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Alberto Hurtado Cruchaga (1901-1952)
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ALBERTO HURTADO CRUCHAGA est né le 22 janvier 1901 à Viña del Mar auChili et
devint orphelin de père à l’âge de 4 ans. Sa mère fut contrainte de vendre à des
conditions défavorables leur modeste propriété pour payer les dettes de la
famille. En conséquence, Alberto et son frère durent aller vivre auprès de
parents et furent souvent déplacés de chez l’un vers chez l’autre. Dès son jeune
âge, il apprit la condition des pauvres sans domicile et à la merci d’autrui.
Une bourse d’étude lui donna la possibilité de fréquenter le Collège des
Jésuites à Santiago. Là, il devint membre de la Congrégation Mariale et, comme
tel, s’intéressa vivement aux pauvres, prenant du temps avec eux dans les
quartiers les plus misérables chaque dimanche après-midi.
A la fin de ses études secondaires en 1917, il aurait voulu devenir jésuite,
mais on lui conseilla de retarder la réalisation d’un tel projet afin de
s’occuper de sa mère et de son frère plus jeune. En travaillant l’après-midi et
le soir, il réussit à subvenir à leurs besoins, tout en fréquentant la Faculté
de Droit de l’Université Catholique. Pendant cette période aussi, sa sollicitude
pour les pauvres qu’il visitait chaque dimanche, ne se démentait pas.
L’obligation du service militaire interrompit ses études mais, une fois son
devoir accompli, il obtint son diplôme au début d’août 1923.
Le 15 du même mois, il entra au Noviciat de la Compagnie à Chillán. En 1925, il
alla à Cordoba, en Argentine, où il étudia les humanités.
En 1927, il fut envoyé en Espagne pour étudier la philosophie et la théologie.
Cependant, en raison de la suppression de la Compagnie dans ce pays en 1931, il
dut partir en Belgique et continuer la théologie à Louvain. C’est là qu’il fut
ordonné prêtre le 24 août 1933 et qu’il obtint le doctorat en Pédagogie et
Psychologie en 1935. Après avoir accompli le Troisième An de Probation à
Drongen, toujours en Belgique, il retourna au Chili en janvier 1936. De retour
dans son pays, son zèle s’étendit progressivement à tous les domaines: il
commença à déployer son activité comme professeur de religion au Collège Saint
Ignace, de pédagogie à l’Université Catholique de Santiago et au Séminaire
Pontifical. Il écrivit divers essais sur l’éducation, comme aussi sur l’ordre
social chrétien. Il construisit une maison d’Exercices Spirituels dans un
village qui porte aujourd’hui son nom. Il fut directeur de la Congrégation
Mariale des étudiants, les impliquant dans la catéchèse des pauvres. Il anima
des retraites innombrables selon les Exercices Spirituels, et offrit sa
direction spirituelle à de nombreux jeunes, accompagnant plusieurs d’entre eux
dans leur réponse à une vocation sacerdotale et contribuant de façon notable à
la formation de nombreux laïcs chrétiens.
En 1941, le Père Hurtado publia son livre le plus fameux: «¿Es Chile un pais
Católico? ». La même année lui fut confiée la responsabilité d’Assistant de la
section des jeunes de l’Action Catholique pour l’Archidiocèse de Santiago, puis,
l’année suivante, au niveau national. Il s’y engagea avec un esprit remarquable
d’initiative, de dévouement et de sacrifice.
En octobre de l’année 1944, alors qu’il donnait les Exercices, il ressentit le
besoin impérieux de faire appel aux auditeurs en leur demandant de penser aux
nombreux pauvres de la ville, et en particulier aux enfants innombrables qui
vagabondaient dans les rues de Santiago. Cet appel suscita promptement un élan
de générosité et fut le début de l’initiative qui a fait connaître de plus le
Père Hurtado. Il s’agit d’une forme d’action caritative qui fournissait aux
personnes sans domicile non seulement un endroit où vivre, mais un vrai foyer
domestique: «El Hogar de Cristo ».
Au moyen des contributions des bienfaiteurs et avec la collaboration active de
laïcs engagés, le Père Hurtado ouvrit une première maison d’accueil pour les
enfants, puis pour les femmes, puis encore une autre pour les hommes: les
pauvres commencèrent ainsi finalement à avoir au « Hogar de Cristo » une
ambiance familiale où vivre. Ces maisons se multiplièrent, tout en adoptant des
formes et des caractéristiques nouvelles: certaines devinrent des centres de
réhabilitation; d’autres des centres de formation artisanale, et ainsi de suite,
le tout toujours inspiré par des valeurs chrétiennes et imprégné de celles-ci.
En 1945, Le Père Hurtado visita les Etats-Unis pour étudier le mouvement «Boys
Town» de façon à l’adapter à son pays. Les six dernières années de sa vie furent
dédiées au développement des diverses formes selon lesquelles «El Hogar de
Cristo » existait et opérait.
En 1947 le Père Hurtado fonda l’Association Syndicale Chilienne (ASICH), pour
promouvoir un syndicalisme s’inspirant de la Doctrine Sociale de l’Eglise.
Entre 1947 et 1950, il écrivit trois livres importants sur les syndicats, sur
l’humanisme social et sur l’ordre social chrétien. En 1951, il fonda le revue
«Mensaje » la célèbre revue des Jésuites chiliens destinée à faire connaître et
à expliquer la Doctrine de l’Eglise.
Un cancer du pancréas le conduisit en quelques mois à la fin de sa vie. Au
milieu de douleurs atroces on l’entendit répéter souvent: « Content, Seigneur,
Content ».
Après avoir passé son existence à manifester l’amour de Dieu aux pauvres, il fut
rappelé à Lui le 18 août 1952.
Depuis son retour au Chili jusqu’à sa mort, le Père Hurtado a vécu seulement
quinze années. Ce furent des années d’apostolat intense, expression d’un profond
amour personnel pour le Christ et, pour cette raison même, caractérisé par un
grand dévouement aux enfants pauvres et abandonnés, par un zèle ardent pour la
formation des laïcs, et par un sens vif de la justice sociale chrétienne.
Le Père Hurtado a été béatifié par le Pape Jean-Paul II le 16 octobre 1994.
Homélie du Pape Benoît XVI
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