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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
À
LA XIIème SESSION DU COMITÉ EXÉCUTIF DU HAUT COMMISAIRE DES NATIONS UNIE POUR
LES RÉFUGIÉS* Vendredi 30
octobre 1964
Mlle la Présidente, Monsieur le Haut Commissaire, Messieurs. Nous
sommes heureux de vous accueillir dans Notre demeure et Nous vous remercions de
tout coeur de tette visite qui Nous honore et Nous fait participer, en quelque
manière, à la douzième Session du Comité Exécutif du Programme du Haut
Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés. Nous Nous
sentons vraiment associé à votre rencontre, non seulement parce que cette
fois, exceptionnellement, vous avez voulu vous réunir à Rome, mais parce que
Nous sentons Nous aussi le douloureux problème humain des réfugiés. Nous
éprouvions déjà cette angoisse de tant d’êtres déracinés de leur premier
foyer, lorsque Nous travaillions à la Secrétairerie d’Etat et que Nous
suivions les débuts de l’office International pour les Réfugiés, puis la
fondation de votre Haut Commissariat. Nous ne faisions en cela qu’exécuter
les sages instructions de Notre inoubliable prédécesseur Pie XII pour le
service de l’humanité souffrante. Ce Nous est donc un
réconfort de savoir que votre organisation - sous l’égide des Nations Unies
et avec l’aide efficace de nombreuses et méritantes Associations bénévoles
- a pu procurer, au cours de son activité de plus de dix ans déjà, les
conditions nécessaires pour permettre à des centaines de milliers de
malheureux de vivre. Cette oeuvre humanitaire continue, et votre foi dans la
justice de cette cause vous permet de surmonter heureusement les inévitables
difficultés que vous rencontrez. De fait, par sa nature
particulière, l’aide aux Réfugiés est complexe et multiple, parce qu’elle
doit fournir, outre une protection juridique, un rétablissement économique et
social et parfois même un traitement médical et psychologique, sans parler de
la formation des jeunes gens et de la réadaptation des adultes à de nouvelles
professions. Votre Comité exécutif, chers Messieurs, dans sa
ferme volonté de secourir des catégories plus étendues de réfugiés, a su
obtenir la confiance et l’approbation de l’Assemblée des Nations Unies pour
des programmes permettant de faire face à des besoins croissants. C’est ainsi
que le Haut Commissariat a pu rassembler de très utiles conférences. Et il est
de plus en train de conduire à bon terme une série de réalisations qui, au
titre des bons offices, lui a permis d’intervenir presque partout où s’était
créée une situation difficile par l’apparition des réfugiés. Le fait même
que ces nouveaux groupes de réfugiés aient d’instinct fait appel à votre
aide, constitue à lui seul une claire reconnaissance de l’efficacité de
votre oeuvre morale et humanitaire. Tandis que votre douzième
session se termine et qu’une autre étape importante dans l’assistance aux
réfugiés a été atteinte, Nous avons plaisir à vous dire combien les paroles
si nobles de votre Président et du Haut Commissaire, interprètes de vos
sentiments, Nous ont été agréables. Vous avez clairement confirmé la
volonté qui vous anime de continuer, aussi intensément que par le passé, les
efforts nécessaires pour donner aux réfugiés l’asile d’une terre sûre et
la chaleur d’un foyer, dont tant de malheureux ont encore besoin. Œuvre
d’amour pour le prochain, votre effort apporte sa collaboration à la
naissance d’un monde plus fraternel où les personnes puissent vivre dans une
communauté ordonnée tout empreinte de respect réciproque dans l’amitié et
dans la paix. Aussi est-ce de grand coeur que Nous vous félicitons de votre
dévouement pour les réfugiés, que Nous formons les voeux les plus cordiaux
pour l’heureux accomplissement de votre tâche, et que Nous appelons sur vous,
sur vos familles, et sur tous les réfugiés - hélas encore si nombreux dans le
monde d’aujourd’hui - l’abondance des grâces du Tout-Puissant.
*AAS 56 (1964), p.996-997. Insegnamenti di
Paolo VI, vol. II, p.621-623. L' Osservatore Romano 31.10.1964 p.1.
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