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Commission
Théologique Internationale
¤ INTRODUCTION ¤
En vue d'accomplir l'aggiornamento de l'Église, le concile Vatican II a
cherché dans ses origines et son histoire inspiration et moyens pour annoncer
et rendre présent d'une manière plus efficace le mystère de Jésus-Christ.
Parmi ces richesses de l'Église se trouve le ministère du diaconat, duquel
les textes du Nouveau Testament rendent témoignage et qui a prêté d'importants
services à la vie des communautés chrétiennes surtout au temps de l'Église
ancienne. Entré en déclin au Moyen Âge, il est disparu comme ministère
permanent et n'a subsisté que comme transition vers le presbytérat et l'épiscopat.
Ceci n'a pas empêché le fait que depuis la scolastique jusqu'à nos jours,
on s'est intéressé à sa signification théologique et notamment à la
question de sa valeur sacramentelle comme degré de l'ordre. Après sa
restauration comme ministère effectif mis à la disposition des Églises
particulières par le concile Vatican II, on a assisté à un processus
différencié de réception. Chaque Église a essayé de prendre conscience de
la portée réelle de l'initiative conciliaire. Tenant compte des
circonstances concrètes de la vie ecclésiale en chaque milieu - variables
selon les pays et les continents - les responsables ecclésiaux continuent d'évaluer
l'opportunité ou non d'inclure le diaconat permanent dans la réalité des
communautés. Dans ce processus de réception, maintes questions ont été
soulevées soit à propos de l'interprétation des données néotestamentaires
et historiques, soit à propos des implications théologiques de la décision
conciliaire et des suites qui lui ont été données en lien avec le
Magistère ecclésial. De plus, bien que le concile ne se soit pas prononcé
sur le ministère diaconal féminin dont il est fait mention dans le passé,
celui-ci doit être étudié pour qu'en soit établi le statut ecclésial et
que soit examinée l'actualité qu'on pourrait lui reconnaître. La CTI s'est
penché sur ces questions afin de les éclairer grâce à une meilleure
connaissance des sources historiques et théologiques ainsi que de la vie
actuelle de l'Église. Si les faits doivent être établis rigoureusement par
la méthode historique, il reste que leur considération ne devient locus
theologicus que si elle est faite à la lumière du sensus fidei. Il faut
distinguer ce qu'on peut reconnaître comme étant la Tradition elle-même,
depuis les origines, et les formes régionales ou liées à une époque de
cette même Tradition. Dans cette perspective, il est fondamental de relever
le rôle des interventions qui dans l'Église appartiennent à la compétence
de la hiérarchie, à savoir, les décisions des conciles oecuméniques et les
déclarations du Magistère. En bref, pour arriver à des conclusions
proprement théologiques il faut faire un effort de discernement à la
lumière de ces interventions, tout en admettant que la connaissance de l'histoire
dans sa généralité ait l'avantage inestimable de faire connaître la vie
concrète de l'Eglise au sein de laquelle il y a toujours un véritable
élément humain et un véritable élément divin (LG 8). Mais seule la foi
est capable d'y distinguer l'action de l'Esprit de Dieu. L'homme, être
matériel et spirituel, historique et transcendant, devient le destinataire
providentiel d'une ouverture de Dieu dans son Verbe fait chair, et de son
Esprit, qui, étant pneuma et dynamis, donne aux hommes la capacité d'identifier
dans les phénomènes historiques un Dieu qui se communique par des paroles et
des signes. Précisément parce qu'Il ouvre son mystère à la communauté de
foi par sa Parole et son Esprit, Dieu érige l'Église en communauté de
témoins, dont le témoignage émane de la Révélation et la représente. Le
dogme est la verbalisation du Verbe qui est Dieu et s'est fait chair, selon l'expression
de la profession de foi de l'Église, réponse à la Révélation divine. L'Écriture,
règle suprême de la foi avec la Tradition (DV 21), nous présente dans un
langage vivant et souvent symbolique le mystère et la mission du Christ,
langage que notamment la théologie spéculative essaie d'interpréter avec
rigueur. Cependant, on ne peut oublier qu'en toutes ses formes le langage
théologique reste toujours analogique, son dernier critère de vérité
résidant dans sa capacité de dire la Révélation. La regula fidei est la
regula veritatis. La présente recherche est restée attentive aux divergences
qui caractérisent le ministère du diaconat au cours des diverses époques
historiques et qui encore aujourd'hui animent le débat qu'il suscite. La
réflexion ici presentée se fonde sur la conscience vive du don fait par
Jésus-Christ à son Église, quand il a communiqué aux Douze une
responsabilité particulière pour l'accomplissement de la mission que
lui-même a reçue du Père. L'Esprit n'a jamais manqué à l'Église pour lui
faire découvrir les richesses que Dieu met à sa disposition et qui toujours
de nouveau rendent témoignage de sa fidelité au projet de salut qu'il nous
offre en son Fils. C'est par sa condition de serviteur, par sa diaconie
assumée en obéissance au Père et en faveur des hommes que, selon les
Écritures et la Tradition, Jésus-Christ a réalisé le dessein divin de
salut. C'est seulement à partir de ce donné premier christologique que l'on
peut comprendre la vocation et la mission de la diaconie dans l'Église,
manifestée dans ses ministères. À cette lumière, nous nous demanderons d'abord
quelle est la signification historique et théologique du ministère des
diacres au cours de l'histoire de l'Église, quelles ont été les raisons de
sa disparition, pour nous interroger enfin sur la portée de l'introduction
aujourd'hui d'un ministère diaconal effectif au service de la communauté
chrétienne.
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