
(©L'Osservatore Romano - 2 février 2012)Chers frères et sœurs!
L'Evangile de ce dimanche (Mc 1, 21-28) nous présente Jésus, un jour de Sabbat, prêchant dans la synagogue à Capharnaüm, petite ville au bord du Lac de Galilée, où vivaient Pierre et son frère André. A son enseignement, qui suscite l'étonnement des auditeurs, succède la libération d'un homme "tourmenté par un esprit mauvais" (v. 23), qui reconnaît en Jésus le "saint de Dieu", c'est-à-dire le Messie. En peu de temps, sa renommée se répand dans toute la région, qu'il parcourt en annonçant le Royaume de Dieu et en guérissant toutes sortes de malades: parole et action. Saint Jean Chrysostome fait observer que le Seigneur "alterne le discours, au bénéfice des auditeurs, procédant des prodiges aux paroles et à nouveau passant de l'enseignement de sa doctrine aux miracles" (Hom. sur Matthieu 25, 1: PG 57, 328).
La parole que Jésus adresse aux hommes ouvre immédiatement l'accès à la volonté du Père et à la vérité sur eux-mêmes. Ce qui n'était pas le cas des scribes, qui devaient s'efforcer d'interpréter les Saintes Ecritures par d'innombrables réflexions. En outre, à l'efficacité de la parole, Jésus unissait les signes de la libération du mal. Saint Athanase observe que "commander aux démons et les chasser n'est pas une œuvre humaine, mais divine"; en effet, le Seigneur "éloignait des hommes toutes les maladies et infirmités. Qui, voyant son pouvoir… aurait encore douté qu'il soit le Fils, la Sagesse et la Puissance de Dieu?" (Oratio de Incarnatione Verbi 18.19: PG 25, 128 BC.129 B). L'autorité divine n'est pas une force de la nature. C'est le pouvoir de l'amour de Dieu qui crée l'univers et, en s'incarnant dans son Fils unique, en descendant dans notre humanité, guérit le monde corrompu par le péché. Romano Guardini écrit: "Toute la vie de Jésus est une traduction de la puissance en humilité… c'est la souveraineté qui s'abaisse à la forme de serviteur" (Il Potere, Brescia 1999, 141.142).
Pour l'homme, l'autorité signifie souvent possession, pouvoir, domination, et succès. Pour Dieu, en revanche, l'autorité signifie service, humilité, et amour; cela signifie entrer dans la logique de Jésus qui s'abaisse pour laver les pieds des disciples (cf. Jn 13, 5), qui cherche le vrai bien de l'homme, qui guérit les blessures, qui est capable d'un amour si grand qu'il donne la vie, parce qu'il est l'Amour. Dans une de ses lettres, sainte Catherine de Sienne écrit: "Il faut que nous comprenions et sachions, en vérité, avec la lumière de la foi, que Dieu est l'amour suprême et éternel, et qu'il ne peut rien vouloir d'autre que notre bien" (Ep. 13 in: Le Lettere, vol. 3, Bologne 1999, 206).
Chers amis, jeudi prochain 2 février, nous célébrerons la fête de la Présentation du Seigneur au Temple, Journée mondiale de la vie consacrée. Invoquons avec confiance la Très Sainte Vierge Marie, afin qu'elle guide nos cœurs à toujours puiser dans la miséricorde divine, qui libère et guérit notre humanité, la comblant de grâces et de bienveillance, par la puissance de l'amour.
A l'issue de la prière du milieu du jour, le Pape évoquait la béatification en Autriche d'Hildegarde Burjan, fondatrice de la Société des sœurs de la charité sociale, la Journée mondiale des malades de la lèpre et la Journée internationale d'intercession pour la paix en Terre Sainte:
Chers frères et sœurs,
Aujourd'hui, à Vienne, Hildegarde Burjan, laïque, mère de famille, est proclamée bienheureuse. Elle a vécu entre les XIXE et XXE siècles et a fondé la Société des sœurs de la charité sociale. Rendons grâce au Seigneur pour ce beau témoignage de l'Evangile!
Ce dimanche marque la Journée mondiale des malades de la lèpre. En saluant l'Association italienne des amis de Raoul Follereau, je voudrais étendre mon encouragement à toutes les personnes atteintes par cette maladie, ainsi qu'à ceux qui les assistent et, de diverses façons, s'engagent pour éliminer la pauvreté et l'exclusion, véritables causes de la persistance de la contagion.
Je rappelle en outre, la Journée internationale d'intercession pour la paix en Terre Sainte. En profonde communion avec le patriarcat latin de Jérusalem et la Custodie de Terre Sainte, invoquons le don de la paix pour cette Terre bénie de Dieu.
Le Saint-Père s'adressait ensuite dans différentes langues aux pèlerins réunis sur la Place Saint-Pierre. Voici les paroles du Pape prononcées en français:
J'accueille avec joie les pèlerins de langue française. Dans l'Evangile de ce dimanche nous voyons Jésus parler avec autorité, et sa Parole, qui nous délivre de l'esprit du mal, nous révèle l'inlassable fidélité de Dieu pour tout homme. Aujourd'hui encore, cette Parole nous rend libres et elle nous invite à sortir de notre silence. L'Esprit Saint, que nous avons reçu, fait de nous des prophètes. Notre vocation chrétienne nous pousse donc à accueillir et à annoncer autour de nous la Bonne Nouvelle de Jésus. Que la Vierge Marie nous aide à être des témoins intrépides de l'Evangile! Bon dimanche à tous!
Benoît XVI, accompagné de deux jeunes de l'Action catholique italienne, a ensuite libéré des colombes, comme signe de paix pour la ville de Rome et pour le monde entier, qui sont revenues vers la fenêtre. En souhaitant une bonne semaine à tous, le Saint-Père s'est exclamé:
Elles veulent rester dans la maison du Pape! Bon dimanche à vous tous! Bon dimanche!
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"Dans la lutte contre la maladie de Hansen, l'engagement de tous les hommes de bonne volonté est nécessaire". Tel est le titre du message de S.Exc. Mgr Zygmunt Zimowski, président du Conseil pontifical pour la pastorale des services de santé, à l'occasion de la 59E Journée mondiale des malades de la lèpre, qui a été célébrée dimanche 29 janvier 2012.
Les personnes soignées et guéries de la lèpre peuvent et doivent exprimer toute la richesse de leur dignité et spiritualité ainsi qu'une entière solidarité envers les autres et, surtout envers ceux qui ont été atteints et marqués de manière indélébile par l'infection! Toutes les institutions engagées dans la lutte contre la maladie de Hansen doivent en même temps continuer avec ténacité leur travail afin que les succès obtenus soient définitifs ou améliorés, en réduisant le plus possible les rechutes et les nouvelles infections. Le mycobacterium leprae n'a pas encore été éradiqué, même si le nombre officiel de nouvelles contagions continue à décroître et se situe actuellement aux alentours de 200.000, selon les anticipations de l'OMS pour l'année 2010-2011. En plus du soutien à la distribution gratuite des médicaments nécessaires, il faut donc promouvoir à nouveau un diagnostic en temps utile et la persévérance dans la soumission aux traitements. Il est fondamental, en outre, de renforcer l'action destinée à sensibiliser et à former les communautés et les familles exposées au risque de contagion.
Le passage évangélique "Relève-toi, va; ta foi t'a sauvé" (Lc 17, 19) choisi par le Saint-Père Benoît XVI comme thème de la XXE Journée mondiale du malade qui sera célébrée le 11 février prochain, constitue un approfondissement et une sollicitation touchant de manière particulière celui qui a été contaminé; dans ce passage, on parle en effet de dix lépreux qui ont été guéris par Jésus et admis de nouveau dans la communauté, réintégrés dans le tissu social et du travail.
Comme le Saint-Père l'a souligné dans son message de cette année, les paroles que le Seigneur adresse à l'homme qui, guéri, revient en louant Dieu à haute voix et se jette aux pieds de Jésus pour le remercier, "aident à prendre conscience de l'importance de la foi pour ceux qui, marqués par la souffrance et la maladie, s'approchent du Seigneur. Dans leur rencontre avec Lui, ils peuvent réellement faire l'expérience que celui qui croit n'est jamais seul! En effet, Dieu, dans son Fils ne nous abandonne pas à nos angoisses et à nos souffrances, mais Il nous est proche, Il nous aide à les porter et Il désire nous guérir au plus profond de notre cœur" (cf. Mc 2, 1-12)".
"La foi de ce lépreux qui, se voyant guéri, plein d'étonnement et de joie, à la différence des autres, revient, seul, vers Jésus pour lui manifester sa reconnaissance - poursuit Benoît XVI - laisse entrevoir que la santé recouvrée est signe de quelque chose de plus précieux que la simple guérison physique, elle est un signe du salut que Dieu nous donne par le Christ; elle trouve une expression dans les paroles de Jésus: ta foi t'a sauvé. Quiconque, dans la souffrance et la maladie, invoque le Seigneur peut être certain que son amour ne l'abandonnera jamais et que l'amour de l'Eglise aussi, prolongement dans le temps de son œuvre salvifique, ne manquera jamais".
Cet amour - qui est également exprimé par l'engagement individuel comme par celui des réalités ecclésiales et de bénévolat, parmi lesquelles la Fondation Raoul Follereau et l'Ordre Souverain des Chevaliers de Malte -, ainsi que les succès obtenus jusqu'à présent en terme de diminution importante du nombre de contaminés ne dispensent pas certainement les gouvernements et les organismes internationaux d'intensifier l'attention et le travail contre la diffusion de la lèpre ni de leurs responsabilités pour ce qui concerne la prévention en terme d'éducation, d'hygiène, de santé comme de la "réintégration" de la personne guérie et du soutien à toutes les victimes de la maladie.
D'autre part, celui qui a été guéri et a entrepris le parcours difficile de la réintégration dans la vie sociale et dans le monde du travail peut communiquer sa gratitude de façon matérielle également, en devenant lui-même un témoin, en contribuant à la divulgation des critères de prévention et d'identification rapide de la maladie ainsi qu'au soutien moral des personnes contaminées; dans la mesure du possible, en plus, en collaborant avec les structures et les initiatives ad hoc, afin que les traitements nécessaires soient effectués et suivis de la réinsertion sociale de celui qui a été guéri. La personne guérie pourra ainsi communiquer toute sa richesse intérieure et son expérience et, en même temps, par le biais de l'aide au prochain, sa profonde dignité de personne marquée par la souffrance et engagée en faveur de la santé de sa propre communauté.
Cela constituera une contribution ultérieure et importante au progrès dans la lutte contre la maladie de Hansen qui, pendant des millénaires, a représenté une plaie terrible et l'exclusion automatique de la société. En réalité, seul l'engagement de tous et à tous les niveaux permettra de transformer la lèpre, de menace et de fléau en souvenir, certes épouvantable, mais appartenant au passé.
A Marie, Mère de la Miséricorde et Santé des malades, nous confions nos frères et sœurs atteints de la lèpre, afin que sa compassion maternelle et très proche les accompagne toujours, dans la vie quotidienne également.
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