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PÈLERINAGE APOSTOLIQUE EN FRANCE
MESSAGE DU PAPE
JEAN-PAUL II AUX DÉTENUS DANS LES
PRISONS FRANÇAISES
Je vous salue de tout cœur.
À l’occasion de ce quatrième voyage pastoral dans votre pays, j’ai reçu des
invitations touchantes à me rendre dans divers milieux français et il ne m’est
malheureusement pas possible d’y répondre. Vous êtes de ceux à qui j’aurais bien
aimé rendre visite, ne serait-ce que pour faire ce que le Christ demande lorsqu’il
dit dans l’Evangile: “J’étais en prison, et vous êtes venus me voir”. Je dois me
contenter de ce message, que je me fais une joie de vous écrire. Il vous
parviendra par les Aumôniers, qui sont à votre service. Je saisis cette occasion pour les remercier de leur dévouement et du soutien
qu’ils vous apportent, en collaboration avec des laïcs chrétiens.
Ma mission, vous le savez, est de redire aux hommes, à la suite du Christ,
que la vie a un sens parce que nous sommes tous aimés de Dieu et appelés à vivre
avec lui. Notre existence sur terre nous achemine vers “ce que l’œil n’a pas vu,
ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme,
tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment”.
En attendant cette grande rencontre dans la pleine lumière de Dieu, nous nous
efforçons de faire de ce monde où nous vivons un lieu où les hommes habitent en
frères, dans le respect et l’amour mutuel, conscients de la dignité de chaque
personne humaine, créée à l’image de Dieu et rachetée au prix du sang de son
Fils.
Par nos fautes, il nous arrive de défigurer cette image en nous et de ne pas la
respecter chez les autres. Chacun d’entre nous peut redire avec l’apôtre Paul et
avec la même stupeur: “Je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que
je ne veux pas... Malheureux homme que je suis!”.
Laissez-moi vous encourager à profiter des présentes circonstances pour
reprendre confiance en vous-mêmes. Il y a au fond de chacun d’entre vous une
dignité qui n’est pas détruite et une conscience suffisamment vive pour
reconnaître ce qui conduit au bonheur ou ce qui en éloigne.
Il ne faut jamais douter du pardon de Dieu et de son amour, qui sont plus grands
qu’un cœur d’homme.
Je vous souhaite de trouver dès maintenant la paix de ceux qui se savent aimés
de Dieu. Je vous souhaite de reprendre au plus vite votre place dans votre
famille et dans la société. Et je souhaite que vous y trouviez un accueil
fraternel et le soutien nécessaire à votre nouveau départ dans la vie.
Je vous assure que je vous porte dans ma prière et dans mon cœur, comme je le
fais pour tous ceux qui souffrent, et, par mes voyages à travers le monde, je
sais qu’ils sont nombreux. C’est le vœu des disciples du Christ, en
collaboration avec toutes les personnes de bonne volonté, de soulager ceux et
celles qui sont dans la peine.
Avec vos pasteurs, je vous bénis au nom du Christ Sauveur des hommes.
Du Vatican, le 4 octobre 1988.
IOANNES PAULUS PP. II
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Copyright 1988 - Libreria Editrice Vaticana
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