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MESSAGE DU
PAPE JEAN-PAUL II À SA SAINTETÉ BARTHOLOMAIOS Ier , PATRIARCHE ŒCUMÉNIQUE, POUR
LA FÊTE DE SAINT ANDRÉ
À Sa Sainteté Bartholomaios Ier
Archevêque de Constantinople
Patriarche Œcuménique
“Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus”.
La solennité liturgique de l’Apôtre André, frère de l’Apôtre Pierre, nous invite
une fois encore à resserrer les liens de charité et de foi qui nous unissent les
uns aux autres. Cette célébration est pour nos Églises sœurs une occasion
nouvelle de se prosterner devant notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ et de se
rencontrer dans une humble prière. Ensemble, nous invoquons de nouveau l’Esprit
Saint et nous Lui demandons de nous guider en nous rendant dociles à sa voix.
C’est Lui qui nous appelle à progresser dans la charité fraternelle pour
surmonter les difficultés de la route, et c’est Lui qui nous permet de tenir
ferme l’ancre de notre espérance.
Le Christ Lui–même nous montre la voie. Il s’est abaissé à un point que seule la
Croix nous révèle. “De riche qu’Il était, (Il) s’est fait pauvre”. Non seulement
Il nous indique la voie, mais Il est Lui–même le chemin, nous révélant les
profondes exigences de l’amour que Paul nous énumère: “L’amour prend patience,
l’amour rend service..., il ne cherche pas son intérêt, il ne s’irrite pas, il
n’entretient pas de rancune..., il trouve sa joie dans la vérité”. Que, dans cet
esprit, chacun des membres de nos Églises avance avec toujours plus de
générosité à la suite du Christ!
La commission mixte préparatoire à notre dialogue théologique avait demandé à l’unanimité
que l’on parte des réalités profondes qui nous unissent et que l’on en tire
progressivement les conséquences en vue de résoudre les questions qui nous
divisent encore. Durant dix ans, ce dialogue a été béni de Dieu et a porté des
fruits précieux. Je suis convaincu qu’il est nécessaire de le ranimer avec
détermination et d’aller de l’avant avec prudence et courage.
Les recherches menées ensemble ont reposé sur notre tradition commune, vécue
dans la diversité et le respect mutuel durant le premier millénaire. Le passé ne
doit cependant pas être idéalisé. Nous avons traversé jadis, ne l’oublions pas,
des crises peut–être plus graves que celles que nous affrontons aujourd’hui.
Forts de cette expérience et enracinés dans l’attitude évangélique évoquée au
début de cette lettre, ayons l’audace de regarder en face l’avenir de nos
relations et le but de notre dialogue: c’est la réalisation de l’unité des
disciples du Christ, voulue par Lui, qui est en jeu. Puissions–nous faire preuve
d’imagination afin de découvrir ensemble comment vivre de nouveau aujourd’hui,
en pleine fidélité, ce que les Apôtres nous ont transmis, et cela dans un monde
profondément différent de celui du premier millénaire!
Cette tâche admirable et nécessaire ne peut être accomplie qu’avec l’aide de
l’Esprit Saint; il nous appartient à tous de le demander dans une prière
instante et continuelle.
J’offre à Votre Sainteté, à la hiérarchie qui L’entoure, à tout le peuple fidèle
de son Église, mes vœux de joyeuse fête et je L’assure de ma profonde charité
fraternelle.
Du Vatican, le 24 novembre 1992.
IOANNES PAULUS PP. II
© Copyright 1992 - Libreria Editrice Vaticana
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