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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AU IX CONGRÈS INTERNATIONAL
DE L’«OFFICE INTERNATIONAL DE L’ENSEIGNEMENT»
Samedi 8 juin 1974
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
A l’occasion de l’Assemblée générale extraordinaire de l’office
international de l’Enseignement catholique, vous avez vivement souhaité Nous
rendre visite. Croyez bien que notre joie est grande de vous accueillir et de
partager vos soucis et vos espoirs.
En prenant connaissance du programme de votre rencontre, Nous avons mesuré
combien votre Office international était désireux de réexprimer son identité et
son rôle au service de tous les organismes d’éducation, et particulièrement de
l’enseignement catholique, maintenu avec son caractère propre. Nous vous
félicitons pour le travail accompli pendant ces journées romaines qui porteront
certainement leurs fruits.
En ces brefs instants, et sans oublier les problèmes concrets et urgents qui se
posent à vous, Nous voudrions surtout affermir et stimuler vos convictions. Avec
ses millions d’élèves, l’enseignement catholique rend aujourd’hui des services
suffisamment originaux pour qu’il apparaisse aux yeux de tous, et spécialement
aux yeux des chrétiens, que sa disparition serait une perte immense. Pourquoi se
laisser impressionner par la persistance de slogans passablement démodés d’un
enseignement catholique de classe sociale, peu qualifié, coupable d’entretenir
les tares de la société? Le refus de toute institution chrétienne traduit une
vision chimérique et dangereuse de l’Eglise du Christ.
Faut-il-redire, ici, que Nous apprécions à sa juste valeur le travail accompli
par tant de chrétiens dans l’enseignement d’Etat des diverses nations? Mais Nous
soulignons également que le pluralisme de l’éducation est dans la logique du
pluralisme culturel de notre civilisation. C’est pourquoi, Nous vous
encourageons vivement à œuvrer pour que les écoles catholiques apparaissent
comme les lieux de rencontre de ceux qui veulent témoigner des valeurs
chrétiennes dans toute l’éducation. Ceci exige que les responsables de telles
institutions puissent choisir leur personnel enseignant. Une école chrétienne
doit avoir des professeurs chrétiens et se soucier de leur formation permanente;
c’est une question d’honnêteté vis-à-vis des parents et vis-à-vis des élèves.
Une seconde conviction, liée à la précédente, est qu’en ces temps où l’humanisme
scientifique risque de créer le vide spirituel, la finalité de l’enseignement
catholique doit être maintenue avec une vigilance sans faille. Cet enseignement
est un service de l’éducation des jeunes, dans toute la dimension de ce mot,
étant bien entendu que la foi apporte un éclairage décisif sur cette dimension.
La référence à Jésus-Christ apprend en effet à discerner les valeurs qui font
l’homme et les contrevaleurs qui le dégradent. Le mal de la jeunesse actuelle,
dans le chaos quotidien des opinions, n’est-il pas de ne pas connaître ou de ne
plus reconnaître de valeurs suprêmes?
Toutes ses aspirations à l’authenticité, à la liberté, à la justice, à l’amour,
à la joie, ont besoin d’être enracinées dans des valeurs supérieures et
permanentes, dans l’absolu de Dieu. En vérité, nous sommes ici au cœur du
«projet éducatif» de tout enseignement catholique digne de ce nom. Avec Notre
Bénédiction.
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