'elle chemine vers cette plénitude. Ceux qui vivent unis dans la foi, l'espérance et la charité, dans le service mutuel, dans l'enseignement commun et les sacrements, sous la conduite de leurs Pasteurs,(18) ont part à la communion qui constitue l'Eglise de Dieu. Cette communion se réalise concrètement dans des Eglises particulières, dont chacune est rassemblée autour de son Evêque. En chacune d'elles « l'Eglise du Christ, une, sainte, catholique et apostolique est vraiment présente et agissante ».(19) Cette communion, de par sa nature même, est donc universelle.

14. La communion entre les Eglises se maintient et se manifeste de façon spéciale dans la communion entre leurs Evêques. Ensemble ils forment un collège qui succède au collège apostolique. Ce collège a à sa tête l'Evêque de Rome, comme successeur de Pierre.(20) Ainsi les Evêques garantissent que les Eglises dont ils sont les ministres continuent l'unique Eglise du Christ fondée sur la foi et le ministère des apôtres. Ils coordonnent les énergies spirituelles et les dons des fidèles et de leurs associations en vue de la construction de l'Eglise et du plein exercice de sa mission.

15. Chaque Eglise particulière, unie en elle-même et dans la communion de l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique, est envoyée au nom du Christ et par la puissance de l'Esprit pour porter l'Evangile du Royaume à de plus en plus de personnes, leur offrant cette communion avec Dieu. En l'acceptant, ces personnes entrent aussi en communion avec tous ceux qui l'ont déjà reçue et sont constituées, avec eux, en une authentique famille de Dieu. Par son unité, cette famille témoigne de cette communion avec Dieu. C'est dans cette mission de l'Église que se réalise la prière de Jésus, car il a prié « pour que tous soient un, Père, qu'ils soient un en nous, comme tu es en moi et que je suis en toi, afin que le monde croie que tu m'as envoyé ».(21)

16. La communion à l'intérieur des Eglises particulières et entre elles est un don de Dieu. Il faut la recevoir avec joie et reconnaissance et la cultiver avec soin. Elle est entretenue de façon spéciale par ceux qui sont appelés à exercer dans l'Eglise le ministère de pasteur. L'unité de l'Eglise se réalise au milieu d'une riche diversité. La diversité dans l'Eglise est une dimension de sa catholicité. Toutefois la richesse même de cette diversité peut engendrer des tensions dans la communion. Mais, en dépit de ces tensions, l'Esprit continue à opérer dans l'Eglise en appelant les chrétiens, dans leur diversité, à une unité toujours plus profonde.

17. Les catholiques gardent la ferme conviction que l'unique Eglise du Christ subsiste en l'Eglise catholique qui est « gouvernée par le successeur de Pierre et par les Evêques qui sont en communion avec lui ».(22) Ils confessent que la totalité de la vérité révélée, des sacrements et du ministère, que le Christ a donnée pour la construction de son Eglise et pour l'accomplissement de sa mission, se trouve dans la communion catholique de l'Eglise. Certes, les catholiques savent qu'ils n'ont pas personnellement vécu ni ne vivent pleinement des moyens de grâce dont l'Eglise est dotée. Malgré tout, ils ne perdent jamais confiance en l'Eglise. Leur foi les assure qu'elle demeure « la digne épouse du Seigneur » et « se renouvelle sans cesse elle-même sous l'action de l'Esprit Saint, jusqu'à ce que, par la croix, elle parvienne à la lumière qui n'a pas de déclin ».(23) Quand donc les catholiques utilisent les mots « Eglises », « autres Eglises », « autres Eglises et Communautés ecclésiales », etc., pour désigner ceux qui ne sont pas en pleine communion avec l'Eglise catholique, on doit toujours tenir compte de cette ferme conviction et confession de foi.

Les divisions entre chrétiens et le rétablissement de l'unité

18. La déraison et le péché humains, cependant, ont de temps à autre fait opposition à la volonté unifiante de l'Esprit Saint et affaibli cette puissance de l'amour qui surmonte les tensions inhérentes à la vie ecclésiale. Dès le début de l'Eglise des scissions se sont produites. Par la suite, des dissensions plus graves apparurent et des Eglises en Orient ne se trouvèrent plus en pleine communion avec le Siège de Rome ni avec l'Eglise d'Occident.(24) Plus tard, en Occident, des divisions plus profondes firent naître d'autres Communautés ecclésiales. Ces ruptures portaient sur des questions doctrinales ou disciplinaires et même sur la nature de l'Eglise.(25) Le Décret du deuxième Concile du Vatican sur l'œcuménisme reconnaît que des dissensions sont survenues « parfois par la faute de personnes de l'une et de l'autre partie ».(26) Toutefois, si gravement que la culpabilité humaine ait pu nuire à la communion, celle-ci ne fut jamais anéantie. En effet, la plénitude de l'unité de l'Eglise du Christ s'est maintenue dans l'Eglise catholique, tandis que d'autres Eglises et Communautés ecclésiales, tout en n'étant pas en pleine communion avec l'Eglise catholique, conservent en réalité une certaine communion avec elle. Le Concile affirme ceci: « Nous croyons qu'elle [cette unité] subsiste de façon inamissible dans l'Eglise catholique et nous espérons qu'elle s'accroîtra de jour en jour jusqu'à la consommation des siècles ».(27) Des textes conciliaires indiquent les éléments qui sont partagés par l'Eglise catholique et les Eglises orientales (28) d'une part, et par l'Eglise catholique et les autres Églises et Communautés ecclésiales d'autre part.(29) « L'Esprit du Christ ne refuse pas de se servir d'elles comme de moyens de salut ».(30)

19. Aucun chrétien ou chrétienne, cependant, ne peut se satisfaire de ces formes imparfaites de communion. Elles ne correspondent pas à la volonté du Christ et affaiblissent son Eglise dans l'exercice de sa mission. La grâce de Dieu a poussé des membres de beaucoup d'Eglises et Communautés ecclésiales, tout spécialement en notre siècle, à s'efforcer de surmonter les divisions héritées du passé et de bâtir à nouveau une communion d'amour par la prière, par le repentir et par la demande réciproque de pardon pour les péchés de désunion du passé et du présent, par des rencontres pour des actions de coopération et de dialogue théologique. Tels sont les objectifs et les activités de ce que l'on en est venu à appeler le mouvement œcuménique.(31)

20. Au deuxième Concile du Vatican, l'Eglise catholique s'est solennellement engagée à œuvrer pour l'unité des chrétiens. Le Décret Unitatis Redintegratio spécifie que l'unité voulue par le Christ pour son Eglise se réalise « au moyen de la fidèle prédication de l'Evangile par les Apôtres et par leurs successeurs — les Evêques avec leur chef qui est le successeur de Pierre —, par l'administration des sacrements et par le gouvernement dans l'amour ». Le Décret définit cette unité comme consistant « dans la profession d'une seule foi [...], dans la célébration commune du culte divin [...], dans la concorde fraternelle de la famille de Dieu »; (32) cette unité qui, de par sa nature même, exige une pleine communion visible de tous les chrétiens est le but ultime du mouvement œcuménique. Le Concile affirme que cette unité ne requiert nullement le sacrifice de la riche diversité de spiritualité, de discipline, de rites liturgiques et d'élaboration de la vérité révélée qui se sont développés parmi les chrétiens,(33) dans la mesure où cette diversité reste fidèle à la Tradition apostolique.

21. Depuis le deuxième Concile du Vatican, l'activité œcuménique a été inspirée et guidée, dans toute l'Eglise catholique, par divers documents et initiatives du Saint-Siège et, dans les Eglises particulières, par des documents et initiatives des Evêques, des Synodes des Eglises orientales catholiques et des Conférences épiscopales. Il faut aussi mentionner les progrès réalisés en des formes variées de dialogue œcuménique et en diverses sortes de collaboration œcuménique. Selon l'expression même du Synode des Evêques de 1985, l'œcuménisme « s'est profondément et irrévocablement gravé dans la conscience de l'Eglise ».(34)

L'œcuménisme dans la vie des chrétiens

22. Le mouvement œcuménique est une grâce de Dieu, donnée par le Père en réponse à la prière de Jésus (35) et aux supplications de l'Eglise inspirée par le Saint-Esprit.(36) Tout en étant mené dans le cadre de la mission générale de l'Eglise, qui est d'unir l'humanité dans le Christ, son domaine spécifique est le rétablissement de l'unité entre les chrétiens.(37) Ceux qui sont baptisés au nom du Christ sont, par ce fait même, appelés à s'engager dans la recherche de l'unité.(38) La communion dans le baptême est ordonnée à la pleine communion ecclésiale. Vivre son baptême, c'est être entraîné dans la mission du Christ qui est de tout rassembler dans l'unité.

23. Les catholiques sont invités à répondre, selon les indications de leurs pasteurs, avec solidarité et gratitude aux efforts qui sont faits, en beaucoup d'Eglises et Communautés ecclésiales et dans les organisations variées auxquelles ils coopèrent, pour rétablir l'unité des chrétiens. Là où ne se fait aucun travail œcuménique, du moins pratiquement, les catholiques chercheront à le promouvoir. Là où ce travail rencontre des oppositions ou des empêchements en raison d'attitudes sectaires ou d'activités qui mènent à des divisions encore plus grandes parmi ceux qui confessent le nom du Christ, que les catholiques soient patients et persévérants. Les Ordinaires du lieu,(39) les Synodes des Eglises orientales catholiques (40) et les Conférences épiscopales trouveront parfois nécessaire de prendre des mesures spéciales pour surmonter le danger d'indifférentisme ou de prosélytisme.(41) Ceci pourrait concerner particulièrement les jeunes Eglises. Dans tous leurs rapports avec des membres d'autres Eglises et Communautés ecclésiales, les catholiques agiront avec honnêteté, prudence et connaissance des choses. Cette disposition à procéder graduellement et avec précaution, sans éluder les difficultés, est aussi une garantie pour ne pas succomber à la tentation de l'in- différentisme ou du prosélytisme, qui serait la ruine du véritable esprit œcuménique.

24. Quelle que soit la situation locale, pour être capables d'assumer leurs responsabilités œcuméniques, les catholiques ont à agir ensemble et en accord avec leurs Evêques. Ils devraient avant tout bien connaître ce qu'est l'Eglise catholique et êtres capables de rendre compte de son enseignement, de sa discipline et de ses principes d'œcuménisme. Mieux ils connaissent tout cela et mieux ils peuvent l'exposer dans des discussions avec les autres chrétiens et en rendre raison convenablement. Ils devraient aussi avoir une connaissance correcte des autres Eglises et Communautés ecclésiales avec lesquelles ils sont en rapport. Il faut prendre soigneusement en considération les diverses conditions préalables à l'engagement œcuménique qui sont exposées dans le Décret du deuxième Concile du Vatican sur l'œcuménisme.(42)

25. L'œcuménisme, avec toutes ses exigences humaines et morales, est tellement enraciné dans l'action mystérieuse de la Providence du Père, par le Fils et dans l'Esprit, qu'il touche aux profondeurs de la spiritualité chrétienne. Il requiert cette « conversion du cœur et cette sainteté de vie, unies aux prières publiques et privées pour l'unité des chrétiens » que le Décret du deuxième Concile du Vatican sur l'œcuménisme appelle « l'œcuménisme spirituel » et qu'il considère comme « l'âme de tout œcuménisme ».(43) Ceux qui s'identifient profondément au Christ doivent se conformer à sa prière, notamment à sa prière pour l'unité; ceux qui vivent en l'Esprit doivent se laisser transformer par l'amour qui, pour la cause de l'unité, « supporte tout, croit tout, espère tout, endure tout »; (44) ceux qui vivent en esprit de repentir seront particulièrement sensibles au péché des divisions et prieront pour le pardon et la conversion. Ceux qui recherchent la sainteté seront capables de reconnaître ses fruits aussi en dehors des limites visibles de leur Eglise.(45) Ils seront amenés à connaître vraiment Dieu comme celui qui seul est capable de les rassembler tous dans l'unité, parce qu'il est le Père de tous.

Les différents niveaux de l'action œcuménique

26. Les possibilités et les exigences de l'action œcuménique ne se présentent pas de la même façon dans une paroisse, dans un diocèse, au niveau d'une organisation régionale ou nationale des diocèses, à celui de l'Eglise universelle. L'œcuménisme requiert un engagement du Peuple de Dieu dans les structures ecclésiastiques et selon la discipline propre à chacun de ces niveaux.

27. Dans le diocèse, rassemblé autour de son Evêque, dans les paroisses et les divers groupes et communautés, l'unité des chrétiens se construit et se manifeste jour après jour: (46) des hommes et des femmes écoutent dans la foi la Parole de Dieu, ils prient, célèbrent les sacrements, se mettent au service les uns des autres et révèlent l'Evangile du salut à ceux qui ne croient pas encore.

Toutefois, lorsque des membres d'une même famille appartiennent à des Eglises et des Communautés ecclésiales différentes, lorsque des chrétiens ne peuvent recevoir la communion avec leur conjoint ou leurs enfants, ou leurs amis, la souffrance de la division se fait sentir vivement et devrait donner une impulsion plus grande à la prière et à l'activité œcuménique.

28. Le fait de rassembler, à l'intérieur de la communion catholique, les Eglises particulières dans des institutions correspondantes, telles que les Synodes des Eglises orientales et les Conférences épiscopales, manifeste la communion qui existe entre ces Eglises. Ces assemblées peuvent faciliter beaucoup le développement de relations œcuméniques efficaces avec les Eglises et Communautés ecclésiales d'une même région qui ne sont pas en pleine communion avec nous. Outre leur tradition culturelle et civique, ils partagent un héritage ecclésial commun, datant du temps d'avant les divisions. Etant plus capables qu'une Eglise particulière de traiter de façon représentative les éléments régionaux et nationaux de l'activité œcuménique, les Synodes des Eglises orientales catholiques et les Conférences épiscopales peuvent créer des organisations destinées à constituer et à coordonner les ressources et les efforts de leur territoire d'une façon qui soutienne les activités des Eglises particulières, et leur permette de suivre, en leurs activités œcuméniques, un cheminement catholique homogène.

29. Il appartient au Collège des Evêques et au Siège Apostolique de juger en dernière instance de la façon dont il doit être répondu aux exigences de la pleine communion.(47) A ce niveau, on rassemble et on évalue l'expérience œcuménique de toutes les Eglises particulières; on réunit les ressources nécessaires au service de la communion au niveau universel et entre toutes les Eglises particulières qui appartiennent à cette communion et travaillent pour elle; on donne les directives servant à orienter et à canaliser les activités œcuméniques de partout dans l'Eglise. C'est souvent à ce niveau de l'Eglise que les autres Eglises et Communautés ecclésiales s'adressent lorsqu'elles désirent être en rapport œcuménique avec l'Eglise catholique. Et c'est à ce niveau que peuvent être prises les décisions finales concernant le rétablissement de la communion.

Complexité et diversité de la situation œcuménique

30. Le mouvement œcuménique veut être obéissant à la Parole de Dieu, aux inspirations de l'Esprit Saint et à l'autorité de ceux dont le ministère est d'assurer que l'Eglise demeure fidèle à cette Tradition apostolique en laquelle la Parole de Dieu et les dons de l'Esprit sont reçus. Ce qui est recherché, c'est la communion, qui est le cœur du mystère de l'Eglise, et c'est pourquoi le ministère apostolique des Evêques est particulièrement nécessaire dans le domaine de l'activité œcuménique. Les situations dont l'œcuménisme s'occupe sont très souvent sans précédent, elles varient de lieu en lieu et d'époque en époque. Aussi les initiatives des fidèles dans le domaine de l'œcuménisme sont à encourager. Mais un discernement attentif et constant est nécessaire et il incombe à ceux qui ont l'ultime responsabilité de la doctrine et de la discipline de l'Eglise.(48) Il appartient à ceux-ci d'encourager des initiatives responsables et de s'assurer qu'elles sont effectuées selon les principes catholiques de l'œcuménisme. Ils doivent redonner de l'assurance à ceux que découragent les difficultés et modérer l'imprudente générosité de ceux qui n'accordent pas une considération suffisante aux réelles difficultés qui jalonnent la voie de la réunion. Le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, dont le rôle et la responsabilité sont de fournir directives et conseils pour l'activité œcuménique, offre le même service à l'Eglise tout entière.

31. La nature de l'action œcuménique entreprise dans une région particulière sera toujours influencée par le caractère particulier de la situation œcuménique locale. Le choix de l'engagement œcuménique approprié revient de façon spéciale à l'Evêque qui doit tenir compte des responsabilités spécifiques et des appels caractéristiques de son diocèse. Il n'est pas possible de passer en revue la variété des situations, mais on peut faire quelques observations assez générales.

32. La tâche œcuménique se présentera différemment dans un pays à prédominance catholique et dans un pays où un grand nombre ou une majorité sont des chrétiens orientaux, des anglicans ou des protestants. La tâche sera encore différente dans des pays où il y a une majorité de non-chrétiens. La participation de l'Eglise catholique au mouvement œcuménique dans des pays où elle est la grande majorité est cruciale pour que l'œcuménisme soit un mouvement qui engage l'Eglise entière.

33. De même, la tâche œcuménique variera beaucoup suivant que nos interlocuteurs chrétiens appartiendront pour la plupart à une ou à plusieurs Eglises orientales plutôt qu'à des Communautés de la Réforme. Chacune a sa dynamique propre et ses possibilités particulières. Bien d'autres facteurs, politiques, sociaux, culturels, géographiques et ethniques, peuvent donner une forme distincte à la tâche œcuménique.

34. C'est le contexte local particulier qui fournira toujours les différentes caractéristiques de la tâche œcuménique. Ce qui importe, c'est que, dans ce commun effort, les catholiques, partout dans le monde, se soutiennent les uns les autres par la prière et l'encouragement mutuel de façon que la recherche de l'unité des chrétiens puisse être poursuivie, en ses multiples facettes, dans l'obéissance au commandement de Notre Seigneur.

Les sectes et les nouveaux mouvements religieux

35. Le panorama religieux de notre monde a considérablement évolué ces dernières décennies et en quelques parties du monde le changement le plus notable a été le développement de sectes et de nouveaux mouvements religieux dont l'aspiration à des relations pacifiques avec l'Eglise catholique peut parfois être faible ou inexistante. En 1986, quatre dicastères de la Curie romaine ont publié conjointement un rapport (49) qui attire l'attention sur la distinction capitale à faire entre les sectes et les nouveaux mouvements religieux d'une part et les Eglises et Communautés ecclésiales d'autre part. Dans ce domaine, des études ultérieures sont en cours.

36. En ce qui concerne les sectes et les nouveaux mouvements religieux, la situation est très complexe et se présente différemment selon le contexte culturel. En certains pays, les sectes se développent dans une ambiance culturelle foncièrement religieuse. En d'autres lieux, elles s'épanouissent dans des sociétés de plus en plus sécularisées, mais en même temps crédules et superstitieuses. Certaines sectes sont et se disent d'origine non-chrétienne; d'autres sont éclectiques; d'autre encore se déclarent chrétiennes, mais peuvent soit avoir rompu avec des Communautés chrétiennes, soit avoir encore des liens avec le christianisme. Il est clair qu'il appartient spécialement à l'Evêque, à la Conférence épiscopale ou au Synode des Eglises orientales catholiques de discerner comment répondre de la meilleure façon au défi porté par les sectes dans une région donnée. Mais il faut insister sur le fait que les principes du partage spirituel ou de la coopération pratique donnés en ce Directoire s'appliquent uniquement aux Eglises et aux Communautés ecclésiales avec lesquelles l'Eglise catholique a établi des relations œcuméniques. Il paraîtra clairement au lecteur de ce Directoire que le seul fondement pour un tel partage et une telle coopération est la reconnaissance de part et d'autre d'une certaine communion déjà existante, même si elle est imparfaite, alliée à l'ouverture et au respect mutuel que produit une telle reconnaissance.

II

L'ORGANISATION DANS L'EGLISE CATHOLIQUE DU SERVICE DE L'UNITÉ DES CHRÉTIENS

Introduction

37. Par ses eglises particulières, l'Eglise catholique est présente en beaucoup de localités et de régions en lesquelles elle côtoie d'autres Eglises et Communautés ecclésiales. Ces régions ont leurs caractéristiques propres d'ordre spirituel, ethnique, politique et culturel. En bien des cas, dans ces régions, se trouve l'autorité religieuse la plus élevée des autres Eglises et Communautés ecclésiales: ces régions correspondent souvent au territoire d'un Synode des Eglises orientales catholiques ou d'une Conférence épiscopale.

38. En conséquence, une Eglise catholique particulière, ou plusieurs Eglises particulières agissant étroitement ensemble, peuvent se trouver en position très favorable pour prendre contact à ce niveau avec d'autres Eglises ou Communautés ecclésiales. Elles peuvent établir avec elles des rapports œcuméniques fructueux profitant au mouvement œcuménique dans son ensemble.(50)

39. Le deuxième Concile du Vatican a spécialement confié la tâche œcuménique « aux Evêques de toute la terre pour qu'ils veillent à la promouvoir et qu'ils l'orientent avec discernement ».(51) Cette directive, qui a déjà été souvent mise en application par des Evêques individuellement, par des Synodes des Eglises orientales catholiques ou par des Conférences épiscopales, a été incorporée aux Codes de droit canonique. Pour l'Eglise latine le CIC, can. 755, affirme:

« § 1. Il appartient en premier lieu au Collège des Evêques tout entier et au Siège Apostolique d'encourager et de diriger chez les catholiques le mouvement œcuménique dont le but est de rétablir l'unité entre tous les chrétiens, unité que l'Eglise est tenue de promouvoir de par la volonté du Christ ».

« § 2. Il appartient de même aux Evêques et, selon le droit, aux Conférences des Evêques, de promouvoir cette même unité et de donner, selon les divers besoins ou les occasions favorables, des règles pratiques, en tenant compte des dispositions portées par l'autorité suprême de l'Eglise ».

Pour les Eglises orientales catholiques le CCEO, cann. 902-904, § 1 affirme:

Canon 902: « L'œcuménisme ou la promotion de l'unité des chrétiens concerne l'Eglise tout entière, tous les fidèles, surtout les pasteurs, doivent prier pour cette pleine unité de l'Eglise désirée par le Seigneur et y travailler avec sagesse en participant à l'œuvre œcuménique suscitée par la grâce de l'Esprit Saint ».

Canon 903: « Les Eglises orientales catholiques ont la charge spéciale de favoriser l'unité entre toutes les Eglises orientales, par la prière en premier lieu, par l'exemple de la vie, par une fidélité religieuse à l'égard des anciennes traditions des Eglises orientales, par une meilleure connaissance réciproque, par la collaboration et l'estime fraternelle des choses et des esprits ».

Canon 904, § 1: « Dans chaque Eglise de droit propre, les initiatives du mouvement œcuménique seront soigneusement promues par des dispositions spéciales du droit particulier, tandis que le Siège apostolique romain dirige le même mouvement pour l'Eglise tout entière ».

40. A la lumière de cette compétence particulière pour promouvoir et guider le travail œcuménique, il est de la responsabilité individuelle des Evêques diocésains, des Synodes des Eglises orientales catholiques, ou des Conférences épiscopales d'établir les normes selon lesquelles les personnes ou les commissions décrites ci-dessous mèneront les activités qui leur sont attribuées et veilleront à l'application de ces normes. De plus, il faudrait veiller à ce que ceux auxquels ces responsabilités œcuméniques seront confiées aient une connaissance adéquate des principes catholiques de l'œcuménisme et soient sérieusement préparés pour leur tâche.

Le délégué diocésain pour l'œcuménisme

41. Dans les diocèses, il faudrait que l'évêque nomme une personne compétente comme délégué diocésain pour les questions œcuméniques. Elle pourrait être chargée d'animer la commission œcuménique diocésaine et de coordonner ses activités comme cela est indiqué au n. 44 (ou bien de mener ces activités si une telle commission n'existait pas). En tant que proche collaboratrice de l'Evêque, et avec l'aide qui convient, cette personne encouragera différentes initiatives de prières pour l'unité des chrétiens dans le diocèse, veillera à ce que les attitudes œcuméniques influencent les activités du diocèse, identifiera les besoins particuliers du diocèse et en tiendra le diocèse informé. Ce délégué est aussi le responsable qui représente la Communauté catholique dans ses rapports avec les autres Eglises et Communautés ecclésiales et leurs dirigeants, dont il facilite les relations avec l'Evêque du lieu, le clergé et le laïcat à différents niveaux. Il sera, en matière œcuménique, le conseiller de l'Evêque et des autres instances du diocèse et facilitera le partage des expériences et initiatives œcuméniques entre les pasteurs et les organisations diocésaines. Il veillera à maintenir des contacts avec les délégués ou les commissions d'autres diocèses. Même là où les catholiques sont en majorité, ou bien dans les diocèses qui sont limités en personnel et en ressources, on recommande qu'un tel délégué (ou une telle déléguée) diocésain soit nommé pour accomplir les activités mentionnées ci-dessus, dans la mesure où cela est possible et où cela convient.

La Commission ou le Secrétariat œcuménique d'un diocèse

42. L'Evêque du diocèse instituera, en plus d'un délégué diocésain pour les questions œcuméniques, un conseil, une commission ou un secrétariat chargé de mettre en œuvre les directives ou les orientations qu'il peut avoir à donner et, de façon plus générale, de promouvoir l'activité œcuménique dans son diocèse.(52) Là où les circonstances le demandent, plusieurs diocèses peuvent se réunir pour constituer une telle commission ou un tel secrétariat.

43. La commission ou le secrétariat devrait représenter la totalité du diocèse et, de façon générale, comprendre des membres du clergé, des religieux, des religieuses et des laïcs, aux compétences variées, et spécialement des personnes ayant une compétence œcuménique particulière. Il est souhaitable que des représentants du conseil presbytéral, du conseil pastoral et des séminaires diocésains ou régionaux, comptent parmi les membres de la commission ou du secrétariat.

Cette commission devrait coopérer avec les institutions ou œuvres œcuméniques déjà existantes ou devant être constituées, utilisant leur concours lorsque l'occasion s'en présente. Elle devrait être prête à aider le délégué diocésain pour l'œcuménisme et à se mettre à la disposition d'autres œuvres diocésaines ou d'initiatives privées pour l'échange mutuel d'informations et d'idées. Il serait d'une importance particulière qu'existent des rapports avec les paroisses et les organisations paroissiales, avec les initiatives apostoliques des membres d'instituts de vie consacrée et de sociétés de vie apostolique, et avec des mouvements et des associations de laïcs.

44. En plus des fonctions qui lui ont déjà été attribuées, cette commission devrait:

a) mettre en œuvre les décisions de l'Evêque du diocèse concernant l'application de l'enseignement et des directives du deuxième Concile du Vatican sur l'œcuménisme, et aussi les documents post-conciliaires émanant du Saint-Siège, des Synodes des Eglises orientales catholiques et des Conférences épiscopales;

b) entretenir des rapports avec la commission œcuménique territoriale (cf. infra) et adapter ses conseils et ses suggestions aux conditions locales. Lorsque la situation le demande, il est recommandé d'envoyer des informations sur certaines expériences et sur leurs résultats, ou bien d'autres informations utiles, au Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens;

c) favoriser l'œcuménisme spirituel selon les principes donnés dans le Décret conciliaire sur l'œcuménisme et à d'autres endroits de ce Directoire concernant la prière, publique et privée, pour l'unité des chrétiens;

d) offrir son aide et son appui par des moyens tels que des ateliers et séminaires pour la formation œcuménique du clergé et des laïcs, pour la mise en application adéquate de la dimension œcuménique à tous les aspects de la vie en accordant une attention particulière à la façon dont les séminaristes sont préparés à donner leur dimension œcuménique à la prédication, à la catéchèse et à d'autres formes d'enseignement, et pour les activités pastorales (par exemple, pour la pastorale des mariages mixtes), etc.;

e) promouvoir la bienveillance et la charité entre les catholiques et les autres chrétiens avec lesquels la pleine communion ecclésiale n'existe pas encore, en suivant les suggestions et les directives données plus loin (notamment aux nn. 205-218);

f) prendre l'initiative et guider des conversations et des consultations avec eux, en ayant bien présent à l'esprit qu'il convient de les adapter à la diversité des participants et des sujets du dialogue; 53

g) proposer des experts chargés du dialogue, au niveau diocésain, avec les autres Eglises et Communautés ecclésiales;

h) promouvoir, en collaboration avec d'autres organisations diocésaines et avec les autres chrétiens un témoignage commun de foi chrétienne, dans la mesure du possible, et, également, une action commune dans des domaines tels que l'éducation, la moralité publique et privée, la justice sociale, les causes liées à la culture, à la science et aux arts; (54)

i) proposer aux Evêques des échanges d'observateurs et d'invités pour d'importantes conférences, des synodes, l'installation de dirigeants religieux et autres occasions du même genre.

45. Dans les diocèses, les paroisses devraient être encouragées à prendre part aux initiatives œcuméniques du même niveau que le leur et, lorsque c'est possible, à constituer des groupes chargés de réaliser ces activités (cf. infra, n. 67). Elles devraient demeurer en liaison étroite avec les autorités diocésaines et échanger leurs informations et leurs expériences avec elles et avec les autres paroisses et autres groupes.

La commission œcuménique des Synodes des Eglises orientales catholiquese et des Conférences épiscopales

46. Chaque Synode des Eglises orientales catholiques et chaque Conférence épiscopale, selon leurs propres procédures, établiront une commission épiscopale pour l'œcuménisme, assistée d'experts, hommes et femmes, choisis parmi le clergé, parmi des religieux et religieuses et des laïcs. Dans la mesure du possible, cette commission sera secondée par un secrétariat permanent. Cette commission, dont la méthode de travail sera déterminée par les statuts du Synode ou de la Conférence, sera chargée de proposer des orientations en matière œcuménique et des façons concrètes d'agir en conformité avec la législation, les directives et les légitimes coutumes ecclésiales existantes, et suivant les possibilités concrètes d'une région donnée. Il faut que soient prises en considération toutes les circonstances de lieux et de personnes de l'échelon territorial concerné, mais qu'il soit aussi tenu compte de l'Eglise universelle. Au cas où le petit nombre des membres d'une Conférence épiscopale ne permettait pas l'instauration d'une commission d'Evêques, il faudrait au moins qu'un Evêque soit nommé responsable des tâches œcuméniques indiquées infra au n. 47.

47. Les fonctions de cette commission comprendront celles qui sont énumérées plus haut au n. 44, dans la mesure où elles relèvent de la compétence des Synodes des Eglises orientales catholiques ou des Conférences épiscopales. Mais elle doit s'occuper aussi d'autres tâches dont voici quelques exemples:

a) mettre en pratique les normes et les instructions du Saint-Siège en la matière;

b) conseiller et assister les Evêques qui mettent en place une commission œcuménique dans leur diocèse, et stimuler la coopération entre les responsables diocésains de l'œcuménisme et entre les commissions elles-mêmes, en organisant, par exemple, des rencontres périodiques de délégués et de représentants des commissions diocésaines;

c) encourager et, là où cela convient, aider les autres commissions de la Conférence épiscopale et des Synodes des Eglises orientales catholiques à tenir compte de la dimension œcuménique du travail de la dite Conférence, de ses déclarations publiques etc.;

d) promouvoir la collaboration entre les chrétiens, par exemple en apportant un secours spirituel et matériel là où cela est possible, à la fois aux organisations œcuméniques existantes et aux entreprises œcuméniques à promouvoir dans le domaine de l'enseignement et de la recherche, ou dans celui de la pastorale et de l'approfondissement de la vie chrétienne, selon les principes du décret conciliaire sur l'œcuménisme, aux nn. 9-12;

e) établir des consultations et un dialogue avec les dirigeants d'Eglise et avec les conseils d'Eglises existant au niveau national ou territorial (mais distincts du diocèse) et créer des structures adaptées pour ces dialogues;

f) désigner des experts, mandatés officiellement par l'Eglise, pour participer aux consultations et au dialogue avec les experts des Églises, des Communauté ecclésiales et organisations mentionnées ci-dessus;

g) entretenir des rapports et une collaboration active avec les structures œcuméniques établies par des instituts de vie consacrée et des sociétés de vie apostolique, et avec celles d'autres organisations catholiques, à l'intérieur du territoire;

h) organiser l'échange d'observateurs et d'invités à l'occasion d'importantes assemblées ecclésiales et autres événements de ce genre de niveau national ou territorial;

i) informer les Evêques de la Conférence et des Synodes des développements des dialogues ayant lieu sur le territoire; partager ces informations avec le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens à Rome, de telle façon que l'échange mutuel d'avis et d'expérience, et que les résultats du dialogue puissent promouvoir d'autres dialogues à différents niveaux de la vie de l'Eglise;

j) en général, entretenir des rapports entre les Synodes des Eglises orientales catholiques ou les Conférences épiscopales, en ce qui concerne les questions œcuméniques, et le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, à Rome, ainsi qu'avec les commissions œcuméniques d'autres Conférences territoriales.

Structures œcuméniques dans d'autres contextes ecclésiaux

48. Des organismes supranationaux, aux formes variées, qui assurent coopération et soutien parmi les Conférences épiscopales auront aussi des structures qui puissent donner une dimension œcuménique à leur travail. L'étendue et la forme de leurs activités devraient être déterminées par les statuts et règlements de chacun de ces organismes et selon les possibilités concrètes du territoire.

49. Dans l'Eglise catholique, certaines communautés et organisations existent qui ont une place spécifique dans la contribution à la vie apostolique de l'Eglise. Tout en ne participant pas directement aux structures œcuméniques décrites plus haut, leur travail a très souvent une dimension œcuménique importante et devrait être organisé en structures adéquates, en accord avec les buts de l'organisation. Parmi ces communautés et organisations, se trouvent les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique et diverses organisations de fidèles catholiques.

Instituts de vie consacrée et sociétés de vie apostolique

50. Puisque le souci de rétablir l'unité des chrétiens concerne toute l'Eglise, clergé aussi bien que laïcs,(55) les ordres et congrégations religieux et les sociétés de vie apostolique, par la nature même de leurs engagements dans l'Eglise et par le contexte dans lequel ils les vivent, ont des occasions toutes spéciales de favoriser la pensée et l'action œcuméniques. Conformément à leurs propres charismes et constitutions — dont certains sont antérieurs aux divisions des chrétiens — et à la lumière de l'esprit et des finalités de leurs instituts, ils sont encouragés à mettre en application, dans les possibilités concrètes et les limites de leurs règles de vie, les attitudes et les activités suivantes:

a) favoriser la prise de conscience de l'importance œcuménique de leurs formes particulières de vie étant donné que la conversion du cœur, la sainteté personnelle, la prière, publique et privée, et le service désintéressé de l'Eglise et du monde sont le cœur du mouvement œcuménique;

b) aider à faire comprendre la dimension œcuménique de l'appel de tous les chrétiens à la sainteté de vie en donnant des occasions de développer la formation spirituelle, la contemplation, l'adoration et la louange de Dieu, et le service du prochain;

c) en tenant compte des circonstances de lieux et de personnes, organiser des réunions avec des chrétiens de différentes Eglises et Communautés ecclésiales pour des prières liturgiques, des récollections, des exercices spirituels et pour une compréhension plus profonde des traditions spirituelles chrétiennes;

d) entretenir des rapports avec des monastères ou des communautés de vie commune d'autres Communions chrétiennes pour l'échange de ressources spirituelles et intellectuelles, et d'expériences de vie apostolique, puisque la croissance des charismes religieux de ces Communions peut être d'un réel apport pour le mouvement œcuménique tout entier. Ainsi pourrait être suscitée une féconde émulation spirituelle;

e) diriger leurs institutions éducatives, nombreuses et variées, en ayant en vue l'activité œcuménique selon les principes présentés plus loin dans ce Directoire;

f) collaborer avec d'autres chrétiens en une action commune pour la justice sociale, le développement économique, l'amélioration de la santé et de l'éducation, la gérance de la création, et pour la paix et la réconciliation parmi les nations et les communautés;

g) « Autant que le permettent les situations religieuses, une action œcuménique doit être menée de telle sorte que, étant bannie toute apparence d'indifférentisme, de confusionisme et d'odieuse rivalité, les catholiques collaborent avec les frères séparés, selon les dispositions du Décret sur l'œcuménisme, par une commune profession de foi en Dieu et en Jésus Christ devant les nations, dans la mesure du possible, et par une coopération dans les questions sociales et techniques, culturelles et religieuses; qu'ils collaborent surtout à cause du Christ leur Maître commun: que son Nom les unisse! »56

Dans l'accomplissement de ces activités ils observeront les normes établies par l'Evêque du diocèse, les Synodes des Eglises orientales catholiques ou les Conférences épiscopales pour le travail œcuménique, envisagé comme un élément de leur coopération à l'ensemble de l'apostolat d'un territoire donné. Ils maintiendront des relations étroites avec les différentes commissions œcuméniques diocésaines ou nationales et, là où c'est indiqué, avec le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens.

51. Dans la mise en œuvre de cette activité œcuménique, il est très indiqué que les différents instituts de vie consacrée et sociétés de vie apostolique, au niveau de leur autorité centrale, nomment un délégué, ou une commission, chargé de promouvoir et d'assurer leur engagement œcuménique. La fonction de ces délégués, ou commissions, sera de favoriser la formation œcuménique de tous les membres, d'aider à la formation œcuménique spécialisée des conseillers pour les questions œcuméniques auprès des autorités au niveau général et local des instituts et sociétés, plus particulièrement pour mettre en œuvre et assurer les activités décrites ci-dessus (n. 50).

Organisation de fidèles

52. Les organisations de fidèles catholiques d'un territoire particulier ou d'une nation et aussi les organisations internationales qui ont pour but, par exemple le renouveau spirituel, l'action pour la paix et la justice sociale, l'éducation à différents niveaux, l'aide économique à des pays et à des institutions, etc. développeront les aspects œcuméniques de leurs activités. Elles veilleront à ce que les dimensions œcuméniques de leur travail bénéficient d'une attention suffisante et même, s'il le faut, qu'elles soient exprimées dans leurs statuts et dans leurs structures. En accomplissant leurs activités œcuméniques, qu'elles restent en rapport avec les commissions œcuméniques territoriales et locales et, lorsque les circonstances l'indiquent, avec le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, afin d'échanger utilement expériences et conseils.

Le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens

53. Au niveau de l'Eglise universelle, le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, qui est un dicastère de la Curie romaine, a la compétence et la charge de promouvoir la pleine communion de tous les chrétiens. La Constitution apostolique Pastor Bonus (cf. supra, n. 6), affirme que, d'une part, ce Conseil promeut l'esprit et l'action œcuméniques à l'intérieur de l'Eglise catholique et que, d'autre part, il cultive les relations avec les autres Eglises et Communautés ecclésiales.

a) Le Conseil pontifical s'occupe de l'interprétation adéquate des principes de l'œcuménisme, et des moyens pour les mettre en pratique; il exécute les décisions du deuxième Concile du Vatican concernant l'œcuménisme; il encourage et assiste les groupes nationaux et internationaux qui promeuvent l'unité des chrétiens et aide à coordonner leur travail.

b) Il organise des dialogues officiels avec les autres Eglises et Communautés ecclésiales au niveau international; il délègue des observateurs catholiques au niveau international; il délègue des observateurs catholiques aux conférences et aux réunions de ces institutions et d'autres organisations œcuméniques, et il invite leurs observateurs à des réunions de l'Eglise catholique, lorsque cela est jugé opportun.

54. Pour remplir ces fonctions, le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens publie de temps à autre des orientations et des directives applicables à l'Eglise catholique tout entière. De plus, il reste en contact avec les Synodes des Eglises orientales catholiques et avec les Conférences épiscopales, avec leurs commissions œcuméniques, et avec les Evêques et les organisations à l'intérieur de l'Eglise catholique. La coordination des activités œcuméniques de l'Eglise catholique tout entière demande que ces contacts soient réciproques. Il convient donc que le Conseil soit informé des initiatives importantes prises aux différents niveaux de la vie de l'Eglise. Cela est nécessaire, en particulier, quand ces initiatives ont des implications internationales, comme lorsque des dialogues importants sont organisés à un niveau national ou territorial avec d'autres Eglises et Communautés ecclésiales. L'échange mutuel d'informations et de conseils profite aux activités œcuméniques au niveau international tout autant qu'aux autres niveaux de la vie de l'Eglise. Tout ce qui renforce le développement de l'harmonie et de l'engagement œcuménique cohérent fortifie également la communion à l'intérieur de l'Eglise catholique.

III

LA FORMATION À L'OECUMÉNISME DANS L'ÉGLISE CATHOLIQUE

Nécessité et finalité de la formation œcuménique

55. « Le souci de réaliser l'union concerne l'Eglise tout entière, fidèles autant que pasteurs, et touche chacun selon ses possibilités, aussi bien dans la vie quotidienne que dans les recherches théologiques et historiques ».(57) Compte tenu de la nature de l'Eglise catholique, les catholiques trouveront dans leur fidélité aux indications du deuxième Concile du Vatican les moyens de contribuer à la formation œcuménique à la fois de chacun des membres et de la communauté tout entière à laquelle ils appartiennent. L'unité de tous dans le Christ sera ainsi le résultat d'une croissance commune et d'une commune maturation, car l'appel de Dieu à la conversion intérieure (58) et au renouvellement (59) dans l'Eglise, qui sont si importants pour la recherche de l'unité, n'exclut personne.

Pour cette raison, tous les fidèles sont appelés à s'engager pour promouvoir une communion croissante avec les autres chrétiens. Mais une contribution particulière peut être apportée par les membres du Peuple de Dieu qui sont engagés dans la formation — tels que les supérieurs et les enseignants d'instituts supérieurs et d'instituts spécialisés. Ceux qui font un travail pastoral, en particulier les curés de paroisse et les autres ministres ordonnés, ont leur rôle à jouer en cette matière. Il est de la responsabilité de chaque Evêque, des Synodes des Eglises orientales catholiques et des Conférences épiscopales de donner des directives générales concernant la formation œcuménique.

Adaptation de la formation aux situations concrètes des personnes

56. L'œcuménisme exige un renouvellement d'attitude et de la souplesse dans les méthodes de recherche de l'unité. Il faut tenir compte aussi de la variété des personnes, des fonctions et des situations, et même de la spécificité des Eglises particulières et des communautés engagées avec elles dans la recherche de l'unité. En conséquence, la formation œcuménique demande une pédagogie adaptée aux situations concrètes de la vie des personnes et des groupes et respectant l'exigence de progressivité dans un effort de continuel renouvellement et de changement d'attitude.

57. Tous ceux qui s'occupent de pastorale et non pas seulement les enseignants seront ainsi formés progressivement, selon les orientations principales suivantes:

a) La connaissance de l'Ecriture et la formation doctrinale sont nécessaires dès le début, liées à la connaissance de l'histoire et de la situation œcuménique du pays où l'on vit.

b) La connaissance de l'histoire des divisions et des efforts de réconciliation et aussi des positions doctrinales des autres Eglises et Communautés ecclésiales permet d'analyser les problèmes en leur contexte socio-culturel et de discerner dans les expressions de la foi ce qui est diversité légitime et ce qui est divergence incompatible avec la foi catholique.

c) Cette façon de voir tiendra compte des résultats et des clarifications venant des dialogues théologiques et des études scientifiques. Il est même souhaitable que les chrétiens écrivent ensemble l'histoire de leurs divisions et de leurs efforts dans la recherche de l'unité.

d) Ainsi peut être évité le danger des interprétations subjectives, tant dans la présentation de la foi catholique que dans la façon dont l'Eglise catholique comprend la foi et la vie des autre Églises et Communautés ecclésiales.

e) Au fur et à mesure de sa progression, la formation œcuménique fait apparaître comme inséparables le souci de l'unité de l'Eglise catholique et celui de la communion avec les autres Eglises et Communautés ecclésiales.

f) Le souci de cette unité et de cette communion implique que les catholiques aient à cœur d'approfondir les relations à la fois avec les chrétiens orientaux et les chrétiens issus de la Réforme.

g) La méthode d'enseignement — qui tient compte de la nécessité de la progressivité — permet de distinguer et de distribuer graduellement la matière et les contenus respectifs selon les phases diverses de la formation doctrinale et de l'expérience œcuménique.

Ainsi tous ceux qui s'occupent de pastorale seront fidèles à la sainte et vivante Tradition qui, dans l'Eglise, est source d'initiative. Ils sauront évaluer et accueillir la vérité, où qu'elle soit: « Toute vérité, d'où qu'elle vienne, est de l'Esprit Saint ».(60)

A. FORMATION DE TOUS LES FIDÈLES

58. Le souci de l'unité est au cœur de la conception de l'Eglise. La formation œcuménique vise à ce que tous les chrétiens soient animés par l'esprit œcuménique, quelles que soient leur mission et leur fonction particulières dans le monde et dans la société. Dans la vie du fidèle, rempli de l'Esprit du Christ, de première importance est le don imploré par le Christ avant sa Passion, c'est-à-dire « la grâce de l'unité ». Cette unité est premièrement l'unité avec le Christ en un unique mouvement de charité vers le Père et vers le prochain. Deuxièmement, elle est la communion profonde et active du fidèle avec l'Eglise universelle dans l'Eglise particulière à laquelle il appartient.(61) Troisièmement, elle est la plénitude de l'unité visible recherchée avec tous les chrétiens des autres Églises et Communautés ecclésiales.

Les moyens de formation

59. Ecoute et étude de la Parole de Dieu. L'Eglise catholique a toujours considéré les Saintes Écritures, conjointement avec la Tradition, « comme la règle suprême de sa propre foi; elles sont, pour ses enfants, la nourriture de l'âme, la source pure et permanente de leur vie spirituelle ».(62) Nos frères et sœurs d'autres Eglises et Communautés ecclésiales ont une révérence et un amour profonds pour les Saintes Ecritures. Ceci les porte à l'étude constante et diligente des livres sacrés.(63) La Parole de Dieu, donc, étant une et la même pour tous les chrétiens, affermira progressivement le chemin de l'unité dans la mesure où elle sera approchée avec une attention religieuse et en une étude aimante.

60. La prédication. Il faut accorder un soin particulier à la prédication, soit pendant soit en dehors du culte proprement liturgique. Comme l'affirme le Pape Paul VI, « en tant que nous sommes ceux qui évangélisent, nous devons offrir aux fidèles du Christ l'image non pas d'hommes divisés et séparés par des litiges qui n'édifient en rien, mais de personnes mûres en la foi, capables de se retrouver ensemble au-delà des tensions concrètes, grâce à la recherche commune, sincère et désintéressée de la vérité ».(64) Les différentes parties de l'année liturgique offrent des occasions favorables pour développer les thèmes de l'unité chrétienne, pousser à l'étude, à la réflexion et à la prière.

La prédication doit se préoccuper de révéler le mystère de l'unité de l'Eglise et, dans la mesure du possible, de promouvoir l'unité des chrétiens de façon visible. Dans la prédication, tout usage impropre de la Sainte Ecriture doit être évité.

61. La catéchèse. La catéchèse ne consiste pas seulement à enseigner la doctrine, mais à initier à la vie chrétienne tout entière, avec pleine participation aux sacrements de l'Eglise. Mais cet enseignement peut aider aussi à former à un authentique comportement œcuménique, comme cela est indiqué dans l'Exhortation apostolique de Jean-Paul II Catechesi Tradendae (nn. 32-33) suivant ces lignes directrices:

a) D'abord, la catéchèse doit exposer avec clarté, avec charité et avec la fermeté voulue toute la doctrine de l'Église catholique, en respectant spécialement l'ordre et la hiérarchie des vérités (65) et en évitant les expressions ou les façons d'exposer la doctrine qui feraient obstacle au dialogue.

b) Parlant des autres Eglises et Communautés ecclésiales, il est important de présenter correctement et loyalement leur enseignement. Parmi les éléments par lesquels l'Eglise elle-même est construite et vivifiée, plusieurs, et même beaucoup et de grande valeur, peuvent exister en dehors des limites visibles de l'Eglise catholique.(66) L'Esprit du Christ donc ne refuse pas de se servir de ces Communautés comme de moyens de salut. Faire cela met en relief les vérités de foi tenues en commun par les différentes confessions chrétiennes. Cela aidera les catholiques, d'une part, à approfondir leur foi et, d'autre part, à mieux connaître et estimer les autres chrétiens, facilitant ainsi la recherche en commun du chemin de la pleine unité dans la vérité tout entière.(67)

c) La catéchèse aura une dimension œcuménique si elle suscite et alimente un vrai désir d'unité et, plus encore, si elle provoque des efforts sincères, y compris des efforts d'humilité pour se purifier, afin d'enlever les obstacles le long de la route, non par de faciles omissions et concessions sur le plan doctrinal, mais en visant l'unité parfaite, telle que le Seigneur la veut et par les moyens qu'Il veut.(68)

d) En outre, la catéchèse aura cette même dimension œcuménique si elle s'applique à préparer les enfants et les jeunes, et aussi les adultes, à vivre en contact avec d'autres chrétiens, tout en se formant en tant que catholiques et tout en respectant la foi des autres.(69)

e) Cela peut se faire en discernant les possibilités offertes par la distinction entre les vérités de foi et ses modes d'expression; (70) par l'effort mutuel de connaissance et d'estime des valeurs présentes dans les traditions théologiques respectives; par le fait de montrer clairement que le dialogue a créé de nouvelles relations qui, si elles sont bien comprises, peuvent mener à la collaboration et à la paix.(71)

f) L'Exhortation apostolique Catechesi Tradendae devrait être la référence dans l'élaboration des nouveaux catéchismes qui sont préparés dans les Eglises locales sous l'autorité des Evêques.

62. La liturgie. Etant « la source première et indispensable à laquelle les fidèles doivent puiser un esprit vraiment chrétien »,(72) la liturgie apporte une contribution importante à l'unité de tous ceux qui croient au Christ; elle est une célébration et un facteur d'unité; là où elle est pleinement comprise et où chacun y participe pleinement, elle « contribue au plus haut degré à ce que les fidèles, par leur vie, expriment et manifestent aux autres le mystère du Christ et la nature authentique de la véritable Eglise ».(73)

a) Etant donné que la sainte eucharistie est l'admirable sacrement « par lequel l'unité de l'Eglise est exprimée et réalisée »,(74) il est très important de veiller à ce qu'elle soit bien célébrée, pour que les fidèles qui y participent, « offrant la victime sans tache, non seulement par les mains du prêtre, mais aussi ensemble avec lui, apprennent à s'offrir eux-mêmes et, de jour en jour, soient consommés, par la médiation du Christ, dans l'unité avec Dieu et entre eux, pour que, finalement, Dieu soit tout en tous ».(75)

b) Il serait bon de soutenir la fidélité à la prière pour l'unité des chrétiens selon les indications données par le présent Directoire, soit aux moments où la liturgie le propose — comme par exemple à des célébrations de la Parole ou bien à des célébrations orientales appelées « Litia » et « Moleben » — soit spécialement durant la Messe — à la prière universelle — ou pendant les litanies appelées « Ectenie », soit encore par la célébration de la Messe votive pour l'unité de l'Église, avec l'aide de recueils appropriés.

De plus, il est très formateur d'étendre les prières pour l'unité à certaines occasions, comme celle de la semaine de prière pour l'unité (18-25 janvier) ou celle de la semaine de l'Ascension à la Pentecôte, pour que l'Esprit Saint veuille confirmer l'Église en son unité et en l'apostolicité de sa mission universelle de salut.

63. La vie spirituelle. Dans le mouvement œcuménique il est nécessaire de donner la priorité à la conversion du cœur, à la vie spirituelle et à son renouveau. « Cette conversion du cœur et cette sainteté de vie, unies aux prières publiques et privées pour l'unité des chrétiens, doivent être estimées comme l'âme de tout le mouvement œcuménique et peuvent à bon droit être appelées œcuménisme spirituel ».(76) Ainsi, dans la mesure où il vit d'une vie spirituelle authentique, qui a pour centre le Christ Sauveur lui-même et pour but la gloire de Dieu le Père, chaque chrétien peut toujours et partout participer en profondeur au mouvement œcuménique, en rendant témoignage à l'Evangile du Christ par sa vie.(77)

a) Les catholiques aussi mettront en valeur certains éléments et biens, sources de vie spirituelle, qui se trouvent dans les autres Eglises et Communautés ecclésiales, et qui appartiennent à l'unique Eglise du Christ: Sainte Ecriture, sacrements et autres actions sacrées, foi, espérance, charité, et autres dons de l'Esprit.(78) Ces biens ont fructifié, par exemple, dans la tradition mystique de l'Orient chrétien et les trésors spirituels de la vie monastique, dans le culte et la piété des anglicans, dans la prière évangélique et les diverses formes de spiritualité des protestants.

b) Cette estime ne doit pas demeurer purement théorique; lorsque les conditions particulières le permettent, elle doit être complétée par la connaissance pratique des autres traditions de spiritualité. En conséquence, le partage de la prière et une certaine forme de participation au culte public ou à des formes de dévotion des autres chrétiens, en accord avec les normes existantes, peuvent avoir une valeur formative.(79)

64. Autres initiatives. La collaboration à des initiatives caritatives et sociales — comme dans les écoles, les hôpitaux, les prisons etc. — a une valeur formatrice prouvée; de même le travail pour la paix, dans le monde ou en des régions particulières de la terre où elle est menacée; et aussi pour les droits de l'homme et pour la liberté religieuse.(80)

Ces actions, bien dirigées, peuvent montrer l'efficacité de l'application sociale de l'Evangile et la force pratique de la sensibilité œcuménique en divers endroits. Une réflexion périodique sur les fondements chrétiens de telles actions, pour vérifier leur qualité, leur fécondité, et pour corriger leurs défauts, sera également éducative et constructive.

Les milieux propices à la formation

65. Ce sont les lieux où se développent, pas à pas, la maturité humaine et chrétienne, le sens de la sociabilité et la communion. Pour cela la famille, la paroisse, l'école, les groupes, les associations et les mouvements ecclésiaux ont une importance particulière.

66. La famille, appelée « Eglise domestique » par le deuxième Concile du Vatican,(81) est le premier lieu où l'unité est construite ou affaiblie quotidiennement par la rencontre de personnes, différentes par bien des côtés, mais qui s'acceptent dans une communion d'amour; c'est là aussi qu'il faut veiller à ne pas entretenir des préjugés, mais au contraire rechercher en tout la vérité.

a) La conscience de son identité et de sa mission chrétiennes dispose la famille à être aussi une communauté pour les autres, ouverte non seulement à l'égard de l'Eglise, mais aussi à l'égard de la société humaine, prête au dialogue et à l'engagement social. Comme l'Eglise, elle doit être un milieu où l'Evangile est transmis et d'où il rayonne; effectivement, la Constitution conciliaire Lumen Gentium affirme que, dans l'Eglise domestique, « les parents doivent être pour leurs enfants, par la parole et par l'exemple, les premiers annonciateurs de la foi » (n. 11).

b) Les familles constituées par des mariages mixtes doivent s'efforcer de proclamer le Christ selon toutes les exigences du baptême qu'elles ont en commun; elles ont, en outre, le devoir délicat de se faire elles-mêmes artisans d'unité.(82) « Le baptême commun et le dynamisme de la grâce fournissent aux époux, dans ces mariages, le fondement et la motivation qui les portent à exprimer leur unité dans la sphère des valeurs morales et spirituelles ».(83)

67. La paroisse, en tant qu'unité ecclésiale rassemblée autour de l'Eucharistie, doit être et se proclamer le lieu de l'authentique témoignage œcuménique. Un des grands devoirs de la paroisse est, par conséquent, d'éduquer ses membres à l'esprit œcuménique. Ceci exige une attention soigneuse aux contenus et aux formes de la prédication, surtout de l'homélie, et aussi de la catéchèse. De plus, cela exige un programme pastoral, ce qui suppose que quelqu'un soit chargé de l'animation et de la coordination œcuménique, travaillant en collaboration étroite avec le curé de la paroisse; celui-ci se chargera éventuellement aussi des différentes formes de collaboration avec les paroisses correspondantes des autres chrétiens. Ceci exige, enfin, que la paroisse ne soit pas déchirée par des polémiques internes, par des polarisations idéologiques ou par des accusations réciproques entre chrétiens, mais que chacun, suivant son esprit et sa vocation propre, se fasse le serviteur de la vérité dans l'amour.(84)

68. L'école, de tout ordre et de tout niveau, doit donner une dimension œcuménique à son enseignement religieux et selon la forme qui lui est propre, tendre à la formation du cœur et de l'intelligence aux valeurs humaines et religieuses, en éduquant au dialogue, à la paix et aux relations interpersonnelles.(85)

a) L'esprit de charité, de respect et de dialogue exigent l'élimination des préjugés et des paroles qui déforment l'image des autres frères chrétiens. Ceci vaut surtout pour les écoles catholiques, où les jeunes doivent croître dans la foi, dans la prière et dans la résolution de mettre en pratique l'Évangile chrétien de l'unité. On aura soin de leur enseigner l'œcuménisme authentique, suivant la doctrine de l'Église catholique.

b) Lorsque cela est possible, en collaboration avec les autres enseignants, on ne manquera pas de traiter les diverses disciplines, comme par exemple l'histoire et l'art, d'une façon qui souligne les problèmes œcuméniques dans un esprit de dialogue et d'unité. A cette fin, il est souhaitable aussi que les enseignants soient correctement et adéquatement informés sur les origines, l'histoire et les doctrines des autres Eglises et Communautés ecclésiales surtout de celles qui se trouvent sur le même territoire.

69. Les groupes, les associations et les mouvements ecclésiaux. La vie chrétienne, et de façon spéciale la vie des Eglises particulières, s'est enrichie au cours de l'histoire d'une variété d'expressions, de projets, de spiritualités, conformes aux charismes donnés par l'Esprit pour l'édification de l'Eglise, révélant une nette distinction des tâches au service de la communauté.

Ceux qui font partie de ces groupes, mouvements et associations doivent être pénétrés d'un solide esprit œcuménique. Pour vivre leur engagement baptismal dans le monde,(86) en recherchant, soit l'unité catholique par le dialogue et la communion entre les divers mouvements et associations, soit une communion plus vaste avec d'autres Églises et Communautés ecclésiales et avec les mouvements et les groupes s'inspirant de ces dernières, il faut que ces efforts soient faits sur la base d'une solide formation et à la lumière de la sagesse et de la prudence chrétiennes.

B. FORMATION DE CEUX QUI TRAVAILLENT DANS LE MINISTÈRE PASTORAL

1. Ministres ordonnés

70. Parmi les devoirs principaux de tout futur ministre ordonné il y a celui de se former une personnalité qui, dans la mesure du possible, puisse servir à sa mission d'aider les autres à rencontrer le Christ. Dans cette perspective, le candidat au ministère doit pleinement cultiver les qualités humaines qui rendent une personne acceptable et crédible par les autres, surveillant son propre langage et ses propres capacités de dialogue, pour acquérir une attitude authentiquement œcuménique. Ce qui est essentiel pour qui a une fonction de maître et de pasteur dans une Eglise particulière, comme l'Evêque, ou bien qui peut avoir charge d'âmes en qualité de prêtre, n'est pas de moindre importance pour le diacre, et de façon particulière pour les diacres permanents, appelés à servir la communauté des fidèles.

71. Lorsqu'il prend des initiatives et organise des rencontres,il est nécessaire que le ministre agisse avec lucidité et dans la fidélité à l'Eglise, en respectant les diverses compétences et en suivant les dispositions que les pasteurs de l'Eglise, en vertu de leur mandat, établissent pour le mouvement œcuménique de l'Eglise universelle et pour chaque Eglise particulière, afin de collaborer à la construction de l'unité des chrétiens sans préjugés et sans initiatives maladroites.

a) La formation doctrinale

72. Les Conférences épiscopales s'assureront que les plans d'études donnent la dimension œcuménique de chaque matière et prévoient une étude spécifique de l'œcuménisme. Elles vérifieront que ces plans d'étude sont conformes aux indications de ce Directoire.

a–1) La dimension œcuménique des diverses matières

73. L'action œcuménique « ne peut être que pleinement et sincèrement catholique, c'est-à dire fidèle à la vérité reçue des Apôtres et des Pères, et conforme à la foi que l'Eglise catholique a toujours professée ».(87)

74. Les étudiants doivent apprendre à distinguer entre les vérités révélées, lesquelles exigent toutes le même assentiment de foi, la façon de les énoncer et les doctrines théologiques.(88) En ce qui concerne la formulation des vérités révélées, on tiendra compte de ce que dit, entre autres, la déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi Mysterium Ecclesiae, 5: « Les vérités que l'Eglise entend réellement enseigner par ses formules dogmatiques sont sans doute distinctes des conceptions changeantes propres à une époque déterminée; mais il n'est pas exclu qu'elles soient éventuellement formulées, même par le Magistère, en des termes qui portent des traces de telles conceptions. Compte tenu de ces considérations, on doit dire que les formules dogmatiques du Magistère ont été aptes dès le début à communiquer la vérité révélée et que, demeurant inchangées, elles la communiqueront toujours à ceux qui les interpréteront bien ».(89) Que les étudiants apprennent donc à faire la distinction entre « le dépôt lui-même de la foi, ou les vérités contenues dans notre vénérable doctrine »,(90) et la façon dont ces vérités sont formulées; entre les vérités à énoncer et les façons variées de les percevoir et de les mettre en lumière; entre la Tradition apostolique et les traditions strictement ecclésiastiques; et en même temps qu'ils apprennent à reconnaître et respecter la valeur permanente des formules dogmatiques. Dès le temps de leur formation philosophique, les étudiants doivent être préparés à relever la légitime diversité en théologie qui provient des différentes méthodes et les divers langages que les théologiens utilisent pour pénétrer les mystères divins. En effet il pourra apparaître que les différentes formulations théologiques soient complémentaires plutôt que contradictoires.

75. Il faut, en outre, que soit toujours respectée la « hiérarchie des vérités » de la doctrine catholique, lesquelles vérités, bien qu'elles exigent toutes l'assentiment de foi qui leur est dû, n'ont pas pour autant toutes la même place centrale dans le mystère révélé en Jésus-Christ, parce qu'elles sont différemment liées à ce qui est le fondement de la foi chrétienne.(91)

a–2) Dimension œcuménique des disciplines théologiques en général

76. L'ouverture œcuménique est une dimension constitutive de la forma- tion des futurs prêtres et diacres: « La théologie et les autres disciplines, surtout l'histoire, doivent être enseignées aussi dans un sens œcuménique pour mieux répondre à la réalité ».(92) La dimension œcuménique de la formation théologique ne doit pas être limitée aux différentes catégories d'enseignement. Puisque nous parlons d'enseignement interdisciplinaire — et non pas seulement « pluridisciplinaire » — il devra impliquer la coopération entre les professeurs concernés et une coordination réciproque. Pour toutes les matières, même fondamentales, on pourra opportunément souligner les aspects suivants:

a) les éléments du patrimoine chrétien au plan de la vérité et de la sainteté qui sont communs à toutes les Eglises et Communautés ecclésiales, même si parfois ils sont énoncés suivant une formulation théologique différente;

b) les richesses de liturgie, de spiritualité et de doctrine qui sont propres à chaque communion, mais qui peuvent aider les chrétiens à obtenir une connaissance plus profonde de la nature de l'Eglise;

c) les points qui, en matière de foi et de morale, sont des causes de désaccord, mais qui peuvent encourager à faire des recherches plus profondes de la Parole de Dieu et mener à distinguer entre les contradictions réelles et les contradictions apparentes.

a–3) Dimension œcuménique des disciplines théologiques en particulier

77. En chaque discipline théologique, l'approche œcuménique doit nous amener à considérer le lien existant entre la matière particulière et le mystère de l'unité de l'Eglise. De plus, l'enseignant doit inculquer à ses élèves la fidélité à toute la Tradition authentiquement chrétienne en matière de théologie, de spiritualité et de discipline ecclésiastique. Quand les étudiants compareront leur propre patrimoine avec les richesses des traditions chrétiennes d'Orient et d'Occident, selon leur expression ancienne ou moderne, ils auront une conscience plus vive de cette plénitude.(93)

78. Cette étude comparative est importante en toutes les matières: pour l'étude de l'Ecriture, source commune de la foi de tous les chrétiens; pour l'étude de la Tradition apostolique que l'on trouve chez les Pères de l'Eglise et les autres écrivains ecclésiastiques d'Orient et d'Occident; pour la liturgie, où les diverses formes du culte divin et leur importance doctrinale et spirituelle sont scientifiquement comparées; pour la théologie dogmatique et morale, spécialement en ce qui concerne les problèmes issus du dialogue œcuménique; pour l'histoire de l'Eglise, où l'on devrait mener une enquête soigneuse sur l'unité de l'Eglise et sur les causes de séparation; pour le droit canonique, où l'on doit bien distinguer entre les éléments de droit divin et ceux qui sont de droit ecclésiastique et qui peuvent être soumis à des changements selon le temps, les formes de culture, ou les traditions locales; et, finalement, pour la formation pastorale et missionnaire comme pour les études sociologiques, où il faut être attentif à la situation commune à tous les chrétiens affrontés au monde moderne. Ainsi la plénitude de la révélation divine sera exprimée de meilleure façon et de manière plus complète et nous accomplirons mieux la mission que le Christ a confiée à son Eglise pour le monde.

a–4) Cours spécial d'œcuménisme

79. Même si la dimension œcuménique doit pénétrer toute la formation théologique, il est d'une importance particulière qu'un cours d'œcuménisme soit donné dans le cadre du premier cycle, au moment le mieux indiqué. Ce cours devrait même être rendu obligatoire. En termes généraux et adaptables, ce cours peut avoir le contenu suivant:

a) les notions de catholicité, d'unité organique et visible de l'Eglise, d'« oikoumenè », d'œcuménisme, suivant leur origine historique et leur signification actuelle du point de vue catholique;

b) les fondements doctrinaux de l'activité œcuménique, en accordant une attention particulière aux liens de communion actuellement existants entre les Eglises et les Communautés ecclésiales; (94)

c) l'histoire de l'œcuménisme qui comprend celle des divisions et des nombreuses tentatives, entreprises durant des siècles, pour rétablir l'unité, et de leurs réussites et leurs échecs; également, l'état actuel de la recherche de l'unité;

d) le but et la méthode de l'œcuménisme, des diverses formes d'union et de collaboration, l'espérance de rétablir l'unité, les conditions de l'unité, le concept de pleine et parfaite unité;

e) l'aspect « institutionnel » et la vie actuelle des différentes communautés chrétiennes; tendances doctrinales, causes réelles des séparations, efforts missionnaires, spiritualité, formes de culte divin, besoin d'une meilleure connaissance de la théologie et de la spiritualité orientales; (95)

f) quelques problèmes plus spécifiques, tels que: participation commune au culte, le prosélytisme et l'irénisme, la liberté religieuse, les mariages mixtes, la place des laïcs, et notamment des femmes, dans l'Eglise;

g) l'œcuménisme spirituel, en particulier la signification de la prière pour l'unité et des autres formes d'approche de l'unité pour laquelle le Christ a prié.

80. Pour l'organisation du plan d'études, voici ce qui est suggéré:

a) Il serait bon qu'une introduction générale à l'œcuménisme soit donnée assez tôt de telle façon que les étudiants puissent être sensibilisés, dès le tout début des études théologiques, à la dimension œcuménique de leurs études.(96) Cette introduction traiterait des éléments de base de l'œcuménisme.

b) La part spéciale de l'enseignement sur l'œcuménisme trouverait sa place normale à la fin du premier cycle d'études théologiques, ou alors vers la fin des études dans les séminaires, de sorte que les étudiants, acquérant une large connaissance de l'œcuménisme, puissent en opérer une synthèse avec leur formation théologique.

c) Il faut choisir avec soin les textes d'études et les manuels; ils doivent exposer avec fidélité l'enseignement des autres chrétiens en histoire, en théologie et en spiritualité de façon à permettre une confrontation honnête et objective, et aussi à stimuler un approfondissement ultérieur de la doctrine catholique.

81. Il peut être utile d'inviter des conférenciers et des experts des autres traditions dans le contexte des règlementations de la collaboration entre les institutions catholiques et les centres dépendant des autres chrétiens.(97) Si des problèmes particuliers surgissent dans un séminaire ou dans un institut particulier, il appartient à l'Évêque du diocèse de décider, conformément aux directives établies par la Conférence épiscopale, des initiatives à prendre, sous la responsabilité des autorités académiques, et après avoir vérifié les qualités morales et professionnelles requises pour les conférenciers des autres Eglises et Communautés ecclésiales. Dans ces échanges culturels, il faut que soit toujours assurée la permanence du caractère catholique de cet institut ainsi que son droit et son devoir de former ses propres candidats et d'enseigner la doctrine catholique selon les normes de l'Eglise.

b) Expérience œcuménique

82. En période de formation, pour que l'approche de l'œcuménisme ne soit pas coupée de la vie, mais enracinée dans l'expérience vivante des communautés, il est utile d'organiser des rencontres et des discussions avec d'autres chrétiens, tout en observant les normes de l'Eglise catholique, tant au niveau universel qu'au niveau particulier, et tout en invitant des représentants des autres communautés possédant la préparation professionnelle, religieuse et l'esprit œcuménique nécessaires à un dialogue sincère et constructif. On pourrait même envisager des rencontres avec des étudiants d'autres Eglises et Communautés ecclésiales.(98) Mais les instituts de formation diffèrent tellement qu'il n'est pas possible de fixer des règles uniformes. En effet, la réalité comporte des nuances différentes selon la diversité des pays ou des régions et la diversité des rapports entre l'Eglise catholique et les autres Eglises et Communautés ecclésiales aux plans de l'ecclésiologie, de la collaboration et du dialogue. Ici aussi l'exigence de la progressivité et de l'adaptation est très importante et indispensable. Les supérieurs doivent recourir aux principes généraux et les adapter aux circonstances et aux occasions particulières.

2. Ministres et collaborateurs non ordonnés

a) Formation doctrinale

83. Pour collaborer à l'action pastorale, en plus des ministres ordonnés, il y a d'autres collaborateurs reconnus — les catéchistes, les enseignants, les animateurs laïcs. Pour leur formation, dans les Églises locales ont été constitués les instituts de sciences religieuses, les instituts de pastorale et d'autres centres de formation et de recyclage. Pour eux, valent les mêmes plans d'études et les mêmes normes que pour les instituts de théologie, mais adaptés au niveau des participants et de leurs études.

84. De façon plus particulière, compte tenu de la légitime variété des charismes et des propres œuvres des monastères, des instituts de vie consacrée et des sociétés de vie apostolique, il est de particulière importance que « tout institut communie à la vie de l'Eglise et, selon son caractère propre, fasse siennes et favorise de tout son pouvoir les initiatives et les intentions de l'Eglise en des domaines variés », y compris le « domaine œcuménique ».(99)

Leur formation doit comprendre une dimension œcuménique dès le noviciat et puis au cours des étapes qui suivent. La Ratio formationis de chaque institut doit prévoir, en rapport avec les plans d'études des ministres ordonnés, à la fois que soit soulignée la dimension œcuménique des diverses disciplines et un cours spécifique d'œcuménisme adapté aux circonstances et aux situations locales. En même temps, il est important que l'autorité compétente de l'institut veille à la formation de spécialistes en œcuménisme pour orienter l'engagement œcuménique de tout l'institut.

b) Expérience œcuménique

85. Pour faire passer l'étude dans la pratique, il est utile d'encourager les contacts et les échanges entre les monastères et les communautés religieuses catholiques et ceux des autres Eglises et Communautés ecclésiales, et cela sous forme d'échanges d'information, d'aide spirituelle, et parfois matérielle, ou sous forme d'échanges culturels.(100)

86. Etant donné l'importance du rôle des laïcs dans l'Eglise et dans la société, on encouragera les laïcs responsables de l'action œcuménique à développer les contacts et les échanges avec les autres Eglises et Communautés ecclésiales, en suivant les normes données par ce Directoire.

C. FORMATION SPÉCIALISÉE

87. Importance de la formation au dialogue. En tenant compte de l'influence des centres supérieurs de culture, il paraît évident que les facultés ecclésiastiques et les autres instituts supérieurs d'étude ont un rôle particulièrement important à jouer dans la préparation au dialogue œcuménique, pour son déroulement et pour le progrès de l'unité des chrétiens que ce même dialogue les aide à atteindre. La préparation pédagogique au dialogue doit répondre aux exigences suivantes:

a) un engagement personnel et sincère, vécu dans la foi, sans laquelle le dialogue n'est plus un dialogue entre frères et sœurs, mais un pur exercice académique;

b) la recherche de voies et de moyens nouveaux pour établir des relations mutuelles et pour rétablir l'unité, fondée sur une plus grande fidélité à l'Evangile et sur l'authentique profession de la foi chrétienne en vérité et charité;

c) la conscience que le dialogue œcuménique n'a pas un caractère purement privé entre personnes ou groupes particuliers, mais qu'il s'insère dans l'engagement de toute l'Eglise et doit en conséquence être mené de façon cohérente avec l'enseignement et les directives de ses Pasteurs;

d) une disposition à reconnaître que les membres des diverses Eglises et Communautés ecclésiales peuvent nous aider à mieux saisir et à présenter exactement la doctrine et la vie de leurs propres communautés;

e) le respect de la conscience et de la conviction personnelles de quiconque expose un aspect ou une doctrine de sa propre Eglise, ou bien sa façon particulière de comprendre la révélation divine;

f) la reconnaissance du fait que tous ne bénéficient pas d'une égale préparation pour prendre part à un dialogue, étant donné que diffèrent les niveaux d'éducation, de maturité d'esprit et de progrès spirituel.

Rôle des facultés ecclésiastiques

88. La Constitution apostolique Sapientia Christiana spécifie que, dès le premier cycle de la faculté de théologie, l'on doit étudier la théologie fondamentale, avec référence aussi aux questions ayant trait à l'œcuménisme.(101)

Au deuxième cycle également, « les questions œcuméniques doivent être soigneusement traitées, selon les normes données par l'autorité ecclésiastique compétente ».(102)

En d'autres termes, il sera opportun de donner des cours de spécialisation sur l'œcuménisme, lesquels, outre les éléments déjà indiqués plus haut au n. 79, pourront traiter de ce qui suit:

a) l'état actuel des rapports entre l'Eglise catholique et les autres Eglises et Communautés ecclésiales, basé sur l'étude des résultats publiés du dialogue;

b) l'étude du patrimoine et des traditions des autres chrétiens d'Orient et d'Occident;

c) l'importance du Conseil œcuménique des Eglises pour le mouvement œcuménique et la situation actuelle des rapports entre l'Eglise catholique et ce même Conseil;

d) le rôle des Conseils d'Eglises nationaux et supranationaux, leurs réalisations et leurs difficultés.

Il faut rappeler en outre que la dimension œcuménique doit être présente dans l'enseignement et la recherche théologiques.

Rôle des universités catholiques

89. Elles aussi sont appelées à donner une formation œcuménique solide. Parmi les mesures appropriées qu'elles peuvent prendre, en voici quelques-unes à titre d'exemple:

a) stimuler, lorsque la matière s'y prête, une dimension œcuménique aux méthodes d'enseignement et de recherche.

b) Prévoir des colloques et des journées d'étude consacrés aux questions œcuméniques.

c) Organiser des conférences et réunions pour faire, en commun, une étude, un travail ou une activité sociale, en réservant du temps pour rechercher les principes chrétiens d'action sociale et les moyens de les mettre en application. Ces occasions, groupant des catholiques seulement ou bien des catholiques et d'autres chrétiens, doivent, autant qu'il est possible, encourager la collaboration avec les autres instituts supérieurs existant sur le territoire.

d) Dans les journaux et dans les revues universitaires, réserver une place pour la chronique des événements concernant l'œcuménisme, et aussi pour des études plus approfondies, de préférence commentant les documents communs des dialogues entre Eglises.

e) Dans les collèges rattachés aux universités, il faut vivement recommander les bonnes relations entre les catholiques et les autres étudiants chrétiens qui, bien guidés, peuvent, grâce à ces relations, apprendre à vivre ensemble en un esprit œcuménique approfondi et être fidèles témoins de leur foi chrétienne.

f) Il convient de donner un relief particulier à la prière pour l'unité, non seulement durant la semaine prévue pour cela, mais aussi à d'autres occasions pendant l'année. Suivant les circonstances de lieux et de personnes et en se conformant aux normes établies pour les célébrations communes, on peut envisager des retraites faites en commun, sous la direction d'un guide spirituel expérimenté.

g) Pour le témoignage commun, un champ très vaste s'offre, en particulier pour les œuvres à caractère social ou de bienfaisance. Les étudiants devraient être préparés et encouragés à cela — pas seulement les étudiants en théologie, mais également ceux des autres facultés, comme celles de droit, de sociologie, d'économie politique, qui, par leur concours, aideront à faciliter et réaliser de telles initiatives.

h) Les aumôniers, les conseillers auprès des étudiants et les professeurs auront particulièrement à cœur de s'acquitter de leurs devoirs dans un esprit œcuménique, notamment en organisant quelques-unes des initiatives indiquées plus haut. Cette tâche exige d'eux qu'ils aient une connaissance approfondie de la doctrine de l'Eglise, une compétence adéquate dans les disciplines académiques, une prudence ferme et le sens de la mesure: toutes ces qualités devraient leur permettre d'aider leurs étudiants à harmoniser leur propre vie de foi avec l'ouverture aux autres.

Rôle des instituts œcuméniques spécialisés

90. Pour accomplir son rôle œcuménique, l'Eglise a besoin d'un bon nombre d'experts en cette matière: clercs, religieux, laïcs, hommes et femmes. Ceux-ci sont nécessaires même dans les régions à majorité catholique.

a) Ceci demande des instituts spécialisés équipés

— d'une documentation adéquate sur l'œcuménisme, notamment sur les dialogues en cours et sur les programmes futurs;

— d'un corps professoral capable et bien préparé, à la fois pour la doctrine catholique et pour l'œcuménisme.

b) Les institutions devraient s'engager surtout dans la recherche œcuménique en collaboration, autant que possible, avec des experts d'autres traditions théologiques et avec leurs fidèles; ils devraient organiser des rencontres œcuméniques, telles que conférences et congrès; ils devraient aussi rester en rapport avec les commissions œcuméniques nationales et avec le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, afin d'être constamment mis au courant de l'état actuel des dialogues interconfessionnels et des progrès accomplis.

c) Les experts ainsi formés pourront fournir en personnel le mouvement œcuménique dans l'Église catholique comme membres ou comme dirigeants des organismes responsables diocésains, nationaux ou internationaux, comme professeurs de cours d'œcuménisme dans des instituts ou dans des centres ecclésiastiques, ou comme animateurs d'un authentique esprit et de l'action œcuméniques dans leur propre entourage.

D. FORMATION PERMANENTE

91. La formation doctrinale et pratique ne se limite pas à la période de formation mais elle exige des ministres ordonnés et de ceux qui travaillent dans le ministère pastoral une continuelle mise à jour, parce que le mouvement œcuménique est en évolution.

Lorsqu'ils mettent en application le programme prévu pour la mise à jour pastorale des clercs — par des réunions et des congrès, par des retraites, des journées de récollection ou d'étude des problèmes pastoraux — les Evêques et les supérieurs religieux devraient accorder une diligente attention à l'œcuménisme, sur la base des indications suivantes:

a) Instruction systématique aux prêtres, aux diacres, aux religieux, religieuses et laïcs, sur l'état actuel du mouvement œcuménique, de façon qu'ils puissent insérer la dimension œcuménique dans la prédication, dans la catéchèse, dans la prière et dans la vie chrétienne en général. Si cela paraît possible et opportun, il serait bon que soit invité parfois un ministre d'une autre Eglise pour qu'il parle de sa propre tradition ou bien de problèmes pastoraux, qui souvent sont communs à tous.

b) Là où l'occasion s'y prête et avec le consentement de l'Evêque du diocèse, le clergé catholique et ceux qui s'occupent de pastorale dans le diocèse pourront participer à des réunions interconfessionnelles visant à améliorer les relations réciproques et, avec l'apport de tous, à résoudre des problèmes pastoraux communs. La réalisation de ces initiatives est souvent facilitée par la création, pour les clercs, de conseils ou d'associations locaux et régionaux etc. ou bien par l'adhésion à de semblables associations déjà existantes.

c) Les facultés de théologie, les instituts d'études supérieurs, les séminaires et autres instituts de formation peuvent grandement contribuer à la formation permanente, soit en organisant des cours d'études pour ceux qui travaillent dans le ministère pastoral, soit en apportant leur concours, en personnel enseignant et en matériel, pour des disciplines et des cours établis par d'autres.

d) De plus, les moyens suivants sont de grande utilité: une information exacte par les médias de l'Eglise locale et, si possible, par ceux de l'Etat; un échange d'informations avec les services des médias des autres Eglises et Communautés ecclésiales; des rapports systématiques et permanents avec les commissions œcuméniques diocésaine ou nationale, de façon à fournir à tous les catholiques engagés dans la pastorale une documentation précise sur les développements du mouvement œcuménique.

e) En outre, il convient de profiter des diverses formes de rencontres spirituelles pour approfondir les éléments de spiritualité communs et particuliers. Ces rencontres donnent l'occasion de réfléchir sur l'unité et de prier pour la réconciliation de tous les chrétiens. À des rencontres similaires, la participation de membres de diverses Eglises et Communautés ecclésiales peut favoriser la compréhension réciproque et la croissance de la communion spirituelle.

f) Enfin, il est souhaitable qu'une évaluation de l'activité œcuménique soit faite périodiquement.

IV

COMMUNION DE VIE ET D'ACTIVITÉ SPIRITUELLE PARMI LES BAPTISÉS

A. LE SACREMENT DU BAPTÊME

92. Par le sacrement du baptême, une personne est vraiment incorporée au Christ et à son Eglise, et régénérée pour participer à la vie divine.(103) Le baptême