Excellence, Monsieur le Général Sani Abacha,
Vénérés
frères dans l'épiscopat,
Messieurs les représentants
des Autorités de l'Eglise et de l'Etat,
bien-aimé peuple du
Nigeria,
1. Il y a plus de seize ans, je me trouvais sur le tarmac de l'aéroport
Murtala Mohammed de Lagos, faisant mes adieux au Président Shehu Shagari
et aux représentants de l'Eglise et de l'Etat, après une visite
pastorale inoubliable dans votre pays. Je demandais: «Me sera-t-il possible
de revenir un jour au Nigeria? La Divine Providence du Dieu tout-puissant me
permettra-t-elle de revenir un jour baiser votre sol, embrasser vos enfants,
encourager vos jeunes et marcher encore une fois entouré de l'amour et de
l'affection de la noble population de votre pays?» (Discours de départ, 17
février 1982).
J'ai répété cette prière et ce vu de
nombreuses fois au cours des dernières années. Je peux maintenant
remercier Dieu d'avoir exaucé mes prières et de m'avoir accordé
cette brève, mais si fructueuse visite de retour dans votre pays bien-aimé.
Je vous assure que, tout comme je chéris le souvenir de ma première
visite, ces jours-ci occuperont également une place particulière
dans ma mémoire et dans mon cur.
2. Et maintenant, le temps est venu pour moi de vous dire adieu. Je remercie
Son Excellence le chef de l'Etat, ainsi que son équipe
gouvernementale pour sa disponibilité, son accueil cordial et sincère.
Je vous remercie, vous, les évêques catholiques du Nigeria,
ainsi que tous les prêtres, religieux et fidèles laïcs qui ont
participé dans la joie à la béatification du Père
Cyprian Michael Iwene Tansi ainsi qu'aux autres moments de mon bref séjour
parmi vous. Je remercie les pilotes et les chauffeurs, le personnel de la sécurité
et les gardiens de la paix, les hommes et les femmes travaillant dans le domaine
des médias, qui ont consacré leurs talents et leur savoir pour
faire de cette visite un succès.
Je renouvelle mon estime et ma gratitude aux représentants des autres
Eglises chrétiennes et aux communautés ecclésiales qui ont
participé aux événements de ces derniers jours. A
l'approche du troisième millénaire, notre amitié et notre
coopération cuméniques doivent devenir toujours plus
intenses: une attitude de confiance et de respect doivent distinguer tous
les fidèles du Christ tandis que nous marchons le long du chemin vers une
compréhension et un soutien réciproques toujours plus grands!
J'exprime également mes remerciements aux membres de la communauté
musulmane pour leur présence et leur participation. Je prie pour que
l'engagement des chrétiens et des musulmans en vue d'établir des
liens de connaissance et de respect réciproques, croîsse et porte
des fruits, afin que tous ceux qui croient dans le Dieu unique puissent uvrer
ensemble pour le bien de la société, ici au Nigeria et partout
dans le monde.
De même, j'adresse des paroles particulières de remerciement et
de gratitude aux fidèles de la Religion traditionnelle Africaine, et je
leur assure que l'Eglise catholique, à travers ses efforts visant à
inculturer l'Evangile, cherche à mettre en valeur les éléments
positifs de l'héritage religieux et culturel de l'Afrique comme base pour
l'édification.
3. Chers frères et surs catholiques, je connais et j'ai constaté
à nouveau votre désir d'uvrer avec tous vos concitoyens en
vue d'une plus grande justice et d'une vie meilleure, pour vous et pour vos
enfants. Le temps est venu pour votre nation de rassembler ses richesses matérielles
et ses forces spirituelles afin que tout ce qui engendre la division puisse être
abandonné et remplacé par l'unité, la solidarité et
la paix. De nombreuses difficultés restent encore à surmonter, et
le dur travail qui vous attend ne peut être sous-estimé. Vous n'êtes
pas seuls dans cette importante entreprise: le Pape est avec vous, l'Eglise
catholique est à vos côtés, et Dieu lui-même vous
donnera la force et le courage d'édifier un avenir lumineux et solide
fondé sur le respect de la dignité et des droits de chacun.
En prenant congé de vous, il y a seize ans, j'ai adressé mes
dernières paroles aux enfants du Nigeria, en leur rappelant que Dieu les
aime et qu'ils sont le reflet de l'amour de Dieu. Ces enfants ont aujourd'hui
grandi, et un grand nombre d'entre eux ont eu des enfants à leur tour;
mais le message que je leur laisse aujourd'hui est le même que celui
que je laissais alors. Les enfants et les jeunes d'Afrique doivent être
préservés des terribles malheurs qu'ont subis des milliers de
victimes innocentes, qui ont dû affronter la condition de réfugiés,
qui ont été abandonnées à la faim, ou enlevées,
maltraitées, soumises à l'esclavage ou encore tuées sans
merci. Nous devons tous uvrer en vue d'un monde dans lequel aucun enfant
ne sera privé de la paix et de la sécurité, d'une famille
stable, du droit de grandir sans peur et sans souci.
4. Je veux que vous sachiez que le Nigeria et les Nigérians restent
dans mes prières. Dieu tout-puissant, le Seigneur de l'histoire, vous
donnera la sagesse et la persévérance de continuer courageusement
dans l'uvre de développement et de paix. Votre pays possède
les ressources pour surmonter les obstacles qui se dressent sur le chemin du
progrès et pour édifier une société de justice et
d'harmonie. Je désire également renouveler les appels que j'ai
lancés de nombreuses fois à la Communauté internationale,
afin de ne plus ignorer les besoins de l'Afrique, mais d'uvrer avec vous
et, dans un esprit de collaboration toujours renforcée, de soutenir tous
les efforts visant à assurer le développement et la croissance
pacifiques du continent. Tous les Nigérians doivent être fiers de
leur nation; tous doivent jouer un rôle dans l'édification de leur
avenir. C'est la prière que j'adresse à Dieu tout-puissant pour
vous!
Dieu bénisse le Nigeria et tous les Nigérians! Dieu
soutienne tous les peuples d'Afrique!