CONGREGATION POUR LES INSTITUTS DE VIE CONSACREE ET LES SOCIETES DE
VIE APOSTOLIQUE
LA COLLABORATION INTER-INSTITUTS
POUR LA FORMATION
Instruction
ABREVIATIONS
Documents du Concile Vatican II
CD - Décret Christus Dominus, 1965. LG - Constitution dogmatique Lumen gentium, 1965. OT - Décret Optatam totius, 1965. PC - Décret Perfectæ caritatis, 1965.
Documents des Papes
ChL - Exhortation apostolique Christifideles laici, Jean-Paul
II, 1988. PB - Constitution apostolique Pastor bonus, 1988. PDV - Exhortation apostolique Pastores dabo vobis, Jean-Paul II,
1992. RM - Encyclique Redemptoris missio, Jean-Paul II, 1990. VC - Exhortation apostolique Vita consecrata, Jean-Paul II, 1996.
Autres documents du Saint-Siège
c. - Canon du Code de Droit canonique, 1983. EE - Eléments essentiels de la doctrine de l'Eglise sur la vie
consacrée, CRIS, 1983. MR - Mutuæ relationes, CRIS et Congrégation pour les
Evêques, 1978. PI - Potissimum institutioni, Directives sur la formation dans les
instituts religieux, CIVCSVA, 1990. RC - Renovationis causam, CRIS, 1969. RFIS - Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis, Congrégation
pour l'Education catholique, 1970. RPH - Religieux et promotion humaine, CRIS, 1980. VFC - La vie fraternelle en communauté, CIVCSVA, 1994.
INTRODUCTION
1. Attentive aux conditions du temps présent et guidée par
le Seigneur, l'Église est en permanence incitée à
prendre soin de la formation de ses membres en vue de la croissance du
Corps du Christ.(1)
Consciente de ce que la vie religieuse représente pour le peuple
de Dieu, (2) la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée
et les Sociétés de vie apostolique a jugé qu'elle
avait le devoir de réfléchir sur la formation des membres
des instituts religieux dans les circonstances actuelles et de proposer
des directives aptes à garantir que celle-ci soit complète,
solide et en harmonie avec le cheminement de l'Église. La
publication de l'Instruction Potissimum institutioni (3) est le
fruit de cet effort.
2. L'intention du présent document est d'approfondir l'une des
questions dont traite l'Instruction dont nous venons de parler, à
savoir la collaboration entre les instituts qui se consacrent aux uvres
de l'apostolat (4) pour la formation de leurs membres.(5)
Ce qui est dit des instituts religieux dans le présent document
s'applique aussi aux sociétés de vie apostolique, en tenant
compte de leur caractère propre.(6)
3. La collaboration entre les instituts dans le domaine de la formation
est née de la nécessité de donner une réponse
aux défis que posent les situations concrètes; elle découle
aussi d'exigences pédagogiques déterminées. Au début,
cette collaboration s'est surtout développée là où
les familles religieuses ont un nombre limité de candidats, soit
parce qu'il y a moins de vocations, soit parce que ces vocations sont les
premiers fruits du travail apostolique des jeunes Églises. À
cela se sont ajoutés le manque de formateurs et de formatrices
ainsi que le petit nombre d'enseignants bien préparés. Cela
a conduit de nombreux instituts à unir leurs forces, car ils
ressentaient la nécessité de donner à leurs membres
une formation plus complète et plus profonde.
En même temps a joué, dans de nombreux cas, la nécessité
que la formation initiale se déroule dans un milieu qui ne soit pas
étranger à la culture des candidats ou des candidates, de
manière à favoriser une unification positive entre la vie de
chaque institut et la culture propre des membres qui y sont accueillis.
Cette nécessité, qui se retrouve dans les zones géographiques
et culturelles les plus diverses, a trouvé une solution valable
dans les « Centres inter-instituts » de formation.(7) Ceux-ci,
en effet, ont contribué à éviter la transplantation
des candidats dans d'autres cultures pendant les étapes initiales
de leur vie religieuse.
La conscience toujours plus claire des multiples exigences et des
difficultés qui caractérisent la démarche de
formation a aussi poussé les instituts à créer de
tels Centres. Les instituts qui désirent offrir aux jeunes en
formation un parcours éducatif le plus complet possible sont chaque
jour plus nombreux. Dans leurs communautés de formation, ils
continuent à transmettre le patrimoine spirituel de leur institut.
Mais ils ressentent aussi la nécessité de communiquer ce qui
depuis toujours constitue le précieux patrimoine commun de la vie
consacrée, richesse qui provient d'une expérience séculaire
de l'Église, ainsi que des urgences et des aspirations de notre
temps. La synthèse profonde et intégrale de tous ces éléments
est une tâche très complexe et ne peut pas toujours être
réalisée par les formateurs et les enseignants d'un seul
institut.
L'initiative des Centres inter-instituts de formation, quand elle est
bien réalisée, est positive et fait mieux prendre conscience
de la communion ecclésiale dans la variété des
vocations et des charismes ainsi que des multiples façons de servir
la mission de l'Église. Le Pape Jean-Paul II s'est exprimé
ainsi à ce sujet: « Pour assurer aux nouvelles générations,
aux formateurs et aux formatrices ainsi qu'à tous les religieux et à
toutes les religieuses une préparation appropriée, vous avez
créé et lancé de nombreuses formes de coopération
».(8) De la sorte, on peut « mettre à profit le travail
des meilleurs collaborateurs de chaque institut; et, parallèlement,
assurer des services susceptibles non seulement de remédier à
de possibles limitations, mais aussi de créer un style valable de
formation à la vie religieuse ».(9)
Dans ce même message, le Saint-Père souligne en outre que
ces initiatives inter-congrégations « aideront en même
temps à mettre en valeur les charismes spécifiques, en développant
la communion et la conscience de la complémentarité dans la
fraternité, et en ouvrant des horizons de charité pour l'Église
universelle et pour l'Église locale tout entière ».(10)
Le Saint-Père réaffirme ainsi les orientations
fondamentales du Concile Vatican II en ce qui concerne la formation.
Celles-ci ont été ratifiées par l'expérience
qui s'est approfondie dans la vie religieuse ces dernières années.
La doctrine exposée par le Concile et par les documents ultérieurs
du Magistère montre la profonde unité qui existe entre la
formation, le renouveau et la mission des instituts religieux.(11) Elle
fait même ressortir que la formation est un facteur primordial pour
le renouveau des instituts et pour une assimilation plus vitale des
charismes propres de leur identité, face à l'évolution
continuelle de notre temps. Une forte qualité de la formation est
une condition indispensable pour que les instituts accomplissent leur
mission dans un monde qui pose des questions fondamentales au sujet de la
foi et de la vie consacrée, à partir des problèmes
scientifiques, humains, éthiques et religieux.
I. PRINCIPES FONDAMENTAUX
ET DIRECTIVES PRATIQUES
4. Pour comprendre et accompagner le développement de ces
initiatives, la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée
et les Sociétés de vie apostolique a recueilli une vaste
documentation sur les Centres inter-instituts existants. L'examen de cette
documentation a aidé à réfléchir sur certaines
conditions fondamentales pour l'efficacité de la formation donnée
dans les Centres et des multiples initiatives de ces derniers: une claire
définition du but du Centre, la détermination de la
responsabilité ultime et des compétences concernant la
gestion, la qualité et la préparation du personnel
enseignant, l'articulation organique des programmes et leur réalisation
progressive. Pour créer un cadre qui aide à vivre et à
approfondir l'appel à la vie consacrée, la présence
des formatrices et des formateurs est aussi d'une importance capitale, de
même que l'harmonisation et la complémentarité entre
le programme inter-congrégations et le programme spécifique
de chaque institut.
5. Étant donné la diversité des circonstances dans
lesquelles ces Centres sont nés et de leur expérience somme
toute brève, des questions et des problèmes sont apparus
qu'il est opportun de signaler en vue d'un discernement et d'une
clarification. Certains concernent les rapports entre l'identité de
chaque institut et la communion dans la diversité, entre la volonté
des Centres d'offrir leurs services à tous et la légitime
liberté pour chaque institut d'en profiter ou non. D'autres
concernent la conception de la vie religieuse apostolique qui est à
la base de l'organisation pédagogique, et donc de l'articulation
des programmes et des critères de choix du personnel enseignant.
D'autres encore concernent la participation effective des responsables de
la formation des instituts, le contrôle de la formation, ainsi que
les conditions réelles qui permettent de transformer la vie en
commun provisoire des Centres en une expérience de profonde
communion ecclésiale et d'authentique formation spirituelle et
apostolique, ouverte aux nécessités de l'évangélisation.(12)
Principes fondamentaux
6. Face à cette réalité riche et complexe, et
prenant en compte les multiples initiatives existantes, il est de la
responsabilité du Dicastère de présenter quelques réflexions
et de donner des directives opportunes pour vérifier, confirmer et
développer ces expériences et d'autres similaires.
De telles directives se fondent sur les principes qui régissent
la formation initiale et permanente à la vie religieuse, dans la
variété de ses charismes et dans son rôle spécifique
par rapport à la communion et à la mission de l'Église.(13)
a) La formation: droit et devoir inaliénables de tout
institut
7. Avant d'aborder le sujet, il semble nécessaire de rappeler que
la formation est un droit et un devoir inaliénables de tout
institut.(14) Ce principe fondamental est à la base de tout le
document et mérite d'être mis en relief dès le départ,
pour situer la collaboration entre les instituts dans l'ensemble du
processus de formation.
7.1. Tout institut a une responsabilité primordiale en ce qui
concerne son identité. En effet, le « charisme des Fondateurs »
« expérience de l'Esprit, transmise à leurs
disciples, pour être vécue par ceux-ci, gardée,
approfondie, développée constamment en harmonie avec le
Corps du Christ en croissance perpétuelle » (15) est
confié à chaque institut comme un patrimoine original au bénéfice
de toute l'Église.(16) Cultiver son identité propre dans la «
fidélité créative » (17) signifie donc faire bénéficier
la vie et la mission du peuple de Dieu des dons et des expériences
qui les enrichissent,(18) et, en même temps, éviter que les
religieux en viennent à « s'insérer dans la vie de l'Église
d'une manière vague et ambiguë ».(19)
En conséquence, à tout institut est reconnue une juste
autonomie de vie, notamment de gouvernement, par laquelle il possède
dans l'Église une discipline propre et il peut garder intact et développer
son patrimoine spirituel et apostolique. Il appartient aux Ordinaires des
lieux de sauvegarder et de protéger cette autonomie.(20)
L'autonomie de vie et de gouvernement implique l'autonomie correspondante
en matière de formation, car « la première
responsabilité de la formation des religieux revient de droit à
chaque institut ».(21)
7.2. C'est à travers le processus de formation que s'effectue
l'identification au charisme propre, nécessaire tant à la
maturité des membres pour vivre et uvrer en conformité
avec le charisme Fondateur, qu'à l'identité et à
l'unité de l'institut, comme aussi à l'authenticité
de ses expressions dans les diverses cultures, (22) et enfin à la
communion et à la mission ecclésiales. En effet, «
compte tenu du fait que la formation initiale et permanente, selon le
charisme propre, est entre les mains de l'institut, la formation
inter-congrégations ne peut complètement suppléer au
devoir de formation permanente de ses membres. Cette formation doit être
empreinte, sous de multiples aspects, des caractéristiques propres
au charisme de chaque institut ». (23)
C'est pourquoi, conformément à ces principes, lorsque le
Code de Droit canonique parle de la formation au sens strict, il se réfère
seulement à la formation du religieux au sein de son institut, (24)
Toutefois, cela n'exclut pas la possibilité d'une collaboration,
qui est d'ailleurs reconnue et encouragée par le pape Jean-Paul II
dans l'exhortation post-synodale Vita consecrata. Il y précise
que, « dans cette perspective de communion et d'ouverture aux défis
de notre temps, les Supérieurs et les Supérieures, uvrant
en harmonie avec l'épiscopat, chercheront à recourir
au service des meilleurs collaborateurs de chaque institut ».(25)
7.3. L'Église, pour sa part, a le devoir de protéger et de
promouvoir le caractère propre des instituts et le sens de leur
charisme, faisant de cela l'un des principes fondamentaux de leur
renouveau, (26) car l'état constitué par la profession des
conseils évangéliques est « un don précieux et nécessaire
pour le présent et pour l'avenir du peuple de Dieu, parce qu'[il]
appartient de manière intime à sa vie, à sa sainteté
et à sa mission ».(27) En outre, le charisme de chaque
institut étant un don original et singulier que l'Esprit fait à
l'Église, celle-ci a le souci d'assurer les conditions spirituelles
et les instruments juridiques qui en garantissent la fécondité,
le développement et l'harmonie dans la communion ecclésiale.(28)
b) Collaboration et solidarité dans la formation
8. En relation avec le principe précédent, il faut
souligner à juste titre celui de la collaboration (29) et de la
solidarité entre les différents instituts, surtout entre
ceux qui sont présents dans une région géographique
et culturelle déterminée. En effet, la vie religieuse a
acquis une conscience plus profonde de la spécificité de
chaque charisme, de son rôle ecclésial particulier, mais
aussi des tâches et des éléments communs à tous
les instituts.
La formation a une base commune profonde. Celle-ci est en effet une
action de Dieu le Père qui, par l'action sanctifiante du
Saint-Esprit, modèle l'image du Fils dans ceux et celles qui sont
appelés, selon le projet du charisme propre. (30)
Par ailleurs, la collaboration trouve son sens dans la dimension
pneumatique et mystérique de l'Église, de laquelle découle,
par l'action de l'Esprit, la multitude des charismes; c'est aussi en vue
de la communion et de la mission de l'Église que convergent la vie
et le mandat missionnaire des instituts. Elle se fonde sur la richesse, la
vitalité et la beauté de l'Église, (31) et elle est féconde
parce que les différentes initiatives liées aux charismes se
complètent et s'éclairent réciproquement; en outre,
l'une révèle à l'autre ses propres dons à
travers la confrontation et le partage, (32) dans la fraternité.
L'une des expressions concrètes de collaboration et de solidarité
entre les familles religieuses est l'initiative, désormais répandue
dans des contextes divers, de créer des Centres inter-instituts
de formation, surtout quand les différents instituts n'ont pas
les moyens suffisants pour offrir à leurs membres une formation intégrale.
Le Saint-Père a parlé de cette collaboration dans
l'audience qu'il a accordée à l'U.I.S.G., disant: « La
chose essentielle est que, de la part des familles religieuses, il existe
une pleine collaboration dans la formation de leurs membres à un
amour total, sincère et joyeux envers Jésus, profondément
connu, suivi et obéi ».(33)
L'expérience recueillie indique que cette collaboration, quand
elle est bien menée, contribue à une meilleure appréciation
du charisme propre et de celui des autres; elle manifeste une solidarité
concrète entre communautés plus riches et communautés
plus pauvres en membres et en moyens; elle présente un témoignage
éloquent de la communion à laquelle l'Église est
appelée par vocation divine, et elle est de grande utilité
pour que la formation atteigne le niveau et l'ampleur requises par la
mission de la vie religieuse dans le contexte du monde actuel.
c) Centres inter-instituts et formation
9. Pour que ces Centres inter-instituts atteignent de manière
convenable leur but, c'est-à-dire qu'ils soient des « Centres
d'études » au service de la formation, ils doivent avoir présent
à l'esprit que:
La formation est un processus intégral dont les éléments
se compénètrent. Il existe en effet une profonde corrélation
ente la vie et la vérité; entre la théologie et les
sciences humaines; entre la recherche de la vérité et les
attentes, les espérances, les valeurs des jeunes; entre l'étude
et la cohérence dans les engagements personnels, entre les signes
des temps et la réponse pastorale appropriée. (34)
La préparation intellectuelle est une dimension
irremplaçable de la formation. L'organisation des matières
à étudier et le sérieux scientifique devront
contribuer à harmoniser les attitudes propres de la vie consacrée.
Les Centres offriront donc un service de haute qualité pour
concourir avec sagesse à la croissance intégrale des étudiants.
Le caractère inter-instituts des Centres requiert une
mise en valeur spéciale des aspects qui sont communs à tous.
Mais, en même temps, la collaboration et la solidarité
requièrent le respect et la mise en valeur de la diversité.
S'il n'en était pas ainsi, les Centres contribueraient probablement
à un nivellement qui les appauvrirait et qui ferait courir le
risque d'une uniformité spirituelle et pastorale inadaptée à
la complexité du monde à évangéliser, mais
aussi nuisible pour l'identité spécifique de chaque
institut. Dans ce cas, les Centres perdraient leur identité en tant
que services de la vie religieuse.
Directives pratiques
Des principes fondamentaux énoncés découlent
quelques directives pratiques pour les instituts religieux et pour les
Centres inter-instituts:
10. Les instituts religieux
a) Les Chapitres et les Supérieurs-Supérieures majeurs
Il appartient aux instituts, par leurs Chapitres et par leurs Supérieurs
ou Supérieures majeurs, d'établir dans leur Ratio les
principes et les normes de la formation, (35) d'assigner leur mission aux
formateurs et aux enseignants, et de veiller à ce que le processus
de formation se déroule conformément au caractère et à
la mission de l'institut et selon le droit. Quand les Supérieurs décident
d'envoyer les membres de leur congrégation dans un Centre
inter-instituts de formation, ils ne cèdent pas à autrui
leurs responsabilités, mais continuent à les exercer (cf.
nn. 11, 17 et 22) avec la « pleine responsabilité de gardiens
et de maîtres ».(36)
b) La communauté formatrice
Dans toutes les formes de collaboration inter-instituts, il faut bien
marquer la distinction nécessaire entre la communauté
formatrice et le Centre inter-instituts.(37) La communauté
formatrice est l'instance première de référence,
qu'aucun Centre ne peut remplacer. C'est là le milieu dans lequel
va croître et mûrir, dans l'esprit des Fondateurs respectifs,
l'identité personnelle et la réponse à la vocation reçue.(38)
L'approfondissement de l'identité du charisme se fait en premier
lieu par le contact étroit avec les formateurs ou formatrices, et
avec les frères et les surs avec lesquels sont partagés
la même expérience de vie, les mêmes défis
venant de la société, et les traditions de l'institut. (39)
Cette communauté formatrice demeure donc toujours le lieu de la
synthèse vitale de l'expérience de formation. (40) « La
fidélité au charisme propre a besoin d'être
approfondie dans la connaissance, chaque jour plus vaste, de l'histoire de
l'institut, de sa mission particulière et de l'esprit de son
Fondateur, en s'efforçant en même temps de l'incarner dans la
vie personnelle et communautaire ». (41)
Là où les circonstances ne permettraient pas aux religieux
de vivre dans leur communauté formatrice pendant qu'ils fréquentent
un Centre inter-instituts, les supérieurs et supérieures ont
le devoir de veiller à ce qu'ils puissent vivre périodiquement
des temps forts de formation et de vie communautaire dans leur propre
institut. (42)
11. Les Centres inter-instituts de formation (43)
a) Les Centres et leur constitution
Les Conférences de Supérieurs ou Supérieures
majeurs, qui ont pour but de « promouvoir une collaboration plus
efficace pour le bien de l'Église », (44) ou un groupe de Supérieurs
ou Supérieures majeurs, qui voudraient collaborer ensemble pour la
formation, peuvent pour cela organiser des services ou fonder des Centres
inter-instituts. (45)
Ceux-ci sont de types très variés. Certains sont destinés
à fournir des services complémentaires; d'autres pourvoient à
la formation des religieux et religieuses du point de vue doctrinal;
d'autres enfin sont des structures spécifiques pour la préparation
des religieux candidats au sacerdoce. Les normes et directives qui suivent
tiennent compte de ces différences.
Pour l'érection du siège d'un Centre inter-instituts de
formation, le consentement écrit de l'Ordinaire du lieu est requis.
b) La responsabilité de la direction
C'est aux Supérieurs et Supérieures qui sont à
l'origine du Centre qu'en revient la responsabilité ultime. Dans
l'esprit de Mutuæ relationes, ils chercheront les moyens les
plus opportuns pour informer les Évêques sur les activités
du Centre et pour avoir avec eux un dialogue ouvert qui apporte
enrichissement et promotion au dit Centre. (46) Le Saint-Père
rappelle que ceux-ci ont la responsabilité d'accompagner l'activité
de ces Centres et aussi de garantir que l'enseignement donné soit
conforme au Magistère de l'Église. (47)
Toute initiative inter-instituts doit être gérée
directement par une équipe sous la conduite d'un responsable
propre, avec des garanties de stabilité et de compétence en
matière de formation.
c) Les enseignants
Dans le choix des enseignants, on tiendra compte de la saine doctrine,
des compétences spécifiques, de la capacité pédagogique
et de l'aptitude au travail en équipe. En outre, on considérera
leur connaissance et leur estime de la vie religieuse dans la variété
de ses formes et de ses développements selon l'esprit du Concile
Vatican II et du Magistère.
Les Centres entretiendront chez les enseignants une vive conscience de
la formation, et aussi ils organiseront des rencontres d'échanges
et d'évaluation avec les formateurs.
II. LA COLLABORATION
DANS LES DIFFÉRENTES ÉTAPES
DE LA FORMATION
12. Les initiatives de collaboration se situent dans le domaine de la
formation religieuse dans ses diverses étapes. Elles peuvent
concerner la formation initiale: préparation au noviciat,
formation des novices, des religieux et des religieuses de vux
temporaires, des candidats aux ministères ordonnés; et la
formation permanente.
Les services seront organisés par la Conférence des Supérieurs
ou Supérieures majeurs, ou par un groupe de Supérieurs ou
Supérieures majeurs, qui en seront responsables en dernier ressort.
Il leur appartiendra d'informer cette Congrégation de la vie et des
activités du Centre.
L'organisation des programmes doit offrir une aide efficace à la
formation doctrinale et à la croissance des étudiants et étudiantes
dans leur vocation, selon les critères indiqués par le Droit
canonique (48) et les normes complémentaires émanant des
instances compétentes.
Les cours seront fondés sur le Mystère du Christ (49) et développés
progressivement en prêtant attention aux personnes et aux cultures.
Ils présenteront aux étudiants et étudiantes la théologie
de la vie consacrée et ils les aideront à approfondir le
sens de « cette unique charité ecclésiale qui engage
chacun au service de la communion organique charismatique et en même
temps hiérarchiquement structurée du peuple de Dieu
tout entier ». (50)
La préparation au noviciat
13. Compte tenu de la diversité des expériences humaines
et de la formation religieuse des candidats et candidates, la préparation
au noviciat, dans les circonstances socio-culturelles actuelles, se révèle
chaque jour plus nécessaire et demande plus d'investissement. (51)
Les initiatives inter-congrégations offriront aux candidats et
candidates des divers instituts des programmes qui abordent de manière
compétente et solide le contenu fondamental de la formation humaine
et chrétienne, de manière à promouvoir la formation
intégrale et à combler d'éventuelles lacunes. Il faut
par ailleurs que les formateurs et formatrices eux-mêmes puissent bénéficier
de programmes spécifiques pour initier à la vie religieuse
et pour mettre en uvre des instruments et des critères en vue
d'un discernement attentif des vocations. Ce service est particulièrement
utile aux formateurs et aux formatrices qui travaillent dans des cultures
différentes de la leur ou qui accompagnent des candidats et
candidates de cultures différentes.
Le noviciat
14. Le noviciat constitue une étape de formation fondamentale et
délicate. (52) Au cours de celle-ci, la jeune fille ou le jeune
homme commence le chemin de son identité vocationnelle dans la vie
religieuse. (53) Cette étape a pour finalité de former
convenablement le ou la novice dans l'esprit et la pratique de la vocation
spécifique de son institut et d'évaluer ultérieurement
les motivations du choix de la vocation, l'engagement spirituel et
l'aptitude nécessaire. Dans tout institut, cette étape
requiert un accompagnement personnalisé, attentif à la
croissance de chaque novice, un climat de formation qui soit évangélique,
serein, imprégné de valeurs, soutenu par le témoignage
joyeux des formateurs et de la communauté, nourri par l'expérience
authentique et profonde du charisme de la fondation. (54)
Là où les circonstances le demandent, un programme
inter-instituts peut concourir à la formation doctrinale appropriée
de ceux et de celles qui commencent leur formation à la vie consacrée,
de manière à les aider à se définir eux-mêmes
comme membres de l'Église en tant que mystère, communion et
mission, et à agir comme tels, développant, par le dialogue
et l'échange, des attitudes de coresponsabilité fraternelle.
Il faut toutefois avoir présent à l'esprit qu'« on peut
parler de cours inter-congrégations pour novices hommes
ou femmes, distincts entre eux, mais on ne peut pas parler de noviciat
inter-congrégations ». (55)
15. La collaboration inter-instituts, durant l'étape du noviciat,
reste de l'ordre des « services complémentaires ». Dans
cette collaboration n'entre pas la création de ce qu'on a appelé
les « noviciats inter-congrégations », qui comporteraient
pour les novices, hommes et femmes, la vie dans une même communauté.
Cela, en effet, ne correspond pas à la spécificité
propre du début de la vie religieuse, qui doit introduire à
ce qui caractérise le patrimoine de chaque institut. Chaque
institut donc doit avoir son noviciat.
16. Dans l'organisation de ces « services complémentaires »,
on tiendra compte de ce qui suit:
a) Pour assurer la nécessaire harmonie entre les cours
offerts par le Centre et le processus de l'initiation à la vie
religieuse de chaque institut, il est opportun, voire nécessaire,
que les maîtres ou maîtresses des novices soient présents
aux cours, afin d'aider les novices à en assimiler le contenu.
b) Le programme devra offrir des cours fondamentaux sur différents
thèmes, de telle sorte que les instituts puissent choisir ceux qui
complètent la formation qu'ils donnent eux-mêmes. Le
programme doit être bien structuré et harmonieux; il
comprendra des éléments fondamentaux en Écriture
Sainte, en théologie spirituelle, en théologie morale, en
ecclésiologie, en théologie et en droit de la vie religieuse
notamment de chacun des conseils évangéliques ,
en liturgie, ainsi que les concepts fondamentaux en anthropologie et en
psychologie qui donnent à la personne, au début de son
parcours de formation, la possibilité de mieux se connaître,
particulièrement dans les domaines les plus nécessaires de
la formation. (56) Tous les thèmes seront approfondis en fonction
de leur valeur dans la formation.
c) Durant le noviciat, la fréquence des cours et leur
intensité ne seront pas telles qu'elles fassent obstacle à
la finalité propre de cette étape de la formation. (57) Les
cours seront dispensés de telle sorte qu'ils n'obligent pas à
vivre hors du noviciat. Au cas où les novices devraient pour cela
se rendre ailleurs pour de brèves périodes et
ponctuellement, le Supérieur majeur ou la Supérieure majeure
s'en tiendra aux canons 647 § 2, 648 §§ 1 et 3, et 649 §
1.
d) En outre, il convient de favoriser la connaissance des
instituts religieux respectifs, des Fondateurs et des Fondatrices, ainsi
que des différentes spiritualités. L'échange
fraternel contribue en effet à faire mûrir une plus vive
estime de l'originalité propre de chaque fondation, à découvrir
la valeur de chaque Fondateur dans la participation à la mission de
l'Église, ainsi qu'à promouvoir la collaboration et un
esprit de communion. (58)
e) À intervalles réguliers les formateurs et les
formatrices, selon leurs compétences, (59) feront avec l'équipe
responsable du Centre en prenant aussi l'avis des personnes en
formation une révision du programme et, en fonction de la réponse
des personnes, une révision de la finalité des cours. Les
Supérieurs et Supérieures majeurs, vu leur responsabilité
première dans la formation, seront soigneusement fidèles à
ces initiatives.
f) Les cours peuvent offrir aux maîtres et aux maîtresses
des novices l'occasion d'un recyclage constant, d'une révision de
leur tâche de formation, d'une confrontation et d'un soutien réciproques
concrets et éclairants. Étant donné la nature de
cette étape initiale, caractérisée par le processus
de maturation psychologique et d'identification des novices au charisme,
qui leur permettra d'acquérir un nouveau style de vie, les
programmes de collaboration prévoiront, dans la mesure du possible,
des rencontres de formateurs et de formatrices pour traiter des thèmes
pédagogiques spécifiques qui seront ensuite approfondis dans
les noviciats, entre autres le développement psycho-physiologique,
la maturité affective et sexuelle, et d'autres aspects de la
maturité humaine. (60)
La formation des profès et professes temporaires
17. L'instruction Potissimum institutioni, se référant
aux normes du Code (61) et aux exigences caractéristiques de la
formation des religieux et religieuses de vux temporaires, indique
les lignes fondamentales et offre des indications utiles à propos
des objectifs et des programmes d'étude.(62)
Chaque institut, de son côté, selon son plan de formation,
a « la grave responsabilité de prévoir l'organisation
et la durée de cette étape de la formation et de fournir au
jeune religieux les conditions favorables à une réelle
croissance dans la donation de soi au Seigneur ».(63)
a) Dans cette étape aussi, les initiatives inter-congrégations
surtout en ce qui concerne les instituts qui ne peuvent y pourvoir
autrement entendent favoriser la qualification des jeunes religieux
et religieuses, en ce qui concerne leur consécration, et promouvoir
l'approfondissement de leur formation spirituelle, doctrinale et
pastorale, un soin particulier étant accordé à
l'histoire, à la théologie et à la mission de la vie
consacrée ainsi qu'à l'engagement dans la préparation
pastorale.
b) En particulier, pour mieux répondre aux exigences spécifiques
de cette étape de la formation, les initiatives de collaboration
inter-instituts doivent tenir compte des caractéristiques et des
circonstances de la vie des profès et professes temporaires.
Le temps de la profession temporaire se caractérise en effet
comme un moment particulièrement propice pour la maturation, dans
la configuration au Christ, (64) d'une perception du monde, de l'Église
et de l'histoire qui soit imprégnée de foi. C'est un temps
propice pour se préparer avec ardeur à la mission royale,
sacerdotale et prophétique du peuple de Dieu; cela exige l'étude
des disciplines théologiques, l'approfondissement des fondements
bibliques de la vocation à suivre radicalement le Christ, en même
temps qu'une connaissance appropriée, dans la perspective d'une
sage recherche, des moyens et des degrés qui conduisent à la
maturité humaine et chrétienne. C'est pourquoi, durant cette
étape de la formation, alors que se poursuivra l'étude de la
Sainte Écriture et des autres matières théologiques,
comme, par exemple, la christologie, l'ecclésiologie, la
mariologie, la morale et la théologie de l'histoire, on
approfondira des thèmes de spiritualité, d'ascétique
et de sciences humaines qui contribuent à la maturité de la
personne dans le Christ. (65)
c) Puisque la vie communautaire doit, dès le commencement
de la formation, faire apparaître « la dimension missionnaire
intrinsèque de la consécration », (66) et que cette étape
se caractérise par des engagements apostoliques assumés au
nom de la communauté, des cours de catéchèse et de pédagogie,
surtout de pastorale de la jeunesse, seront de grande utilité. En
effet, les engagements apostoliques exigent la connaissance la plus
profonde de certains thèmes de l'ecclésiologie promue par le
Concile Vatican II, comme, par exemple, la collaboration pastorale des
religieux et des religieuses avec les prêtres et les laïcs sous
la direction des Pasteurs, (67) le Droit de l'Église, la «
missio ad gentes », l'cuménisme, le dialogue
inter-religieux, (68) les rapports de l'Église avec le monde, les
devoirs sociaux et politiques des chrétiens et la responsabilité
spécifique des personnes consacrées dans ce domaine.(69)
Tous ces thèmes devront fournir un fondement solide à
l'action pastorale et missionnaire de l'Église, mystère et
communion, à l'heure de la nouvelle évangélisation.
Dans cette étape de la profession temporaire, il sera utile de développer
la contribution que le charisme des différents instituts leur
permet d'apporter à la mission de l'Église.
d) Ces tâches pourront être accomplies par des
Centres d'études spécialisés dont on parlera dans la
troisième partie, ou par des initiatives ou des cours plus
accessibles, en raison soit du niveau des études, soit du nombre réduit
des matières proposées, soit d'une durée moindre du
cursus.
La collaboration inter-instituts revêt une importance particulière
pour ce qui est des initiatives ou des cours destinés à la
préparation de la profession perpétuelle. (70)
En ce qui concerne également les initiatives et les cours de
cette étape, on fera participer les formateurs et les formatrices à
l'établissement des programmes, à leur application et à
leur évaluation. Cela peut les inciter à actualiser leurs
connaissances en vue de leur tâche, et c'est pour tous une occasion
d'échanges afin de répondre plus efficacement aux attentes
des jeunes.
e) Les religieux et les religieuses qui fréquentent
d'autres Centres d'études, spécialement publics (Universités,
Académies, etc.) pour accéder à des études
humanistes, scientifiques ou techniques, pourront trouver dans les Centres
inter-instituts la possibilité de compléter leur formation,
surtout avec des cours de théologie et de pastorale.
La formation permanente
18. « Pour les instituts de vie apostolique comme pour ceux de vie
contemplative, la formation permanente fait partie des exigences de la
consécration religieuse ». (71) Elle favorise la mise à
jour théologique et pastorale, ainsi que la qualité de la
vie de chaque membre et celle de toute la communauté, en prêtant
une plus grande attention aux périodes d'activité particulière
ou à celles qui exigent une expérience plus intense de vie
intérieure.(72) En ce qui concerne ce processus dynamique de
formation, « il y a une jeunesse de l'esprit qui demeure dans le
temps: elle est liée au fait que le sujet cherche et trouve, dans
toutes les étapes de sa vie, une tâche différente à
accomplir, une manière spécifique d'être, de servir et
d'aimer. [...] Si la personne à toutes les étapes de sa vie
est le sujet de sa formation, la finalité de la formation est l'être
humain intégral, appelé à chercher et à aimer
Dieu de tout son cur, de toute son âme et de tout son
pouvoir (Dt 6, 5) et son prochain comme lui-même.
L'amour de Dieu et des frères est une force dynamique, qui peut
constamment être source d'inspiration sur le chemin de la croissance
et de la fidélité ».(73) Chaque institut est appelé
à pourvoir à la formation permanente de manière
organique et en conformité avec son caractère propre. Il
peut ainsi devenir un modèle de vie consacrée, de fraternité
et d'engagement apostolique pour la nouvelle génération en
formation, et attirer, par sa vitalité et sa fécondité,
de nouvelles vocations.(74)
L'instruction Potissimum institutioni et l'exhortation Vita
consecrata ont donné une large place à la formation
continue, (75) décrivant sa nature, précisant ses objectifs
et son contenu, demandant aux supérieurs et aux supérieures,
selon les normes du Code, de procurer à leur confrères et à
leurs consurs « les moyens et le temps nécessaires »
(76) pour la réaliser et de désigner un ou une responsable
de la formation permanente.
La collaboration inter-instituts peut se révéler utile
pour l'organisation de services permanents et temporaires qui donnent un
nouvel essor à la vie spirituelle, à la mise à jour
théologique et pastorale, et à une qualification renouvelée
afin de réaliser avec compétence la tâche confiée.
Elle donnera une place éminente à l'approfondissement des
lignes générales et des priorités pastorales de l'Église,
afin de mieux réaliser sa mission évangélisatrice
dans le monde d'aujourd'hui. Il est souhaitable que les familles
religieuses rendent disponible pour cela leur personnel le mieux préparé.
Les Conférences des Supérieurs et Supérieures
majeurs et les responsables des Centres d'étude prévoiront
parmi leurs objectifs et leurs programmes des initiatives appropriées
pour la formation continue des religieux et des religieuses. Il est également
souhaitable qu'il y ait entre eux une collaboration et une complémentarité
toujours plus efficaces.
III. LES INSTITUTS DE SCIENCES RELIGIEUSES
ET DE FORMATION PHILOSOPHIQUE ET THÉOLOGIQUE
19. Dans la première et la deuxième parties, il a été
question de quelques critères fondamentaux en rapport avec les
initiatives inter-instituts de formation, et des formes possibles de
collaboration dans les différentes étapes de la formation
elle-même. Dans cette troisième partie, par contre, il s'agit
des instituts de sciences religieuses et des instituts de philosophie et
de théologie qui donnent une formation académique complète
et qui ont donc une structure juridique et des exigences d'organisation
particulières.
Il est utile de rappeler que la formation des religieux frères,
des religieuses, des diacres permanents, et la formation des religieux
candidats au sacerdoce, ont chacune des exigences spécifiques qui
doivent être respectées. En outre, dans l'intérêt
de l'identité de chacun, il est nécessaire de distinguer
entre formation sacerdotale, diaconale et celle que requièrent
d'autres services ecclésiaux.(77) En conséquence, dans l'élaboration
du contenu des programmes, le Centre d'études qui s'occupe de la préparation
de ces personnes consacrées tiendra compte des caractéristiques
propres de chaque groupe.
Les instituts de sciences religieuses
20. Les instituts de sciences religieuses ont été créés
pour donner aux religieux frères et aux religieuses un niveau
approprié de formation humaniste, théologique et pastorale,
en tenant compte du contexte socioculturel des personnes auxquelles ces
cours sont proposés, pour leur donner la qualification voulue et
mieux les préparer aux différents services ecclésiaux,
selon les finalités des instituts.(78)
Il sera nécessaire d'offrir aux étudiants et aux étudiantes
un solide bagage philosophique et théologique, de les rendre aptes
aux tâches d'éducateurs de la foi, de les préparer à
l'annonce explicite de l'Évangile et à la promotion humaine
et sociale, de les rendre sensibles au rapport entre Évangile et
culture, au dialogue cuménique et inter-religieux, au
discernement des signes des temps, à leur insertion dans la
pastorale organique ainsi qu'à l'ouverture missionnaire en
communion avec l'Église universelle et particulière.
Ils devront également offrir une bonne préparation, imprégnée
des valeurs évangéliques, en matière de sciences
humaines (pédagogie - psychologie - sociologie - sciences des
communications sociales) afin qu'ils soient capables de s'en servir dans
la transmission de la foi et dans la formation des disciples du Christ.
En outre, il faut développer une bonne connaissance des groupes
humains et des contextes culturels qu'ils devront évangéliser,
collaborant ainsi à surmonter le danger de dichotomie entre la
formation que les religieux et religieuses reçoivent et les
processus d'évangélisation correctement inculturés.(79)
Ils proposeront enfin des cours qui rendent les religieux et religieuses
capables d'accomplir plus efficacement leur apostolat spécifique
dans l'Église: cours de pastorale de la jeunesse, des malades, du
troisième âge, des marginaux, ou en vue d'autres activités
apostoliques propres à la mission des divers instituts.
21. La fondation et la direction des ces instituts de formation dépendent
des Conférences des Supérieurs ou des Supérieures
majeurs, ou d'un groupe de Supérieurs ou Supérieures
majeurs, auxquels incombe la responsabilité ultime. Il faut que
chaque Centre ait des statuts propres, dans lesquels soient définis
le but, les destinataires, les services que l'on entend proposer et
l'organisme qui en détient la responsabilité immédiate.
La confirmation de l'érection et l'approbation des statuts sont du
ressort de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée
et les Sociétés de vie apostolique.
Pour assurer le déroulement correct de son fonctionnement, il
faut que le Centre soit dirigé directement par une équipe
avec responsabilité propre. Celle-ci, dans l'accomplissement de la
tâche qui lui est demandée, devra garantir la stabilité
et la compétence en matière de formation. Tous les trois
ans, elle enverra à cette Congrégation un rapport sur les
activités réalisées.
Pour l'organisation des cours, on se conformera à ce qui est
prescrit par le Code aux cc. 659, 660 et 661, ainsi qu'au n. 61 de Potissimum
institutioni.(80)
Les instituts de sciences religieuses destinés à la
formation de ceux qui ne sont pas candidats au sacerdoce sont encouragés
à être affiliés à une Faculté de théologie.
Cela leur permettra de promouvoir une meilleure formation doctrinale des étudiants
et des étudiantes, afin qu'ils puissent éventuellement acquérir
des grades académiques ou des diplômes.(81)
L'éventuelle reconnaissance civile de ces instituts est d'une
grande utilité; toutefois, cela ne doit pas porter préjudice
à leurs finalités de formation ou les altérer.
Dans ce domaine, les universités catholiques, ainsi que d'autres
organismes au niveau des Églises locales, peuvent proposer des
initiatives d'études valables, à réaliser en
collaboration entre les Évêques et les Supérieurs et
Supérieures majeurs.(82)
Les instituts de formation théologique et philosophique
pour les religieux candidats au sacerdoce
22. Les normes fondamentales qui régissent les Centres
inter-instituts de formation philosophique et théologique pour les
religieux candidats au sacerdoce sont les suivantes:
a) Érection canonique. Avant de procéder à
l'érection canonique d'un Centre inter-instituts d'études
philosophiques et théologiques, on devra obtenir, pour l'érection
du Centre et pour ses Statuts, l'approbation de la Congrégation
pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés
de vie apostolique,83 qui demandera au préalable l'avis de la Congrégation
pour l'Évangélisation des Peuples, compétente en ce
qui concerne les territoires de mission, et l'approbation de la Congrégation
pour l'Éducation catholique 84 pour ce qui est de l'organisation
des études de philosophie et de théologie, ainsi que des
grades académiques. À ce sujet, les instituts de philosophie
et de théologie réservés aux candidats au sacerdoce
sont encouragés à s'affilier respectivement à une
Faculté de philosophie ou à une Faculté de théologie.(85)
b) Autorité de l'institut. Dans les Statuts, il sera
clairement défini de quelle manière s'exercera l'autorité
des Supérieurs majeurs qui constituent l'organisme responsable du
Centre.
Il revient à cette autorité ou à celle qu'elle aura
déléguée à cet effet habituellement le
Conseil de direction de nommer, confirmer ou remplacer les
enseignants, selon la procédure prévue par les Statuts,(86)
ainsi que de demander le consentement du Supérieur compétent
et de recevoir la « profession de foi » requise.(87) À la
nomination d'enseignant doit être joint le « mandat »
d'enseigner au nom de l'Église.(88) L'enseignement que les
professeurs donneront aux étudiants « une présentation
objective et complète de la doctrine, structurée en harmonie
avec le Magistère de l'Église ».(89)
Cette même autorité tiendra informés de la formation
donnée et de la marche du Centre les Supérieurs majeurs qui
envoient des étudiants et qui doivent garantir auprès de l'Église
et de leur Congrégation la formation appropriée des futurs
religieux prêtres. Il est nécessaire que cette autorité
informe aussi le Président de la Commission mixte Évêques-Supérieurs
majeurs religieux, afin de promouvoir la connaissance mutuelle et la
collaboration.(90) Les supérieurs des étudiants
qu'ils soient Supérieurs religieux ou Évêques
responsables ou, le cas échéant, leurs représentants,
seront invités à des réunions périodiques de
consultation sur la marche du Centre. Là où l'incidence ecclésiale
et pastorale du Centre l'exige, il est recommandé, dans un esprit
de communion, qu'un Évêque soit membre du Conseil de
direction.(91)
c) Programmes. La formation intellectuelle du futur prêtre
est fondée surtout sur l'étude de la Sacra Doctrina,
et elle se développe à partir d'elle.
« La vraie théologie provient de la foi et entend conduire à
la foi ».(92) « La formation théologique sera donnée
de manière que, à la lumière de la foi et sous la
conduite du Magistère, les séminaristes connaissent l'entière
doctrine catholique fondée sur la Révélation divine,
y trouvent un aliment pour leur propre vie spirituelle et puissent, dans
l'exercice du ministère, l'annoncer et la défendre
correctement ».(93)
En ce qui concerne les études, on prêtera une attention spéciale
à ce que le contenu et les matières prévus pour les
six ans de philosophie et de théologie soient complets.(94) En
respectant les exigences propres de la vie religieuse sacerdotale et «
l'unité du sacerdoce catholique », qu'il soit séculier
ou religieux, (95) ces études devront tenir compte du plan de
formation sacerdotale établi par le Saint-Siège et par la
Conférence épiscopale du pays, (96) veillant à ce que
soit toujours inclus un cours approprié de théologie et de
spiritualité de la vie religieuse ainsi que de théologie de
l'Église particulière.(97) Dans ce cas aussi, l'éventuelle
reconnaissance civile de ces instituts supérieurs ne devra pas
porter préjudice au programme d'études prescrit par l'Église
ou l'altérer.
Là où, pour des motifs sérieux, les instituts pour
la formation des religieux candidats au sacerdoce accueillent aussi des étudiants
candidats au diaconat permanent ou des frères et religieuses destinés
à d'autres activités apostoliques, le programme des études
pour les futurs prêtres doit apparaître comme une entité
pleinement reconnaissable et à part, (98) en évitant que la
formation ne soit une préparation ministérielle générale
commune à tous. C'est pourquoi on devra respecter les exigences spécifiques
des autres étudiants et étudiantes, leur offrant un
programme approprié à la préparation au ministère
du diaconat permanent ou aux services ecclésiaux qui correspondent à
leur vocation.
d) Enseignants. La valeur éducative et la consistance des
initiatives précédemment décrites dépendent en
grande partie, non seulement de l'organisation des programmes et de la vie
de l'institut lui-même, mais encore de la compétence spécifique,
du « sensus ecclesiæ » et de l'autorité des
enseignants en matière religieuse. Les enseignants se rappelleront
en particulier que leur enseignement « doit susciter et communiquer
l'intelligence de la foi au nom du Seigneur et de l'Église ».(99)
Les Supérieurs majeurs en tiendront compte dans le choix des
enseignants. De manière prioritaire par rapport aux autres tâches
pastorales, qu'ils sachent privilégier la préparation des
nouvelles générations, leur donnant les meilleurs
enseignants et formateurs. C'est une responsabilité ecclésiale
qu'ils ne peuvent négliger, pour le bien du peuple de Dieu, de la
vie religieuse et de leur institut, dans le présent comme dans
l'avenir.
En plus des compétences académiques, les enseignants
auront soin de cultiver les capacités didactiques que leur tâche
exige. (100) On s'appliquera tout spécialement à garantir la
qualité de l'enseignement pour les disciplines qui constituent la
partie fondamentale du cursus des études.
Il est nécessaire que tout enseignant dans les disciplines théologiques
soit en possession du mandat d'enseigner. (101) Les Supérieurs compétents,
avant de donner leur consentement à la nomination d'un enseignant,
s'assureront que l'intéressé a la préparation voulue,
la fidélité au Magistère et le respect de la
Tradition nécessaires, ainsi que la capacité de préparer
des prêtres pour le service des hommes de notre temps. (102)
e) Admission. Pour être admis au Centre d'études
philosophiques et théologiques, le candidat devra avoir acquis le
niveau d'études prescrit par les Statuts, compte tenu des normes
canoniques ainsi que des nécessités des temps et des lieux.
De plus, il faut une lettre de présentation du Supérieur
majeur ou du Supérieur de la maison de formation à laquelle
il est rattaché.
Des candidats du clergé diocésain peuvent aussi être
admis sur demande écrite de leurs Évêques respectifs,
qui, aux termes des Statuts du Centre, assument les droits et les devoirs
des Supérieurs qui y envoient des étudiants.
Le Centre a le droit d'exclure de ses cours un étudiant qui,
durant l'année, se révélerait incapable de
correspondre aux objectifs et aux conditions de l'admission, même
s'il présente de hautes capacités intellectuelles et une
grande application aux études. Un tel renvoi n'ôte pas à
son Supérieur la faculté de disposer pour lui d'autres
options ailleurs.
f) Communauté de formation et Centre d'études
philosophiques et théologiques. Le Supérieur et l'équipe
de formation de chaque institut religieux seront toujours les principaux
responsables de la formation religieuse et sacerdotale de leurs sujets.
Ils guideront et coordonneront la vie communautaire, le programme global
de formation et les cours complémentaires spécifiques de
leur institut, selon sa spiritualité et sa finalité
pastorale, en tant que réalité unifiante de la formation
humaine, doctrinale, spirituelle et pastorale. Ils garderont un contact périodique
avec le Centre d'études et ils s'intéresseront activement à
ses programmes.
Dans le processus de discernement et d'évaluation de l'idonéité
des religieux candidats au sacerdoce, les Supérieurs sauront
consulter les enseignants et les collaborateurs de la formation pastorale.
La communauté de formation pourra en tirer avantage, de même
que le Centre d'études, qui sentira sa responsabilité
davantage engagée dans le parcours de formation des futurs prêtres.
Enfin, il est souhaitable que tout institut religieux qui envoie des étudiants
au Centre s'engage à apporter sa contribution en mettant à
sa disposition quelques membres qualifiés pour l'enseignement et
l'animation de la vie du Centre lui-même.
g) Initiatives propres. Les initiatives de collaboration
inter-instituts mentionnées ci-dessus sont distinctes des Centres
philosophiques ou théologiques érigés sous la
responsabilité d'un institut religieux qui, tout en maintenant son
autonomie, admet comme étudiants des religieux d'autres instituts.
(103) Ces Centres suivent leurs normes propres.
IV. LA COLLABORATION INTER-INSTITUTS
POUR LA FORMATION DES FORMATEURS
ET DES FORMATRICES
Le service de la formation
23. Le service de la formation, « ministère ecclésial
» authentique (Paul VI), est un art, « l'art des arts ».
(104) Pour les formateurs et les formatrices, cela comporte un effort
constant pour connaître la réalité des jeunes, uni à
la capacité pédagogique et spirituelle d'accompagner et de
guider les jeunes. Leur service est une médiation qualifiée
par une dimension trinitaire précise: « La formation est ainsi
la participation à l'action du Père qui, par l'Esprit, développe
dans le cur des jeunes, garçons et filles, les sentiments du
Fils ». Pour exercer cette médiation participative,
« les formateurs et les formatrices doivent donc être des
personnes confirmées sur le chemin de la recherche de Dieu, pour être
en mesure d'accompagner aussi d'autres personnes dans cet itinéraire
[...]. Les connaissances de la sagesse spirituelle seront associées
à celles qu'offrent les moyens humains et qui aideront au
discernement de la vocation et à la formation de l'homme nouveau,
pour qu'il devienne vraiment libre ». (105) La charge exige donc une
sérieuse et solide préparation des futurs formateurs et
formatrices, et un dévouement généreux et total de
leur part dans leurs efforts pour être des imitateurs du Christ dans
le service de leurs frères. (106) « Malgré les grands
besoins apostoliques et les situations pressantes dans lesquelles les
familles religieuses exercent leurs activités, un souci aigu du
choix et de la préparation des formateurs et des formatrices
continue d'être prioritaire. Parmi les ministères et services
de l'Église, il s'agit de l'un des plus difficiles et des plus
exigeants. [...] Les jeunes gens et les jeunes filles ont surtout besoin
de maîtres qui soient pour eux: des personnes totalement données
à Dieu, des personnes qui connaissent et respectent le cur
humain et les chemins de l'Esprit, capables de répondre à
leurs exigences de croissante intériorité, d'expérience
de Dieu, de fraternité et d'initiative pour la mission. Des
formateurs qui sachent éduquer au discernement, à la docilité
et à l'obéissance, à la lecture des signes des temps
et des besoins du peuple, pour répondre à ces signes, avec
sollicitude et audace, mais en pleine communion ecclésiale ».
(107)
Choix sérieux et préparation solide des formateurs
24. Pour qu'une Famille religieuse ait à sa disposition des
membres qualifiés pour ce ministère, les Supérieurs
et Supérieures majeurs ont pour tâche primordiale de choisir
avec soin les futurs formateurs et formatrices. Les critères de
choix, les qualités exigées, la préparation et
l'aggiornamento devront être définis par les normes propres
de chaque institut et développés dans la Ratio
institutionis.
Ils leur offriront des programmes et des moyens pour leur assurer la
formation nécessaire dans les domaines de la théologie, de
la pédagogie, de la spiritualité et des sciences humaines,
comme aussi une compétence précise quant aux tâches
qu'ils devront accomplir tout au long du parcours de formation. Les
formateurs et les formatrices doivent être particulièrement
experts dans les matières qui se rapportent au patrimoine spirituel
du Fondateur ou de la Fondatrice.
Notre Dicastère encourage encore une fois les Familles
religieuses à poursuivre leurs efforts pour donner aux responsables
de la formation initiale et permanente une préparation appropriée.
Collaboration inter-instituts
25. Les expériences de collaboration inter-instituts offrent un
ample panorama en ce qui concerne la préparation des formateurs et
des formatrices. Il existe des Centres de niveau universitaire ou
para-universitaire avec des programmes systématiques qui donnent la
possibilité d'obtenir des titres académiques ou reconnus par
la Congrégation pour l'Éducation catholique; des cours
intensifs répartis le long d'une année ou d'un semestre,
destinés surtout aux formateurs et formatrices qui sont au début
de leur mission ou déjà insérés dans une
communauté de formation. Sont aussi proposés des cours
d'aggiornamento, des rencontres régulières pour formateurs
et formatrices engagés dans la même étape de formation
et des sessions d'étude, d'échanges et de réflexion
sur des thèmes précis d'éducation. Beaucoup de ces
cours sont organisés par les Conférences de Supérieurs
et Supérieures majeurs; d'autres par un groupement d'instituts, ou
encore proviennent d'initiatives de Centres spécialisés ou
de Facultés universitaires.
Vu le besoin urgent de formateurs et de formatrices qualifiés,
notre Dicastère invite à intensifier la collaboration entre
les instituts, mettant à la disposition les uns des autres les
programmes, les expériences et, dans la mesure du possible, les
personnes les plus qualifiées pour un enrichissement réciproque,
au bénéfice des instituts, de l'Église et de sa
mission dans le monde. (108)
Les cours
26. Parmi les critères qui guident l'organisation de ces cours,
soulignons les suivants:
a) Ils doivent être organisés avec cette fin spécifique
de préparer les éducateurs et les éducatrices à
la tâche de la formation intégrale des religieux et des
religieuses dans l'unité et l'originalité de la personne, développant
toutes les dimensions de la consécration baptismale et religieuse.
Ainsi les cours contribueront à leur préparation doctrinale,
spirituelle, canonique, pédagogique et pastorale. Ils garantiront
aussi une solide formation théologique, surtout dans les domaines
de la spiritualité, de la morale et de la vie religieuse. Ils
aideront en outre les formateurs et les formatrices à prendre
conscience du caractère organique du processus de formation et des
finalités spécifiques de chaque étape.
Les cours aideront surtout les formateurs et les formatrices à
transmettre l'art de la lecture théologique des signes des temps
(109) et à pouvoir ainsi discerner la présence, l'amour et
la volonté de Dieu en toute chose: dans la Révélation
et dans la création, dans l'Église, dans les sacrements et
dans les personnes, dans les circonstances ordinaires et extraordinaires
de la vie, dans le cheminement de l'histoire. (110) Ils contribueront donc
efficacement à acquérir l'art d'inspirer et de nourrir un
profond amour pour les Personnes de la Sainte Trinité et envers
l'Eucharistie, ainsi que pour Marie, Mère de Jésus et de l'Église,
et pour les saints Fondateurs et Fondatrices, et de conduire à une
plus profonde vie de prière. (111)
L'organisation des cours donnera l'importance nécessaire aux thèmes
de la vie fraternelle en communauté et de la mission des instituts;
(112) elle offrira les moyens appropriés pour consolider ou pour
retrouver l'esprit d'unité et de coresponsabilité entre les
membres, l'esprit apostolique et une attitude de justice, de solidarité
et de miséricorde envers les plus nécessiteux. « Aux
personnes consacrées, il est demandé d'être vraiment
expertes en communion et d'en pratiquer la spiritualité, comme témoins
et artisans du projet de communion qui est au sommet de l'histoire
de l'homme selon Dieu ». (113) On aura à cur de
souligner la dignité de la vocation des laïcs et du clergé
diocésain, encourageant à la collaboration avec eux et au
partage de l'esprit et de la mission de l'institut. (114)
b) Les cours
contribueront en outre à développer chez les
formateurs et les formatrices la capacité de relation, d'écoute,
de discernement des vocations, ainsi que d'éducation des jeunes et
des adultes au discernement et à l'engagement.
concourront à développer la capacité de
guide spirituel et d'accompagnement pédagogique et psychologique,
dont les finalités et les niveaux d'intervention sont différents
mais qui convergent vers la maturation intégrale de la personne
consacrée à Dieu. Ils offriront aussi les instruments pour
saisir et savoir affronter, avec l'aide de spécialistes le cas échéant,
les situations particulières et les problèmes personnels.
aideront à la lecture et à la compréhension
des divers contextes culturels afin de favoriser une formation qui soit en
harmonie avec les exigences de la culture d'origine des religieux et des
religieuses, ou de celle du peuple au sein duquel ils travaillent. Il est
important que l'on apprenne à apprécier les valeurs
authentiques qui portent l'empreinte de l'Évangile ou qui lui sont
ouvertes, et à discerner les éléments qui doivent être
purifiés ou rejetés. (115)
aideront à connaître les défis que l'Église
rencontre de nos jours et à y répondre; ils aideront aussi à
assumer les priorités pastorales que le Saint-Père et les Évêques
qui lui sont unis proposent à la réflexion des fidèles.
« Les instituts sont donc invités à retrouver avec
courage l'esprit entreprenant, l'inventivité et la sainteté
des Fondateurs et des Fondatrices, en réponse aux signes des
temps qui apparaissent dans le monde actuel. Il s'agit là
surtout d'un appel à persévérer sur la voie de la
sainteté, à travers les difficultés matérielles
et spirituelles rencontrées dans les vicissitudes quotidiennes ».
(116)
c) Les formateurs étudieront comment préparer les
membres de leurs communautés à la tâche de la nouvelle
Évangélisation: annoncer le Christ, Bonne Nouvelle du Père,
à tous les hommes. Cela implique en particulier la préparation
nécessaire à l'évangélisation de la culture, à
la pastorale en faveur de la vie, de la famille et de la solidarité,
à l'option évangélique pour les pauvres, à la
formation des jeunes, à la mission ad gentes, à
l'engagement cuménique et au dialogue inter-religieux, à
la communication sociale, etc. (117) Ils apprendront à accueillir
les espérances et les interrogations des jeunes fils de
notre temps qui entrent dans les communautés, et aussi à
les préparer à incarner ce qu'il y a de mieux dans leur époque
et à donner une réponse de sainteté et de charité
active aux nécessités des temps. Former, c'est toujours préparer
au service dont l'Église et la société ont besoin à
une époque et dans un milieu culturel déterminés.
Une formation intégrale, précisément parce que axée
sur l'éducation de la foi et la maturation de l'engagement de la
consécration-mission, doit donc tenir compte aussi des nouvelles
formes de pauvreté et d'injustice de notre temps. Dans ce domaine,
les cours inter-instituts, sans tomber dans des considérations réductrices,
peuvent être un appui valable pour les formateurs et les
formatrices.
d) Les cours pour formateurs et formatrices constitueront une
expérience de croissance spirituelle et concourront à leur
formation permanente. La mission d'accompagner les jeunes dans leur
cheminement de croissance contient une invitation constante du Christ, Maître
et Seigneur, à intensifier la vie de prière, l'intimité
avec Lui, et à embrasser la croix qui authentifie ce ministère
délicat de la formation, en faisant toujours placer la confiance en
sa conduite et en sa grâce.
L'uvre de formation est axée sur la sequela du «
Christ chaste, pauvre et obéissant » l'Orant, le
Consacré et le Missionnaire du Père (118) et son
centre est le Mystère pascal. La préparation des formateurs
et des formatrices ne peut donc pas être seulement intellectuelle,
doctrinale, pastorale et professionnelle; elle est surtout une expérience
profonde, humaine et religieuse de participation au mystère du
Christ en abordant avec respect le mystère de la personne humaine.
Dans le Christ, elle est une expérience de la situation de fils
devant le Père et de docilité à l'Esprit, de
fraternité et de partage, de paternité et de maternité
dans l'Esprit: « Mes petits enfants, vous que j'enfante à
nouveau dans la douleur jusqu'à ce que le Christ soit formé
en vous » (Ga 4, 19). Sous cet éclairage, il est utile
que les formateurs et les formatrices puissent se rencontrer en tant que
personnes consacrées pour confronter leurs chemins de foi, pour
prier ensemble, pour se laisser interpeller par la Parole et pour célébrer
l'Eucharistie. Ils pourront s'enrichir en faisant l'expérience de
la bonté et de la sagesse du Maître qui, par l'effusion de
son Esprit et par l'action maternelle de Marie, continue son uvre
et, d'une manière privilégiée, même à
travers leur médiation dans la vie et dans l'expérience de
ceux qu'ils aident à vivre comme « concitoyens des saints et
membres de la famille de Dieu » (Ep 2, 19).
CONCLUSION
27. « Le fait d'être conscients des appels de l'heure
actuelle et de l'histoire, de même que de nos responsabilités,
nous impose d'assurer aux jeunes religieux et religieuses une formation
appropriée, la plus complète possible, dans la fidélité
dynamique au Christ et à l'Église, aux charismes du
Fondateur et aux hommes de notre temps ». (119)
Le Dicastère pour les Instituts de vie consacrée et les
Sociétés de vie apostolique, en offrant les critères
et les directives présentées dans ce document, a voulu
mettre en valeur, ordonner et promouvoir la vaste et multiforme expérience
dans le domaine de la collaboration inter-instituts, qui a mûri grâce
au Concile Vatican II et s'est développée ces dernières
années.
La collaboration inter-instituts, qui favorise le partage des charismes,
qui respecte leur diversité et se met à leur service, est
une réponse concrète aux appels de l'Église pour
aider le religieux ou la religieuse à se former en réalisant
son unité de vie dans le Christ, par l'Esprit. (120) Les personnes
consacrées sont en effet appelées à s'insérer
dans le monde contemporain pour donner un témoignage valable de plénitude
humaine et chrétienne, selon la forme de vie que le Christ Seigneur
a choisie, que Marie, la Vierge Mère, a embrassée, (121) et
qu'Il propose lui-même à ses disciples. (122)
Les religieux et les religieuses accompliront ainsi leur mission, comme
chrétiens appelés à être la « mémoire
vivante du mode d'existence et d'action de Jésus » (123) et «
suscités par Dieu pour être des pionniers sur les chemins de
la mission et sur les sentiers de l'Esprit ». (124) Par la nouvelle
ardeur de leur vie et de leur parole, par les nouvelles méthodes et
les nouvelles expressions de leur action, ils seront des coopérateurs
fidèles et audacieux de Dieu, des signes d'espérance pour «
servir l'homme en lui révélant l'amour de Dieu qui s'est
manifesté en Jésus Christ ». (125)
Le 31 octobre 1998, le Saint-Père a approuvé le présent
document de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée
et les Sociétés de vie apostolique et en a autorisé
la publication.
Rome, le 8 décembre 1998, solennité de l'Immaculée
Conception de la Vierge Marie.
Eduardo Card. Martínez Somalo Préfet
c Piergiorgio Silvano Nesti, CP Secrétaire
TABLE
Introduction
I. Principes fondamentaux et directives pratiques Principes fondamentaux a) La formation: droit et devoir inaliénables de tout
institut b) Collaboration et solidarité dans la formation c) Centres inter-instituts et formation
Directives pratiques Les instituts religieux a) Les Chapitres et les Supérieurs-Supérieures
majeurs b) La communauté formatrice
Les Centres inter-instituts de formation a) Les Centres et leur constitution b) La responsabilité de la direction c) Les enseignants
II. La collaboration dans les diverses étapes de la formation La préparation au noviciat Le noviciat La formation des profès et professes temporaires La formation permanente
III. Les instituts de sciences religieuses et de formation philosophique
et théologique Les instituts de sciences religieuses Les instituts de formation théologique et philosophique pour
les religieux candidats au sacerdoce a) Erection canonique b) Autorité de l'institut c) Programmes d) Enseignants e) Admission f) Communauté de formation et Centre d'études
philosophiques et théologiques g) Initiatives propres
IV. La collaboration inter-instituts pour la formation des formateurs et
des formatrices Le service de la formation Choix sérieux et préparation solide des formateurs Collaboration inter-instituts Les cours
Conclusion
(1) Cf. LG 7; ChL 21. 24.
(2) Cf. LG 43-44; VC 1-3.
(3) Cf. Congrégation pour les Instituts de vie consacrée
et les Sociétés de vie apostolique, Potissimum
institutioni, 2 février 1990.
(4) Cf. PC 8; c. 675.
(5) Cf. PI 98-100.
(6) Cf. PI 72-85.
(7) Par « centres inter-instituts » de formation (appelés
parfois centres inter-congrégations), on entend les différentes
formes de collaboration entre instituts religieux au service de la
formation.
(8) Message à la XIVe Assemblée générale de
la Conférence des Religieux du Brésil (CRB), 11 juillet
1986, n. 2: Insegnamenti IX2 (1986), p. 239; La Documentation
catholique 83 (1986), p. 892.
(9) Ibid. 4, p. 242; La Documentation catholique, l.c.,
p. 893.
(10) Ibid. 4, p. 242; La Documentation catholique, l.c.,
p. 893.
(11) Cf. PC 18; ET 52; VC 68.
(12) Cf. RM 2. VC 67. 73.
(13) Cf. PC 1; RPH 22; ChL 18-21. 32.
(14) Cf. cc. 646-653 et 659-661.
(15) MR 11.
(16) Cf. MR 14b; c. 574 § 1; VC 4-5. 29. 33-34.
(17) VC 37.
(18) Cf. PC 1; c. 577; VC 19. 47-48.
(19) MR 11.
(20) Cf. c. 586 § 2; VC 48.
(21) PI 98; cf. cc. 587 § 1. 646. 659.
(22) Cf. PI 46. 90-91; c. 577.
(23) Jean-Paul II, Discours aux religieuses, Florianopolis, Brésil,
18 octobre 1991, n. 6: Insegnamenti XIV2 (1991), p. 928; L'Osservatore
Romano en langue française, 12 novembre 1991, p. 7.
(24) Cf. cc. 646-653 pour la formation des novices; cc. 659-660 pour la
formation des profès et professes temporaires; c. 661 pour la
formation permanente.
(25) VC 53.
(26) Cf. PC 2; cc. 576. 578.
(27) VC 3; cf. VC 29.
(28) Cf. LG 44; MR 11; cc. 576-578. 587 § 1; VC
25. 35. 92-95.
(29) Cf. VC 52.
(30) Cf. VC 66. 93; De nouvelles vocations pour une nouvelle
Europe, Actes du Congrès européen sur les vocations au
sacerdoce et à la vie consacrée, Rome, 10-15 mai 1997, nn.
15-19.
(31) Cf. S. Thomas d'Aquin, Summa Theologiæ, IIa-IIae, q.
184, a. 4.
(32) Cf. VC 52.
(33) Jean-Paul II, Allocution aux Supérieures générales
(U.I.S.G.), Rome, 18 mai 1995: Insegnamenti XVIII1 (1995), p.
1323; L'Osservatore Romano en langue française, 27 juin
1995, p. 5.
(34) Cf. VC 73.
(35) Cf. c. 659 §§ 2 et 3; PI 103.
(36) Jean-Paul II, Discours aux Évêques de la région
Nord-Est 2 de la Conférence nationale des Évêques du
Brésil (C.N.B.B.), 11 juillet 1995, n. 6: L'Osservatore Romano,
12 juillet 1995, p. 5; La Documentation catholique 92 (1995), p.
770.
(37) Cf. PI 99.
(38) Cf. EE 47; PI 60.
(39) Cf. PI 26-27.
(40) Cf. VFC 43.
(41) Jean-Paul II, Discours aux religieuses, Florianopolis, Brésil,
18 octobre 1991, n. 6: Insegnamenti XIV2 (1991), p. 928; L'Osservatore
Romano en langue française, 12 novembre 1991, p. 7.
(42) Cf. EE III, § 12; MR 46; RPH 9; cc.
659. 665 § 1.
(43) Dans ce document, on appelle « centres inter-instituts »
de formation comme on l'a expliqué dans la note n. 7
tous les instituts inter-congrégations qui collaborent à la
formation de leurs membres, en offrant soit des cours complémentaires
soit des programmes complets d'études. Par contre, les centres qui
donnent une formation académique complète sont appelés
dans le présent document « instituts de sciences religieuses »
ouet de « formation philosophique et théologique ».
(44) PC 23.
(45) Cf. PI 98-100.
(46) Cf. MR 28. 31; VC 46. 50.
(47) Cf. Jean-Paul II, Discours aux Évêques de la région
Nord-Est 2 de la Conférence nationale des Évêques du
Brésil (C.N.B.B.), 11 juillet 1995: L'Osservatore Romano,
12 juillet 1995, p. 5.
(48) Cf. cc. 646. 659-661; PDV 42-59.
(49) Cf. OT 14; VC 14-16.
(50) VC 49; cf. PI 24-25.
(51) Cf. PI 42-44.
(52) Cf. RC 4.
(53) Cf. PI 45; c. 646.
(54) Cf. cc. 646. 652 §§ 2, 3 et 4.
(55) Jean-Paul II, Discours aux Évêques de la région
Nord-Est 2 de la Conférence nationale des Évêques du
Brésil (C.N.B.B.), 11 juillet 1995, n. 6: L'Osservatore Romano,
12 juillet 1995, p. 5; La Documentation catholique 92 (1995), p.
770.
(56) Cf. c. 652 § 2.
(57) Cf. cc. 646. 648. 652 § 5.
(58) Cf. VC 46. 52.
(59) Cf. c. 652 § 1.
(60) Cf. PI 13. 39-41.
(61) Cf. cc. 659-661; PI 58.
(62) Cf. PI 58-65.
(63) PI 60.
(64) Cf. VC 16. 65.
(65) Cf. PI 35-38.
(66) VC 67.
(67) Cf. MR 18. 36. 37. 40. 56-58; cc. 675 § 3. 678. 680.
681 § 1; VC 16. 31. 54-55.
(68) Cf. VC 102.
(69) Cf. RPH.
(70) Cf. PI 64.
(71) VC 69.
(72) Cf. PI 70.
(73) VC 70-71.
(74) Cf. VFC 43. 54-57; VC 64.
(75) Cf. PI 66-71; VC 69-71.
(76) Canon 661.
(77) Cf. cc. 659-660.
(78) Cf. MR 31.
(79) Cf. Jean-Paul II, Exhortation apostolique Ecclesia in Africa,
1995, 55-71.
(80) Il faut faire la distinction entre les instituts de sciences
religieuses dont il est question dans le présent document
et les instituts « supérieurs » de sciences religieuses
qui sont érigés par le Saint-Siège et affiliés
à une Faculté de théologie. Cf. Normativa per gli
Istituti Superiori di Scienze Religiose, dans Seminarium, 1
(1991), pp. 194-201.
(81) Cf. Jean-Paul II, Constitution apostolique Sapientia christiana,
15 avril 1979, art. 62 § 1: La Documentation catholique 76
(1979), p. 558; Congrégation pour l'éducation catholique,
Universitatis vel facultatis, Normes d'application de la Const.
apost. Sapientia christiana, art. 47: La Documentation
catholique 76 (1979), p. 565.
(82) MR 31.
(83) Cf. c. 237 § 2. Comme il n'y a pas de norme spécifique
en la matière, ces canons sont interprétés « par
analogie ».
(84) Cf. PB 108 § 2.
(85) Cf. Sapientia christiana, art. 62: La Documentation
catholique 76 (1979), p. 558; Universitatis vel facultatis,
art. 47: La Documentation catholique 76 (1979), p. 565.
(86) Cf. Sapientia christiana, art. 24: La Documentation
catholique 76 (1979), p. 555.
(87) Cf. c. 833.
(88) Cf. c. 812.
(89) MR 31.
(90) Cf. VC 50.
(91) Cf. VC 48-50.
(92) PDV 53.
(93) Canon 252 § 1.
(94) Cf. cc. 250. 252-258. 1032.
(95) Cf. OT, Préambule; RFIS I, 1-4; PI 108-109.
(96) Cf. c. 242; RFIS I, 2.
(97) Cf. VC 50.
(98) Cf. PDV 61.
(99) PDV 67.
(100) Cf. c. 254.
(101) Cf. c. 812.
(102) Cf. cc. 248. 253; Jean-Paul II, Constitution apostolique Ex
corde Ecclesiæ sur les Universités catholiques, 15 août
1990, II Normes générales, art. 4, § 3: La
Documentation catholique 87 (1990), p. 943; Congrégation pour
la Doctrine de la Foi, Instruction Donum veritatis sur la vocation
ecclésiale du théologien, 24 mai 1990, 6. 7: La
Documentation catholique 87 (1990), p. 694.
(103) Cf. c. 586.
(104) RFIS V, 30.
(105) VC 66.
(106) Cf. 1 Co 11, 1; 1 Th 1, 6.
(107) Jean-Paul II, Message à la XIVe Assemblée générale
de la Conférence des religieux du Brésil (CRB), 11 juillet
1986, n. 4: Insegnamenti IX2 (1986), p. 242; La Documentation
catholique 83 (1986), p. 893; cf. Discours à l'Assemblée
plénière de la CIVCSVA, 1er décembre 1988, Insegnamenti
XI4 (1988), pp. 1703-1706.
(108) Cf. Congrégation pour l'Éducation catholique, Direttive
sulla preparazione degli educatori nei Seminari, 1993, 79. 82; CD
5. 35; MR 31. 37; VC 53.
(109) Cf. VC 73. 94.
(110) Cf. VC 53.
(111) Cf. VC 94. 95.
(112) Cf. VC 41-42. 72.
(113) VC 46; cf. RPH 24.
(114) Cf. MR 37; VC 4. 15. 31. 56.
(115) Cf. VC 79-80.
(116) VC 37.
(117) Cf. VC 77-83. 96-99. 101-103.
(118) Cf. VC 77.
(119) Jean-Paul II, Message à la XIVe Assemblée générale
de la Conférence des religieux du Brésil (CRB), 11 juillet
1986, n. 4: Insegnamenti IX2 (1986), p. 241; La Documentation
catholique 83 (1986), p. 892.
(120) Cf. PI 1.
(121) Cf. LG 46; VC 18.
(122) Cf. LG 44.
(123) VC 22.
(124) Jean-Paul II, Message à la XIVe Assemblée générale
de la Conférence des religieux du Brésil (CRB), 11 juillet
1986, n. 1: Insegnamenti IX2 (1986), p. 238; La Documentation
catholique 83 (1986), p. 891.
(125) RM 2; cf. VC 110.
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