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MESSAGE DU PAPE PAUL VI
À L’OCCASION DE LA XXI OLYMPIADE DE MONTRÉAL
Vendredi 16 juillet 1976
De Rome où la Providence Nous a placé pour servir l’Eglise et l’humanité, Nous
sommes très heureux d’adresser un message d’amitié à la foule internationale des
athlètes rassemblés au Village Olympique de Montréal. Et il va de soi que notre
salut et nos paroles s’étendent au cher Peuple canadien si hospitalier, et
particulièrement à ses Responsables civils et religieux que Nous félicitons
chaleureusement d’avoir préparé, à leur niveau respectif, le festival de la
vingt-et-unième Olympiade.
Nous voulons avant tout jeter avec vous un regard positif sur cette
manifestation sportive internationale, car, sans ignorer certains risques, Nous
demeurons persuadé qu’elle peut épanouir des valeurs humaines très appréciables
pour tous les hommes et particulièrement chères aux chrétiens, tout en
favorisant des relations d’estime et de paix entre les peuples, sur un terrain
où toutes les oppositions doivent céder le pas à une émulation pacifique. Tel
est l’espoir qui anime nos vœux cordiaux.
Oui, un tel progrès est possible, car les sportifs sont encore très nombreux à
défendre et à promouvoir l’idéal contenu dans l’adage si populaire: mens sana
in corpore sano. Nous pensons avec vous à la maîtrise du corps. Quelle
exigence de persévérance et de ténacité!
La force d’âme n’a-t-elle pas une place importante parmi les quatre vertus
cardinales? L’ascèse des sportifs, que saint Paul prend en exemple, dans sa
première Lettre aux Corinthiens, ne rappelle-t-elle pas la vertu de tempérance?
La rigoureuse obligation de bien se préparer et de bien s’équiper pour les
épreuves ne rejoint-elle pas la vertu de prudence? L’égalité de chance entre les
joueurs, l’arbitrage impartial des compétiteurs, le fair-play des vaincus, le
triomphe contenu des vainqueurs ne sont-ils pas des appels à pratiquer la vertu
de justice? Et si ces vertus morales contribuent à la réussite de la personne
humaine, comment seraient-elles sans répercussion sur la société tout entière?
Dans une civilisation qui connaît le risque d’être minée, à la fois par le
plaisir et la violence, les activités sportives doivent retrouver sans cesse
leur idéal de véritable promotion de l’homme et de fraternité entre tous les
peuples sans exception. Voilà pourquoi l’Eglise, dont la mission est spirituelle
et transcendante, se trouve à l’aise pour dialoguer cordialement avec le monde
des sports et s’intéresse vivement à ses efforts.
Encore une fois, Nous vous félicitons et Nous vous encourageons! Et
souhaitant l’heureuse continuation de vos compétitions Nous invoquons de tout
cœur sur vos personnes, vos familles et les peuples que vous représentez les
Bénédictions du Seigneur!
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